WoR 2 – Chapitre 1 : Galgaos

J’ouvre les yeux. Il y a un instant, je faisais un contrôle de mathématiques. Sur les statistiques. Je sais que j’ai tendance à m’endormir en classe, mais j’avais pourtant bien dormi cette nuit. Que c’est-il passé ? Je suis sur une plaine avec de l’herbe bien verte. Il y a quelques arbres plantés sur la plaine, et il y a quelques collines. J’étais sur une, visiblement, et au loin je voyais une rivière, d’un beau bleu turquoise comme le ciel, dégagé. Mais le soleil est étrange. Lui aussi semble avoir une teinte bleue. Suis-je sur une autre planète ? Suis-je mort ? La seconde question peut facilement être contredite. Il y a d’autres personnes allongées autour de moi, et si j’étais morte, cela aurait été très étrange. Mais pour la première, pourquoi serais-je sur une autre planète ? Et pourquoi de toute façon ? La magie n’existe pas, je le sais, mais ça s’y apparente tellement !

Je me lève. Je suis dans un endroit étrange, dans des conditions qui le sont d’autant plus, mais s’il y a quelque chose à ne pas faire, c’est de rester immobile. Il y a déjà d’autres personnes qui se sont rassemblées de l’autre côté de la colline, je les rejoins donc. On n’était qu’une vingtaine dans cette réunion, mais comme à notre habitude, c’était bruyant. Comme je m’invitais dans ce groupe, on me regardait. Je vois beaucoup de têtes inconnues, mais aussi connues. Il y a quelques élèves de ma seconde, et aussi d’autres secondes du Lycée, et aussi des personnes que je ne connaissais pas du tout, mais je pense que je vais faire connaissance avec eux assez rapidement.

“Léocadie ?” j’entends.

– Lola ?” je lui réponds, reconnaissant la voix de mon amie.

– Ah, je suis contente que tu sois là !

– Moi aussi, j’espère qu’on restera ensemble !”

Et on se fit la bise. Ayant vu les différentes personnes qui se trouvaient dans la réunion et allongées sur le sol autour de la colline, j’avais deviné que toute ma classe se trouvait ici. Mais si j’avais imaginé que ma première interaction serait avec Lola ! C’est une jeune femme d’origine franco-mongole à la face ronde et aux longs cheveux châtains, dégradant jusqu’au blond au long de son long tapis que sont ses cheveux, qu’elle s’amuse périodiquement à friser. Elle a les yeux bridés marron, témoin de son héritage génétique, et de même une petite taille. Elle est une très bonne dessinatrice, passant le plus clair de son temps à cette activité et son éveil aux différentes langues grâce au Mongol lui permet une meilleure appréhension de celles-ci, son intérêt révélé par son apprentissage avec moi notamment du chinois.

“Bon, je crois qu’on commence à être nombreux, alors je pense qu’il va falloir décider quelle est la marche à suivre.”

C’était Elio qui avait pris la parole. Il est dans ma classe, mais je ne pensais pas qu’il déciderait de prendre les rênes. Il faut dire qu’il est d’un naturel dynamique et extraverti mais aussi il a une certaine perspicacité que je ne pensais pas véridique. Le grand homme a les cheveux noirs toujours coupés relativement court avec une hauteur mise sur le haut. Il a une peau légèrement bronzée, mais celle-ci est cachée par ses habits d’un noir de jais. Il a les yeux de couleur marron, s’accordant bien avec ces dernier. Il est sportif, et dans le cas où on reste dans cette étrange terre, il sera sans nul doute une main d’œuvre utile. Un forme se rapprocha rapidement de lui depuis le bas de la colline. C’est Timothée, sans nul doute son meilleur ami. Il prends rapidement la parole, appuyant son allié afin de ne pas végéter.

“Oui, alors je propose tout de suite qu’on réveille tout le monde afin de bien pouvoir tout préparer, et ce à un rythme soutenu. D’ailleurs, il faut se présenter. Je m’appelle Timothée, je suis comme Elio à ma droite un élève de Seconde 5 au Lycée Nelson Mandela, à Nantes.”

Il y a quelques murmures, sûrement de personnes donnant de même leur identité, mais rien de conséquent. Je pense bien que les deux gars vont nous diriger, en tout cas, ils sont en bonne voie. J’obéis donc à leur ordre, en allant réveiller les personnes que j’avais aperçu autour de moi. Ils étaient heureusement tous français, et je gis différents profils. On voyait un grand roux avec une grande femme avec les cheveux noirs dans ses bras, un petit homme, la face dévorée par les boutons, un homme qui jouait à un jeu démodé sur son portable, où il y avait un cube qui mourait en boucle du fait de son inaction, un petit homme qui, après son réveil, m’a demandé quels films et jeux vidéos je connaissais, et dès que j’en disais un, c’était un mauvais, et enfin une femme au teint légèrement sombre qui chantait le générique originel de Dragon Ball. On voit ça tous les jours. Mais je vis aussi des têtes familières, avec notamment Apolline, Joan et même Faïza, heureusement venue avec son fauteuil roulant.

Il y a quelqu’un au loin. Je vais aller le réveiller. Lorsque j’arrive, Timothée fait de même. C’est un homme de taille moyenne, souvent soucieux de son look. Il a les cheveux de couleur châtain clair, souvent coupés court mais toujours stylisés avec soin, suivant les dernières modes. Il a tendance à se faire plus discret que son ami, du fait principalement de sa voix plus aiguë et de sa taille moins élevée mais cela en aucun cas ne l’empêche de devenir une bête de la soirée lorsqu’une fête est commencée, ce qui est véritablement un reflet de sa personnalité comme souvent il va être ouvert aux liens avec les autres et sait s’amuser, même si son côté relativement travailleur tempère ce trait de caractère. Il est capable de facilement parler en public avec une certaine aisance, même s’il reste à ces moments assez stressé, ce qui laisse prédire une rapide prise de contrôle du groupe.

“Tiens, salut Léocadie ! Ça va ?

– Oui, et toi ?

– Je vais très bien. J’aimerais savoir. Tu penses qu’on va rester ici longtemps ?

– J’aurais envie de dire non, mais je crois qu’on risque de rester ici. J’ai aucune idée de comment on est venu, alors partir me semble impossible.

– Mais comme notre arrivée était si étrange, pourquoi ce ne serait pas la même chose pour le retour ? Si ça se trouve, on va subitement se rendormir et on sera dans la salle de Maths pour finir le contrôle de stats ! Ou alors dans un endroit encore plus étrange que celui-ci.

– Tu marques un point, c’est vrai que cette étrangeté peut se refaire dans l’autre sens.

– Mais je crois qu’il vaut mieux que nous fassions comme si on n’allait jamais revenir. C’est plus prudent.

– J’allais le dire ! Arrête de me piquer mes répliques Tim !

– Héhé. D’ailleurs, tu penses qu’il faudrait qui pour nous gouverner ? Car on ne peut pas devenir des anarchistes.

– Euhm, je ne sais pas, pour tout dire. Mais je crois qu’une république serait le mieux, au moins on peut choisir qui.

– Mais, vois-tu, le problème est que nous ne sommes pas beaucoup. Rares seront ceux qui ne souhaiteront pas devenir président, et ainsi le vote ne sera pas représentatif de la population. De plus, imagine ce qu’on arriverait à faire avec le court temps qui nous est donné ! Peu de choses en vérité.

– Tu as peut-être raison. Mais le temps des mandats peut être allongé, avec par exemple sept, ou même dix ans de règne.

– Toi même as peut-être raison après tout. Bon allez, il faut revenir à la colline !”

Timothée s’en alla, moi le suivant. Il souhaite sûrement devenir le président, vu sa démarche. Mais que veut dire cette histoire de temps ? Je ne sais pas. En tout cas, tant qu’on nous aide à être stable, c’est parfait. J’arrive enfin sur la colline. Il y a beaucoup de personnes en vérité, au moins une centaine, mais c’est Elio et Timothée qui sortaient de la foule, créant une place au centre. S’ils risquent bien d’avoir des rôles prédominants dans la politique de ce qu’on va créer, il est sur qu’ils vont avoir une sacrée concurrence. Jeanne. C’est la plus importante déléguée de notre classe, et l’une des premières à avoir été désignée au vote, et elle est en vérité la seule qui prends sérieusement son rôle, le deuxième, Mahel, ne l’étant que par le titre. Elle est très bonne organisatrice, et qu’elle gagne ou qu’elle perde, elle trouvera forcément une place prédominante dans la politique. Son charisme complète son esprit travailleur, et elle ira souvent faire des travaux assidûment. Cette jeune femme aux longs cheveux sombres bouclés et aux yeux bleu pareils au ciel dégagé est sans doute l’une des plus sérieuses de la classe, mais aussi l’une des plus gentilles et va souvent près des autres, n’hésitant pas à utiliser à son plein escient tout le bon potentiel de la classe, que ce soit au niveau des individus avec notamment l’aide régulière de l’un de nos camarades, Stéphane, pour les cours de mathématiques, ou au niveau de la générosité de la classe avec une levée de fonds afin d’offrir un cadeau à Faïza, qui devait partir mais qui finalement restera avec nous. Si jamais Timothée part en campagne, elle sera sans aucun doute l’un de ses plus coriaces adversaires, qu’il n’hésitera pas à engager.

“Bien, si vous nous permettez, on va se présenter. Je m’appelle Elio, je suis élève de Seconde Cinq au Lycée Nelson Mandela, Nantes. À ma droite vous voyez Timothée, mon fidèle associé qui, comme à ma gauche Jeanne, ma déléguée, viennent de la même classe que moi. Je pense qu’il va être important pour nous de prendre une marche à suivre. Je rappelle que nous sommes arrivés ici de façon inconnue, et que nous ne savons pas si nous reverrons un jour nos proches.” Il fait une pause “Nous devons donc commencer à créer une vie commune et d’ensemble survivre sur cette terre que j’ai décidé d’appeler Galgaos.

– J’approuve ce nom,” continue Timothée “, donc maintenant que nous en avons fini avec les noms basiques, on peut se mettre au travail. Je propose premièrement d’aller chercher le plus de nourriture possible. Nous sommes dans un endroit étrange, donc on ne doit compter que sur nos instincts pour savoir ce qui est comestible. Aussi, je pense qu’il serait important de trouver des brindilles afin de faire du feu ce soir. Ensuite, nous allons devoir nous établir ici en créant une nouvelle ville, dont on décidera le nom plus tard.

– Je me permets de prendre la parole. Je pense qu’il va falloir se séparer en groupes. Le plus grand, comprenant les trois quarts de nous tous, devra aller chercher la nourriture. Évitez les fruits étranges, comme les petites baies sûrement empoisonnées, et je vous recommande de désigner un goûteur, enfin des goûteurs, qui tâchera de ne pas se mettre en danger en d’abord mangeant le fruit tout en ne l’avalant pas. S’il n’est pas déjà trop suspicieux au goût, avalez-le, et vous pourrez voir ce qui se passe. Bref, si je puis dire, que longue soit notre vie à Galgaos !

– Que longue soit notre vie à Galgaos !” réponds tout le monde.

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“Tu crois que c’était une bonne idée de les amener là ?

– L’Oracle l’a dit, il n’a jamais tort.

– Oui mais, je ne sais pas, toute leur vie sera détruite dans leur monde. Celle de leurs proches en tout cas.

– N’es-tu pas celui qui défend la thèse de de la superdivision des univers ?Nos actions n’ont eu de conséquences que dans un univers, et ses descendants.

– Oui, mais quand même. Mais après tout, pourquoi ? Ils vont avoir beaucoup plus de difficultés que nous, qui avions le Préparateur. Que vont-ils nous apporter de bien ?

– L’Oracle m’a dévoilé que le Ré risque de tomber, si on n’agit pas. Tu sais tout comme moi que si ça arrive, on n’aura plus jamais de vie à proprement parler, tout sera l’anarchie.

– Je vois. C’est donc définir un potentiel ennemi pour que le Ré reste avec assez de popularité par la peur des autres.

– C’est aussi simple que ça !

– Mais il faut quand même leur montrer les bases du monde, les aliments. Ils n’ont pas le Lexica Botania du Préparateur !

– Ah, c’est toi l’expert dans ce genre de trucs, moi je ne peux que lire l’Oracle !

– C’est déjà un gros travail que tu as !”

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