Saga de Ivxennil – Verse 1

 Nous sommes dans les anciens temps du Royaume, peu de temps après sa création. Les dragons sont une menace grande pour le peuple venant de gagner leur souveraineté après la destruction de l’empire Morrhennien. Mais tous ne sont pas des êtres sanguinaires, Ivxennil ne l’est pas par exemple. Ce dragon très respecté vit sur la Montagne Noire où il élève une nouvelle génération de dragons, en leur apprenant comment la vie est importante, et qu’il ne faut pas détruire pour s’amuser. Ivxennil croit en les générations futures pour créer des dragons amis des humains, avec qui il aurait tant aimé se lier. Mais il sait que cette génération de paix n’existera sûrement jamais. Trop de dragons croient à l’impuissance des humains, qu’ils ne peuvent pas les rivaliser.

Le ciel est nuageux ce matin. Il entend l’un de ses enfants l’appeler. C’est Nékhekjan, l’un de ses enfants. Il a des écailles noires comme celles de son père, cause du nom qui est donné à la Montagne, et ses yeux sont d’un orange profond comme sa mère. Son nom est Prakndra et elle est la seule qu’il a pu sortir de la folie des dragons. Lorsqu’il était en train de voler autour de sa tanière, Ivxennil a un jour aperçu une dragonne de couleur rouge attaquer un village aux contrebas qu’il avait protégé jusque-là. Les humains le vénérait comme un dieu comme il a à plusieurs reprises sauvé le village des dragons comme de la famine et des envahisseurs. Il s’envola donc rapidement et s’interposa entre la femelle et le village qui arrêtèrent de paniquer en voyant la figure noire s’approcher et s’occupèrent plutôt d’éteindre les feux.

 Comme il s’y attendait, la femelle se mit face à Ivxennil et le mit à l’épreuve de la battre en duel. Mais il lui demanda d’arrêter d’attaquer le village si elle ne voulait pas être tuée, comme il s’était déclaré leur protecteur. A son grand étonnement, la femelle annonça son nom en hurlant, Prakndra, et s’envola, stationnant au-dessus du village. Généralement, c’est ce qui est fait au début d’un accouplement, elle déclare publiquement qu’elle va s’accoupler et que tous les mâles aux alentours qui cherchent un compagnon doivent se battre pour s’accoupler avec elle. Poussé par son instinct, il s’envola mais se retrouva en conflit avec un autre mâle.

 Voyant qu’elle avait plusieurs prétendants, elle commença la traditionnelle course en partant rapidement dans les cieux. Ses deux prétendants la suivirent alors de près en tentant d’empêcher l’autre de faire de même. Du village, la course devait être impressionnante, on voyait trois filaments noir, orange et vert, qui se poursuivaient, et avec de temps en temps des éclats lumineux alors qu’il commençait à pleuvoir. Après une petite heure de combat, l’opposant de Ivxennil commençait à fatiguer et son rythme de vol commençait à se réduire. Ce dernier redoubla donc de puissance et parvint au niveau de Prakndra et ils commencèrent à s’accoupler. Comme la tradition le veut, l’opposant les suivit afin d’honorer le nouveau couple, et ensuite se rendre à son opposant à qui il doit être un éternel vassal, et s’il trouve une femelle, il devra par honneur s’installer dans les environs de ce dernier et les assister.

 Comme c’était la première tentative d’accouplement pour le dragon vert Lnugraj, comme pour Ivxennil d’ailleurs, alors il deviendrait son vassal, chose qui ne se serait pas passé s’il avait déjà tenté un accouplement : on ne peut être vassal que d’un dragon. A la fin de l’accouplement, le couple et leur nouveau vassal allèrent vers la Montagne Noire afin de faire l’honneur de Vassalité. Ainsi, Ivxennil posa sa patte sur le front de Lnugraj et le griffa, comme la tradition le veut, mais là où selon la tradition Ivxennil ne devait jamais parler à son vassal, il le fit dans sa grande sagesse et dit :

“Tu vois le village en contrebas ? Je le protège. Tu dois faire de même. Lorsque je serais absent et qu’un dragon s’approche du village, tu dois chasser le dragon. Dernière directive, tu dois t’installer ici sur la Montagne Noire.

– Bien, mais pourquoi me parlez-vous ? Vous savez que parler à son vassal, c’est se ramener à son niveau, celui d’un perdant…

– Les vrais gagnants sont ceux qui voient en leurs adversaires non pas des ennemis ou des moins-que-riens, mais de potentiels amis avec qui on peut faire régner la justice. Ma dernière directive que je vais te donner pour le moment est que quand tu aura des vassaux, tu devra leur parler et les inviter ici.

– J’obéirai à toutes vos directives. Maintenant, permettez-moi d’installer ma tanière.

– Allez-y.”

 Cette action de gentillesse était le propre de Ivxennil. Il a toujours tenté de faire comprendre aux dragons que ce genre d’actions est le propre des bonnes personnes, la conduite à respecter. Il a ensuite fait promettre à sa femelle qu’elle aussi protègerait le village si besoin. Aujourd’hui, elle a comprit le dogme de son mâle mais son vassal non, malgré le fait qu’il ait parfois protégé le village. Comme Lnugraj avait trouvé une femelle, nommé Khidnandj il a aussi rapporté quelques vassaux, trois nommés Llnangr, Ulkdnatsz et Vshkndna qui ont été accepté la même promesse que Ivxennil a fait à Lnugraj, faisant ainsi de la Montagne Noire la plus haute concentration de Dragons, avec sept adultes coexistant avec une petite vingtaine d’enfants des deux couples. Toutes ces personnes protégeaient désormais toute la zone aux alentours du village que Ivxennil protégeait, qui s’est renommé Pravxennil lorsqu’un des enfants du village a montré des signes de compréhension des dragons.

 La sécurité de ce village s’est fait connaître aux alentours et des personnes des alentours commençaient à migrer autour de la Montagne Noire et Pravxennil devint une ville importante, un sculpteur ayant même sculpté Ivxennil au centre de la place. Cette petite ville fut la première à annoncer que certains Dragons étaient des amis, mais le roi qui n’était pas d’accord envoya une petite armée aller symboliquement détruire la statue de Ivxennil, mais lorsqu’un des habitants de Pravxennil alla apporter la nouvelle aux dragons, et Ivxennil lui-même alla détruire l’armée. Mais comme grandissait la population de la Montagne Noire, grandissait la peur à l’extérieur voir parfois à l’intérieur que les dragons redeviennent fous et tuent tout le monde, et Ivxennil avait peur que cela cause une rébellion des humains

  Nékhekjan partait voir son ami Jdgramn, un des enfants de Lnugraj. Ivxennil ne se souvenait pas d’avoir eu une quelconque relation avec un autre dragonnau durant son enfance, il ne se souvenait même pas de ses parents. Il était en train de créer une chose encore jamais faite dans l’histoire des Dragons, il créait une civilisation. Chaque mois, l’uns des vassaux de Lnugraj partait chercher une femelle et c’était le moment du retour de Vshkndna, et tous guettaient son arrivée.

Lorsque les dragons virent au loin une forme blanche avec trois autres formes, rouge, violette et bleue, qu’ils surent qu’il s’était accouplé et avait ramené deux vassaux. Tous les enfants étaient excités de revoir Vshkndna et aussi de rencontrer les nouveaux arrivants. Lorsqu’ils arrivèrent, Vshkndna demanda à ses vassaux de se présenter au maître du lieu, Ivxennil, et de créer leur tanière, et lui et sa femelle de couleur violette s’en allèrent dans leur tanière. Les deux dragons rouge et bleu restèrent sur place en cherchant des yeux le dénommé Ivxennil. Lorsqu’il s’avança et déclara son nom, ils s’empressèrent d’aller leur parler.

“Bonjour maître des lieux Ivxennil.” commença le bleu “Je me nomme Glurhajl et je suis vassal de Vshkndna

– Bonjour maître des lieux Ivxennil. Je me nomme Etszaragn et je suis vassal de Vshkndna.

– Bonjour, futurs habitants. Je me nomme Ivxennil et j’étais suzerain de Lnugraj, ancien suzerain de Vshkndna. Je protège la zone aux alentours de cette montagne, tout habitant de la montagne noire doit en faire de même. Ainsi, je m’attends que vous portiez la même attention aux humains que tout le monde ici. Si vous êtes contraints de cela, vous avez aussi beaucoup de liberté et des avantages à vivre ici, vous pouvez par exemple parler avec les autres memebres de notre communauté. Je pense qu les dragons devraient vivre en harmonie avec le monde qui les entoure, au lieu de le détruire. Je ne vous demande pas de spécifiquement être d’accord avec cela, mais je vous demande de suivre les principe basiques, comme ceux par exemple de ne pas se battre et de ne pas détruire l’environnement aux alentours. Je ne vous demande pas non plus d’aider les humains ni de les apprécier, mais de les respecter comme une race qui a autant le droit de vivre que nous. Vous aurez en retour ma protection et celle de tous les autres dragons de cette montagne, que vous vous devez de protéger à tout prix. Je vous laisse désormais créer votre tanière.”

 Les deux dragons s’en allèrent donc. Ivxennil ne pouvait s’empêcher de se sentir heureux comme il voyait son entreprise grandir, mais il se sentait de même inquiet, comme les autres fois lorsqu’il a accueilli des dragons. Il ne savait pas comment ils réagiraient ni s’ils seraient fidèles, cela reste des inconnues. Il ne pouvait que faire confiance à l’avenir et à sa bonne étoile, si fait est qu’il en avait une. Il sentait l’aura de Prakndra se rapprocher de lui. Elle lui dit alors :

“Tu sais, tu es toujours inquiet lorsqu’il y a un nouvel arrivant. Mais ne t’inquiète pas, tu t’y prends bien pour expliquer ton but. Le fait est que j’ai compris où tu voulais en venir, moi qui suis la plus têtue des dragonnes dans le monde !

– Je m’inquiète surtout à propos des humains.

– Pourquoi donc ?

– Te souviens-tu du message que nous a transmis le jeune Tavkhannj ? Que quelqu’un chez les humains commençait à parler de croisade contre les dragons ?

– Les humains d’ici les en empêcheront.

– Les humains d’ici sont contrôlé par un pouvoir distant qui ne sait pas forcément que les dragons ne sont pas tous des monstres sanguinaires, un simple mot de celui-ci les contraindra à nous tuer.

– Les humains n’ont pas le même sens de loyauté que nous, tu me l’as déjà dit. Peut-être que ce défaut aura un avantage comme ils pourraient se rebeller contre l’autorité du roi.

– Le roi aura malgré tout un pouvoir armé plus élevé que les personnes de cette régions. Ils ne forment qu’une petite minorité de ce que j’ai compris, il suffit que le reste du pays soit ligué contre les dragons et alors nous n’auront aucune chance. Et tu as bien remarqué le scepticisme de certains habitants d’ici ? Ils commencent à avoir peur, et tu as bien entendu comme moi le conteur qui est venu nous raconter une histoire traditionnelle. L’humain avait eu peur des démons et les ont détruit. Il suffit qu’on passe pour des démons et on sera détruit.

– L’avenir est clair, j’ai eu une vision montrant des humains qui cohabitaient paisiblement avec les dragons, et qui s’entraidaient.

-Mais à quel coût… la quasi-disparition de notre peuple ?

– Cela n’arrivera jamais, nous restons très puissants par rapport aux humains.

– Il y a pourtant tellement d’armes contre nous, tellement de façon simple de nous éliminer auxquelles je pense.

– Souviens-toi que tu es un dragon, donc tu connaît tes faiblesse, et comment tu vaincrait un autre dragon, or tu n’as jamais été dans la peau d’un humain, donc tu ne connaîtra pas leur point de vue.

– Tu as sûrement raison, mais je suis inquiet.

– Tu avais sûrement d’autres inquiétudes auparavant toutes aussi importantes que celles d’aujourd’hui, pourtant tu es un dragon, donc ces scénarios ne se sont pas passés.

-Il serait pourtant tellement facile de les faire mal tourner…

– Comme tout. Pense au présent plutôt qu’à l’inconnu, tu profitera mieux de ta vie.

– Si tu le dis…”

  Ivxennil restait tout de même inquiet. Les hommes étaient en train de riposter contre ce que leur ont fait les dragons durant des siècles, et Prakndra souhaitait qu’il laisse la vie couler. Il se dit qu’elle n’avait finalement pas tort. Cela ne servait à rien de s’inquiéter pour quelque chose à quoi il ne peut rien. De plus, il avait d’autres choses à faire, il devait honorer le nouveau couple et aussi préparer le départ de Llnangr, il devait aller chercher une femelle maintenant que Vshkndna était revenu. Il sortit donc de sa tanière et s’attela à ces taches.

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