Démonstration Technique de l’Utilisation du Spasoïen dans un Texte

Démonstration Technique de l’Utilisation du Spasoïen dans un Texte

C’est enfin la finale confrontation. Nous nous approchons de Nadann et de son armée personnelle. J’ai peur de ce qui risque d’advenir. Il a un pouvoir gigantesque, et pourtant nous essayons de le battre.

“Roynder, si tu veux, laisse-moi faire.
– Pas question Saphir ! Je veux y arriver seule cette fois !
– Tu m’as déjà dit ça et ça s’est mal terminé.
– Oui… Mais c’est la bonne !
– Ha ! T’es pas possible ! Bah je t’aiderai.
– Non Saphir ! Oh… je vois que j’aurai pas le choix.
– Enfin tu comprends quelque chose !
– Oh, tais-toi pour de bon…”

Saphir est toujours là pour me narguer. C’est embêtant, mais c’est pour ça que je l’aime. Bly se bat furieusement contre un sbire de la Lame Noire. Je ne sais pas si je peux le faire confiance. Même si c’était Nadann qui le contrôlait, je ne peux pas le pardonner pour ce qu’il a fait… mais je ne peux pas non plus arrêter de compter sur lui. Il a beau maîtriser la magie du mal… et il nous l’a bien caché… mais je ne peux me dire qu’il est un ennemi, un sbire du mal.
Je me sens soudain en dehors de mon corps. Mon bras droit se met à se mouvoir comme mon jeu de jambes me fait pivoter, et mon épée assène un coup fatal à un adversaire auparavant derrière moi.

“Je t’avais dit que j’allais devoir faire le sale boulot ! Surveilles tes arrières ma petite !
– Oh, ne me traîte pas comme ça ! Et je suis perturbée, vois-tu, par les évènements récents !
– Il ne faut pas ! Reste concentrée !
– Bah c’est dur. Essaye.
– Lalyby est dans ce cas là, je te rappelle. Et elle bat avec cœur et amour. Je crois que tous tes coéquipiers sont tourmentés par ce qui s’est passé. Or, ils remettent leurs doutes à plus tard (NdA : Mensonge de Saphir ^^). Maintenant, fait de même.
– Mouais. Bah c’est dur.”

Je reprends contrôle de mon corps Respire… Je suis désormais prête au combat. Je reviens face au combat. Nadann devant. Avec sa face tordue. Quelle folle ais-je été de l’apprécier ! Ce fou préparait tout.

“À moins que ce soit sa partie saine qui te parlait afin de te préparer à l’inévitable confrontation.
– Qui es-tu, voix dans ma tête ?
– Lalyby. Je te communique à travers Saphir, elle m’a demandé de te parler… Je ne sais pas ce qu’elle veux que je dise, mais… je suis désolée pour Bly. Je ne pouvais rien faire, ni l’empêcher, et puis…
– Non, on parlera plus tard.
– … Tu as raison. Oxpedragan, dirais-je.”

La théorie de Lalyby me semble réaliste. Mais bon, est-ce que c’est moi qui veux croire ça ? Je ne sais pas. De la magie se forme au creux de ma main gauche. Désormais je peux l’utiliser. Désormais, je suis prête à me battre. Désormais, je suis prête à remplir cette prophétie faite il y a trente ans.
Désormais, je suis prête à laisser ma trace dans le futur.
Je fond sur un ennemi et le taillade. Sans aucun répit, je fond sur un autre, manipulant le vent pour m’accélérer. J’en transperce un tandis que j’en fait étouffer un autre. Ces hommes ne méritent pas de vivre. Ils sont alliés avec la Lame Noire. Je vais honorer le grand Ivxennil, Nékhekjan et Kellil en chassant le mal de leur tanière. La Montagne Noire sera pure de tout mal.
Les dragons s’envolent. Je ne sais pas pourquoi mais je le sais. Un grosse vibration. Ils sont derrière nous. Les dragons vont aussi se battre. Ils savent que c’est la fin. Que le roi reprendra ses esprits. Que les dragons seront en paix. Que les pays s’accorderont. Ils savent que c’est pour le bien. Cela fait maintenant un an que je suis partie de mon bercail, sans jamais avoir revu mes parents. Ou du moins ceux qui m’ont pris pour leur fille. Je sais tout, et enfin, le bien gagnera.
Je regarde à mes alentours. On avance bien. Les différents membres de l’équipe, ainsi que cet étrange personnage qu’on a rencontré au pied de la montagne sont en train d’avancer bien, on va tous vers Nadann. Une discussion semble se passer, mais elle n’est pas importante. Et, de plus, je ne comprends rien à ce qu’ils disent. Les dragons eux aussi essuient des attaques. Tellement sue Saphir ne me parle pas pour me narguer.
Un cri. C’est féminin, malgré le mot masculin. Qu’est-ce qui vient de se passer ? Je regarde Nadann. Il a changé de posture, il tend sa main et semble serrer l’air. Non… Ne me dites pas que…

“ADELMIRE !”

Ce cri de souffrance tellement puissant couvra tout le brouhaha du combat. Les combats se stoppèrent, pour la plupart. Comme si les anges venaient et répandaient le calme. Le silence lourd s’établit sur une situation déjà pesante. On entend quelqu’un pleurer. Je regarde à mes alentours. Je vois tout le monde captivé par une scène. Un homme, aux cheveux noirs et à la peau brune, à genoux devant une femme. C’est Bly. Et Adelmire. Je le sais. J’en suis persuadée.

” Adelmire ! … Adelmiire !! … Adelmire… Ce… Ery dejar…

ADELMIRE !

Segiro a oi… Adelmire…

– Bly, … … J’ai toujours adoré … … Comment tu prononce mon nom … … Que les Nals nous réunissent … … C’est bien ça qu’il faut dire ? … …
– Oui, c’est ça… Que les Nals nous réunissent … …

Dém…

CE !! Cenojedar ! Ujo ery…
Nadann ! S’ero qéjar ! Es sejoro anudaj !
– Oi ? W, dém aszin far’ ?”

Que, que, que, quoi ? Que disent-ils ? Quelle est cette langue étrange qui leur permettent de communiquer ? Je ne comprends rien, mais je ne peux que les écouter. Que se passe-t-il ?

“Bly ne parle pas ta langue, à l’origine, tu sais, Roynder.
– Lalyby ?
– Oui, c’est moi.
– Je ne savais pas ! Mais pourquoi ils parlent en cette langue ? Et pas en la mienne ?
– Il est plus à l’aise comme ça.
– Et qu’est-ce que c’est que cette langue de toute façon ? Et pourquoi ma langue n’est pas sa langue maternelle ?
– Tu ne sais pas qu’il y a des minorités culturelles dans ton pays ?
– C’est quoi ?
– Tu n’as jamais entendu parler de l’affaire Shkratadn ?
– Euh… Non…
– Mais ma parole ! Tu ne connais rien au monde ! C’est pas pour rien qu’on dit qu’au sud il n’y a qu’une bande de ploucs qui ne s’inquiètent que de leur nombril !
– Hey !
– Bon, j’y vais rapidement. Au nord, il y a une minorité ethnique qui a été récemment annexée par le roi. Bly et ce maître-espion en font partie. Il y a récemment eu des massacres de cette minorité. Bly en a été témoin, son père a été tué parce qu’il avait publiquement parlé de magie, ainsi qu’une part de la population.
– Mais c’est horrible !
– La population ne l’a pas su avant l’affaire Shkratadn. Ce dragonnier devait de même faire une purge, mais il a décidé de désobéir et de parler de l’injustice. Il fut exécuté.
– Je… je vois. Je n’avais aucune idée que se passaient de telles choses.
– Tu sais quoi ? Je vais te traduire ce qu’ils disent. C’est intéressant pour toi.
– Oh ! Merci beaucoup !
– Maintenant, laisse-la se concentrer, Roynder.” intervient soudain Saphir “Je ne veux pas que tu gâche la traduction express.
– Bonjour la confiance…
– Bien. ” intervient Lalyby “J’y vais :

« Nadann, pourquoi as-tu tué Adelmire ! Tu n’en avait pas besoin !
– Mais je ne l’ai pas tuée !
– Tu l’as laissée sans vie sur le sol, ça vaut pareil, monstre.
– Combien de fois as-tu dis ce mot ? Enrichit ton vocabulaire !
– Nul autre n’existe pour mieux te décrire, sale baie séchée » Je ne sais comment traduire cette expression en ta langue.
« Oh ! Les insultes montent ! Je vois bien…
– Arrêtons la discussions et commençons la dissection. Tu dois mourir. Maintenant !
– Tu sais que tu ne peux pas me vaincre. Je te suis supérieur. Sur tous les plans.
– Non. Je peux t’être supérieur. » Non, ne dit pas ça Bly ! Il ne faut pas ! « Si, Lalyby, je le ferai. Je dois le faire.
– Oh, fusionner avec les ténèbres, je vois ! » Non, Bly, il ne faut pas… « Tu sais très bien ce que ça coûte ?
– Oui, je le sais. » Bly ! Si je ne peux t’empêcher, fais-le au moins au dernier moment ! « Mais voyons voir d’abord ce que tu vaux, mon dragon veut qu’on soit fair-play.
– Bien, prépare-toi à goûter à la mort ! » ”

Une aura cyan se matérialisa soudain autour de lui. Cela forme comme des des flammes étherales qui jaillissent des côtés de Bly. Mon épée se met soudain à luer d’une couleur cyan. Comme j’observe ça, j’entends Nadann hurler à ses troupes de ranger les épées. Soudain, la voix de Lalyby :

“Je vous présente la spécialité de Bly, résonance métallique.
– Maintenant, charge durant la confusion !” hurle un autre dragon dans ma tête.

“Allez ! On va avoir la Lame Noire !” j’hurle, à la fois pour faire écho au dragon, et pour encourager les troupes. Il faut vaincre Nadann !

Arrêt entre Formulaires

Les longs couloirs blanc du bâtiment principal du CID étaient toujours actif. Souvent des personnes les traversaient pour aller de bureau en bureau, faire la navette avec les zones de stockage et pour rentrer et sortir de l’ensemble. Malgré cette constante activité, on ne trouvait jamais ce qu’on voulait au bon endroit. C’était l’état dans lequel était un Ifrajn furieux, accompagné par sa femme Perankj et le capitaine Algrim. Depuis des millénaires il vivait selon ses règles, avec aucun obstacle à ses commandements comme tout était automatisé, mais ici, tout marchait différemment, formulaire sur formulaire, personne absente sur bureau caché, ils devaient déjà avoir fait plusieurs fois le tour du bâtiment pour leur cause. De plus, elle était simple, valider l’utilisation de leur vaisseau dans les missions au lieu d’utiliser des vaisseaux du CID. Beaucoup de manœuvres étaient nécessaires pour l’opération, comme il fallait faire en sorte que le vaisseau soit aux normes du CID, évidemment différentes de celles d’Aardespel.

“J’en ai marre ! On ne peut pas nous laisser utiliser tranquillement notre vaisseau ? Non, il faut faire quinze fois le tour de bâtiment pour des vérifications inutiles. J’en ai vraiment marre !
– C’est bon, on a le droit à la même chanson depuis une heure. Tu sais que tu n’as pas de nerfs ?” lui rétorqua sa femme.
– On s’est donc ligué pour m’énerver ? Quelle joie !
– Même chez nous tu détestait l’administration, c’est normal que tu haïsse cet état des choses !
– Ah oui ? Vous détestiez l’administration chef ? J’ai été secrétaire avant d’être capitaine.
– C’était censé me remonter le moral ?
– J’entends des mots qui me sont étrangers, les nouveaux, là !”

Un homme s’approchait, parlant la langue commune du CID, langue nommée Anglais. On dit que c’était la langue internationale dans la planète d’origine des fondateurs de la structure. L’homme avait un teint brun et des yeux comme les cheveux noirs de jais. Il avait des yeux plus long que larges et une face ronde dont on voyait quelques premiers replis dus à l’âge. Pelrankj se défendit en un anglais approximatif :

“On a bien entre nous le droit de communiquer en notre langue !
– Mais oui, mais oui, je ne faisais que de vous taquiner là ! Mais quel est le problème ?
– Notre commandant est en train fe perdre la tête dans cet enfer administratif qu’il y a ici.” répondit Pelrankj
– Ah oui, c’est n’importe quoi, là ! Mais sinon, comment ça se passe vos premiers jours dans le CID, là ?
– Ça change, il faut dire qu’on a pendant longtemps fait la même chose, un mode de vie nomade, à piller les planètes lorsqu’on en avait besoin.
– Ah oui, les pirates de l’espace là ! C’est comme ça qu’on vous a retrouvé, on entendait souvent parler de ces personnes un peu partout dans les univers, là. J’aimerais connaître une de vos missions dans votre vaisseau, s’il vous plaît.
– Heum, chéri, tu penses à une de nos missions ? J’en vois aucune à raconter.
– Moi non plus.” renchérit Algrim
– Vous m’énervez, on ne peut pas me laisser tranquille ? Il y avait une fois, sur l’une de ces énièmes planète Gaïa. Il y en a tellement à travers le multivers !
– Ah, vous parlez de la Terre là, monsieur Ifrajn ? Je viens d’une de ces Terre, c’est vrai qu’on en rencontre souvent là !
– Si tel est le nom que vous donnez à cette planète, oui. Bref, on avait l’habitude de rentrer dans des conflits déjà existant lors de nos missions, mais là c’en était un gros avec une civilisation déjà bien avancée.
– Ah, je vois de laquelle tu parle ! Celle où on a pris les mines de cette Jupiter ? C’était drôle.
– Oui, en effet, mais prendre Jupiter n’était pas amusant.
– Oh… Quel éternel rabat-joie ! J’espère que entre tous ces univers il n’y a pas quelqu’un d’autre tout juste comme toi, les pauvres !”

Tout d’un coup, le sourire du Terrien s’effaça, et regarda les environs d’un regard inquiet. Algrim lui demanda ce qu’il se passait, mais il répondit, avec un bien plus fort accent qu’auparavant et en recouvrant son sourire :

“Non, non là ! Il ne se passe rien ! J’ai juste cru voir un Xénomorphe là ! Alors j’étais inquiet, je me demandais pourquoi il y en aurait un hors des laboratoires là ! C’est rien, c’est rien là !”

Déjà son accent reprennait une tournure normale, comme sa panique se diluait. Il faisait signe à ses interlocuteurs de continuer alors qu’il affichait un éternel grand sourire et qu’il hochait la tête.

“Bon, bref, cette fois-ci Gaïa était en pleine guerre civile pluriplanétaire.” reprit Ifrajn “Je ne sais pas exactement ce qu’il se passait alors, mais on s’est allié à des personnes basées sur Gaïa et on les a aidé dans leur cause. Contre des ressources, évidemment. C’était la première fois qu’on s’interposait dans la politique, et ça faisait un changement de se coordonner avec d’autres équipes.
– Leurs vaisseaux étaient arriérés, on allait trois fois plus vite qu’eux !” dit Algrim
– Ils étaient moins avancés que nous, c’est pas de leur faute !
– Ils utilisaient des IA, pourtant.
– Signe qu’ils étaient arriérés. Ils n’ont pas encore eu de guerre des Bots !
– Si tu le dis.
– T’es pas croyable, Algrim.
– Mais oui, oui, je m’en souviens là !” s’interposa le Terrien “Un ami de John m’avait parlé de ça ! Je ne sais pas s’il l’a vu mais apparemment ils étaient à Xi’an lorsque des pirates spaciaux futuristes avaient aidé les forces de nos ennemis. À cette époque j’étais à Guangzhou en train de faire ouvrir les écluses pour inonder une base ennemie, là.
– Oui, je me souviens avoir entendu parler d’une base militaire alors alliée qui avait été inondée.” se rappela Pelrankj “C’était donc Guangzhou la ville. Et vous qui l’aviez fait. Je vous assure que c’était une alliance opportuniste plutôt qu’une idéologique.
– Mais ne vous inquiétez pas, là !” reprit le Terrien “C’était il y a longtemps ! Et de toute façon je vous comprends, car faire ça est totalement logique là !
– D’ailleurs, par John vous souhaitez dire qui ?” demanda subitement Ifrajn
– Ben John Arwigan là ! Oh ! Je ne me suis pas présenté, c’est vrai. Je suis désolé, vous ne pouviez pas savoir là ! Bref, je m’appelle Tcheng Leiksoü, écrit Zoeng Likseoi, l’assistant personnel de John Arwigan. C’est pour ça que j’ai été étonné que vous ne sachiez pas de qui je parlais là, normalement on sait sans même se poser la question là.
– Oh, je comprends.
– D’ailleurs, j’ai appris que vous vous droguiez afin de devenir si vieux sans le paraître.
– Non, c’est de la Klemfarnankt, une lotion permettant de dupliquer les cellules plus rapidement.
– Mais oui, en effet, un type de drogue. Mais je croyais que ça avait un autre nom, là ?
– Ananécrophine ?” intercala Algrim
– Je crois que c’est ça, là. Bref, je présume que vous avez des choses à faire, moi aussi j’en ai. Donc je vous dis au revoir, là !
– Attendez !” l’interpella Ifrajn “Savez-vous où obtenir le formulaire de contrôle des composants ?
– Pour valider votre vaisseau ? Vous en avez pas besoin, le dernier ordre sur la standardisation des vaisseaux requiert non pas ce formulaire mais le formulaire pour contrôle technique D60, que vous trouvez normalement bureau 512, mais Monsier Lurai n’est pas là alors plutôt bureau 401, avec la coordinatrice technique Madame Rey là.
– Merci beaucoup, vous expliquez mieux que certains de vos collègues !
– C’est surtout que je m’y connais mieux, là. Au revoir !”

Likseoi partit en matchant rapidement, faisant demi-tour. Encore une fois, leur destination avait changé, dans cette horreur qu’était administration en période vacancières. Mais Ifrajn était plus relaxé, parler lui avait fait du bien. Désormais, il reprenait une certaine bonne humeur et dirigea sa troupe vers le quatrième étage.

—–

“Ne laissez personne venir ici, et surtout pas Arwigan, là. Je suis le seul autorisé à rentrer ici, sauf vous évidemment, alors je ne veux que personne ne découvre quoi que ce soit là. Le dossier De Edhelsar est beaucoup trop tangible pour que quiconque le découvre.”

Etude des Trois Grands Peuples et de leur Origine

Dignitaires Ma Suthuam, Feng Yaolu, Men Fusat, désignés par notre bien-aimé empereur Hu Langʒem en l’an 2197 après le premier empereur, fini en l’an 2201.

Etude des Trois Grands Peuples et de leur Origine.

Si vous allez n’importe où dans le pays civilisé, vous allez toujours entendre parler d’une même légende. Il y a toujours eu trois peuples, les hommes de l’Ouest, les hommes du Centre et les hommes de l’Est. Un jour, ils furent unifiés par le légendaire Empereur des Trois Couronnes et tous découvrirent la civilisation. Il fut mon travail et celui de mon équipe de démêler le vrai du faux et de donner les clefs pour nos fils afin qu’on puisse atteindre le but de notre existence. Je vais donc faire un point sur notre monde, que nos fils pourront utiliser afin de plus vite achever notre grand but.

Avant toute chose, la légende omet l’existence des tribus du nord et du sud, je vais donc de même les omettre ici comme ils n’ont aucune importance dans nos recherches.

Commençons par nous, Hommes de l’Ouest, habitants du pays du Xion. Nous couvrons une large portion de l’ouest du continent, formée de plaines, qui influent grandement sur notre mode de vie. En comparaison avec les autres peuples, nous avons une très large part de notre population toujours nomade, et même une extrêmement fine part urbaine. La seule ville à proprement parler que l’on a est notre capitale, Dengming, qui, en dehors de ses murs n’a que des plaines sans routes pavées, souvent occupées par des camps de familles habitant proche. La structure politique est totalement décentralisée de même. Dengming est incapable de projeter loin son influence du fait des pauvres infrastructures et fait alors confiance aux nombreux clans des hommes de l’Ouest. Si les environs directs de la capitale sont directement administrés par l’Empereur, on peut voir au loin la capitale sans être en son administration. Pour remédier au manque cruel de solidarisation dans le pays, de nombreux forts constellent le territoire Xionais, mais cela se révèle en vérité que peu utile à autre chose que de remédier à l’affreuse faiblesse militaire du pays. Occasionnellement le Spasoïa pillera le nord du pays, et l’Empereur n’essayera même pas de lever une armée, comme il sait que soit les clans les repousseront tous seuls, soit elles ne seront même pas arrivées que le pillage sera terminé. Cela est dû à plusieurs chose : la faiblesse de l’efficacité de nos infrastructures notamment, souvent inexistantes. Un jour, il fut annoncé au roi qu’un clan séparatiste du nord avait déclaré indépendance. Plus inquiétant qu’une simple attaque Spasoïenne, il rassembla des troupes dans les clans environnant, et alors qu’il commençait à marcher vers le nord, un cavalier arriva et lui signala que les autres clans avaient déjà réglé leur compte, voyant sûrement une occasion de gagner du pouvoir tout en étant gratifié par l’empereur. Pas dupe, il demanda tout de même au messager de les remercier, et de demander aux chefs des clans concernés de venir à la capitale chercher une récompense, mais de tout de même chercher à ne pas créer de disputes inutiles. Le deuxième point est la géographie du territoire Xionais. La majeure partie de ce pays se révèle être d’immenses plaines peu fertiles et dures à gouverner, et de plus le tout est occupé par de très puissants clans qui se rallieront plutôt sous la bannière Xionaise, l’Empire leur concédant beaucoup plus de pouvoir que ses voisins. Ce territoire inutilisable pour les autres pays ne sera jamais pris ni occupé, ainsi l’Empereur n’a pas à s’inquiéter de perdre du pouvoir par ces petites batailles.
Le Xion est la terre la plus avancée technologiquement, si on reste du côté de la Capitale. Nous sommes particulièrement fiers de nos Grandes Archives de Tcatmin, qui contiennent des écrits datant du tout début de l’écriture, que nous avons inventé. Si un jour un étranger lira cela, laissez-moi expliquer notre motivation. Nous avons des croyances différentes des autres pays civilisés. Nous croyons en l’Apocalypse qui se passera dans le futur. Nous devons y fuir, et donc faire mieux que nos prédécesseurs en accumulant tout le savoir qui nous permettra de nous échapper de l’Apocalypse, ce qui fait des Grandes Archives l’endroit le plus protégé de l’Empire, voire même des empires. À la base fait de bois, il fut reconstruit en pierre il y a quelques centaines d’années, et se voit régulièrement ajouter des extensions. Il y a peu, une autre grande archive fut construite dans un grand fort sur la mer de l’Ouest, Wanmit, et on copie les contenus des archives. L’ancien bâtiment en bois fut reconvertit en Université Magique, dans laquelle les rares personnes sensibles à la magie étudient et développent leurs pouvoirs, les documents, encore une fois, placés dans les archives. Il y a une grande part de personnes étrangères à l’Université, surtout des Tjokheriens, comme elle est la meilleure au monde, même s’il n’y a que peu de concurrence, et comme les Tjokheriens sensibles à la magie qui ne peuvent pas l’utiliser chez eux peuvent plus simplement accéder au Xion qu’au Spasoïa. Le Xion se révèle d’ailleurs très souvent être une terre d’accueil pour émigrants, ayant notamment eu un reflux de population lorsque la crise des clans avait affecté ses deux voisins, et cela s’explique par une très haute tendance à la diplomatie qu’aux armes. Si ça s’explique facilement par le fait que leur puissance militaire est pitoyable, les répercussions sont multiples. Après le fait déjà montré qu’ils sont devenus une terre d’accueil, ils ont aussi les meilleures relations avec les tribues du Nord et du Sud, et fait ainsi le lien entre elles et le monde civilisé, qui évite tout contact avec eux. Ils ont donc un monopole commercial sur leurs produits et en profitent pour bien taxer leurs marchandises, tellement en vérité que le pays pourrait fonctionner sans même imposer d’impôts à leurs habitants, mais ils en imposent évidemment. Comme l’Empereur sait qu’il n’aura sûrement aucune année tous les impôts qu’il est censé recevoir, ce monopole est vital, et donc s’il se met en froid avec un pays, le Xion risque de tomber en crise, comme il le fut il y a quelques décennies, comme l’ancienne dynastie Meng laissait la place à la nouvelle dynastie Hu. Les derniers empereurs Meng se mirent en froid avec les Tjokheriens puis avec les Spasoïens, et le dernier empereur commit un tabou avec les tribues du Nord. En véritable crise, la perception d’impôts fut renforcée et les clans se rebellèrent, causant une grande guerre civile, qui vit beaucoup de Xionais fuir vers les autres pays, ce qui nous créé une énorme diaspora grâce à laquelle on a facilement pu effectuer nos recherches. Ce fut le père de notre empereur actuel, Hu Yanglam, qui réunifia les clans et se couronna premier empereur Hu.

Les Hommes du Centre, nommés les Tjokheriens, sont ceux pour lesquels les études se sont révélées les plus étonnantes. Tous ont entendu parler de eux comme le pays où on vit en symbiose avec les dragons, où tout a un rapport avec les dragons, et qu’on en voyait de partout. Si nous nous attendions bien à apprendre que c’était une exagération, nous nous attendions pas à ce que cette description exagérée correspondait en vérité qu’à une partie du pays, qui représente même pas un tiers de la superficie. Cette culture d’étendant des environs de la Capitale jusqu’aux environs de Ulta Camañera, dont on m’informe alors que j’écris que toute sa région a été annexé par les Tjokheriens, forme la part la plus stéréotypique du Tjokheria, et contraste beaucoup avec le sud du pays, sauf tribues du sud, qui à certains endroits n’est même pas au courant de l’existence des dragons, même si cela est dû à l’isolation plus qu’autre chose, comme dans certains villages on nous regardait d’un regard curieux et lorsqu’on disait qu’on venait du Xion, ils nous demandaient ce que c’était. Cette culture du sud, qu’on suspecte avoir des origines Xionaises, se découvre être philosophiquement différente du nord. S’ils ont oublié l’imminence de l’Apocalypse, ils gardent les mêmes croyances comme quoi les dieux ne vont jamais nous écouter et que si on veut faire quelque chose, on y arrivera qu’avec nos propres moyens. Dans un contexte de réalsime contre idéalisme, les Tjokheriens du nord peuvent être considérés comme des enfants idéalistes tandis que les Tjokheriens du sud comme des adultes devenus réalistes.
Leur pays est de loin le plus petit. Il fait même pas la moitié du Xion, qui lui représente deux bons tiers du Spasoïa. Sous l’influence directe de ce dernier, la seule raison de l’existence à ce jour du pays Tjokherien est sa maîtrise des dragons, puissance armée qui effraie ses voisins, du fait de leur relative nouveauté, leur flexibilité et leur puissance. Eux-mêmes ne connaissent pas tout le potentiel des dragons, comme il y a eu, alors qu’on enquêtait, une crise du fait d’un homme corrompu par un dragon. Cette part de leur culture semblait se manifester dans des annuelles fêtes destinées aux dragons, évènements se passant dans la capitale, Kundaln, et dans la ville de Isfgamn. Durant ces fêtes, on voit des parades de dragonniers, on peut voir les oeufs de la reine de la Dragonnerie la plus proche, et parfois même des nouveaux dragonniers sont découverts ce jour-là. La nuit on peut voir une parade céleste et, dans certaines éditions dont la notre, comme cet évènement est aléatoire, des accouplements, un spectacle fantastique. Il y a toujours des conteurs Tjokheriens qui racontent les légendes traditionnelles et plus régionnales, leur maîtrise de l’oral est comme tous le disent un enchantement et on voit des dragons se promener dans les voies saturées, prévues larges pour l’occasion. C’est une expérience formidable. De même, deux mois après cette fête des dragons, on peut voir des parades de dragons dans le ciel. Cette explosion de couleurs en plein jour vient apparemment d’une année où la fête des Dragons avait été faite deux mois en retard, et est désormais resté comme tradition. Cela démontre parfaitement l’état d’esprit opportuniste des Tjokheriens qui se manifeste surtout en géopolitique. Ils sont récemment entrés dans ce qu’on peut appeler rétrospectivement un âge d’or, qui est toujours d’actualité. Peu après le début de la crise des clans en Spasoïa, dont je parlerai plus tard, le Tjokheria, toujours sous directe influence de son voisin gigantesque, fut frappé par les inquiétudes des clans qui avaient peur qu’un événement semblable se passe en Tjokheria. Les clans ont donc montré de plus en plus de signes de détachement du pouvoir central, et il y a même eu des clans qui refusaient d’obéir au roi, cela a donc encouragé celui-ci à effectuer des mêmes réformes, voire même plus dures que celles entreprises chez leur voisin. Les clans ont été définis comme hors-la-loi, remplacés par un système de provinces à l’image du nouveau Spasoïa, qui sont gouvernés par des personnes désignées tous les 10 ans par le roi lui-même. Si le roi avait bien dit que tout clan rendant son pouvoir à celui-ci ne serait pas anéanti, il s’attendait à ce que aucun clan obéisse. Et pourtant, quelle fut sa surprise de voire débarquer en son palais le chef d’un des plus grands clans de son pays, accompagné de chefs de certains des plus gros. Zvilekhekh, du clan Krunm, était le dirigeant d’une confrérie clanique mise en place peu après le début de la crise des clans en Spasoïa, chargée de discuter de la potentielle exportation de ce mouvement politique. Zvilekhekh, de nature progressiste, insistait sur comment les clans pouvaient se moderniser plutôt que comment contrer la crise en vue durant les débats internes. Cela a payé comme toute sa confrérie venait négocier le futur des clans après les réformes. Les débats ont duré deux jours, avec une ferme résistance des deux côtés. Laissez-moi citer le chef du clan lors du débat, enregistré dans leurs archives :
“Mon bon roi. Vous n’avez aucune raison de penser que nous souhaitons garder du pouvoir pour mieux nous rebeller, auquel cas, on aurait fait des demandes bien plus exigeantes. Car, voyez-vous, nous ne sommes pas ici que pour demander un rôle dans le futur. Nous ne sommes pas ici que pour offrir une assistance à vos puissances dans la guerre qui se profile. Nous ne sommes pas ici que pour débattre du futur d’une tradition millénaire. Nous sommes ici surtout pour garantir le futur d’un pays qui est le vôtre, pour garantir la sécurité que vous nous offrez, meilleure que n’importe quelle autre, pour garantir la continuité d’un mode de vie qui fait de nous un peuple. Par rapport à nos voisins du Spasoïa, nous avons eu la chance de voir le danger venir. Ainsi, nous avons pu discuter de la chose, entre clans. Voyez nos voisins, ils se sont embourbés dans un chaos total. La même chose pourrait se passer chez nous, si vous continuez à refuser sans considération nos propositions. Si vous continuez, notre pays ne deviendra pas mieux qu’une carcasse en plein soleil, en proie à tout oiseau de malheur passant aux environs. Imaginez ces visions d’horreur qu’on a eu en réfléchissant aux possibilités que ce chaos offrirait à d’autres peuples. Un pays définitivement fragmenté entre nord et sud, voir même en plus de morceaux, ou alors envahi par le Xion – imaginez l’horreur – ou, j’ai gardé le pire pour la fin, notre pays dominé par les tribues du Sud. La sauvagerie l’emportera définitivement sur la civilisation. Nous devons empêcher cela. Accédez à nos requêtes, vous aurez une grande confrérie de votre côté, et vous aurez un pays en paix, prêt à s’imposer comme une véritable puissance à ne pas sous-estimer.”
Ce magnifique discours ne convainc pas le roi, mais fit partie de ce qui lui fit flanchir. Il accéda finalement après deux jours de débats aux requêtes de cette confrérie de clans. Les clans n’auraient plus de pouvoir politique mais garderont leurs terres ou leurs bâtiments où ils feront leurs activités afin de créer de la richesse avec du commerce, souvent interne. Tout terre ou tout bâtiment non utilisé activement sera rendu à l’autorité régionale. S’il y a eu tout de même des clans qui, après ces négociations, ne souhaitaient pas abandonner de leur puissance, ils furent peu à se rebeller, et facilement écrasés par l’alliance des clans loyaux et de l’armée royale. Ce fut la fin de la crise des clans en Tjokheria, conflit toujours pas terminé chez leur voisin. Cet état d’anarchie dans lequel le Spasoïa est profita bien aux Tjokheriens qui, après avoir prit le contrôle du Fort Xionais de Yangwan, au bord de la mer, déclara la guerre à leur voisin. La bataille fut rapide, comme, en proie à l’anarchie, le grand empire ne pouvait pas se défendre dans des terres même pas en leur contrôle. Ce furent les clans locaux qui offrirent une résistance, quoique ils guerroyaient entre eux, et cela s’est mal fini, il y a peu, la paix a été déclarée contre la région du Qirajal. Nul ne sait ce que cela implique pour le moment.

Les hommes de l’Est finalement sont nommés les Spasoïens. À la tête du plus grand empire connu, s’étendant à travers les montagnes et les grandes et fertiles plaines de Tairoana, ce peuple est sans conteste le plus puissant au monde. Originaire des montagnes, ce peuple a longtemps été dépendante des baies Stonara, nourriture abondante dans ces terres arides, qui se retrouve dans beaucoup de leurs expressions. Après un temps inconnu, des clans ont commencé à descendre des montagnes, et notamment vers la très fertile plaine de Tairoana, où ils ont fait de agriculture, sûrement alors déjà pratiquée sur certaines hauteurs, avec un succès mitigé. Ils se sont rapidement multiplié, devenant aujourd’hui le pays le plus peuplé, et ils s’est créé avec le clan Tejuar une autorité forte qui est aujourd’hui devenu le Spasoïa qu’on connait. Le peuple des montagnes, le peuple traditionnel, est aujourd’hui souvent favorisé par l’empereur. Beaucoup d’argent est dépensé pour améliorer les infrastructures de cette partie de l’empire, souvent jalousé par les membres versés dans l’administration des terres du Galagar, au nord de Tairoana. C’est là-bas qu’on trouve une minorité ethnique très importante, nommés Galagariens. Descendants des tribues du Nord, on les suspecte avoir vécu avant la descente des montagnes des Spasoïens en Tairoana de plus, ce qui expliquerait les yeux ronds des Tairoanais actuels. Ce peuple croie en des choses bien différentes aux Spasoïens, qui ont sûrement influé leurs souverains. Ils pensent que la mort est une délivrance de la dureté de la vie, mais qu’on ne peut mourir en paix que si on a parcouru le monde entier, sinon on se réincarne pour entreprendre le même but. Leur mode de vie nomade à travers le grand désert de Galagar a à la fois influencé et été influencé par ces croyances. Chaque année, à la fin du mois de Renkuang, ils fêtent le légendaire Naarahal et sa famille, les seuls à avoir visité le monde entier, qu’on dit qu’ils nous regardent et nous sauve des dangers de l’environnement s’ils savent qu’on va voyager loin. Le nom de Naarahal semble lié au nom Spasoïen de Nal, au pluriel Narali en cette langue, qui se révèle être l’entitée principale des croyances Spasoïennnes. Les Nals sont considérés comme des sortes de serpents volant et spirituels qui sillonnent les montagnes ainsi que, pour les Nals Primaires surtout, contrôlent les éléments et gèrent la vie. Les Spasoïens croient qu’en mourant tout le monde devient un Nal, et peuvent veiller sur leur famille, mais cet objectif ne peut être accompli que si on effectue des rituels aux Nals de nos ancêtres. Sinon, les Nals de nos ancêtres nous dévorent lorsqu’on meurt. Ces croyances ressemblent beaucoup à celles des Galagariens, mais plus loin dans les terres, dans les Montagnes Sèches, on peut voir une autre conception de la spiritualité, où à la place des Nals Primordiaux on a de véritables dieux, figures éthérales. Aucun culte des ancêtres est rendu là-bas mais plutôt un culte aux Esprits de la Maison, appelés Kundalis, qui ont eux aussi une forme reptilienne.
Les montagnes Spasoïennnes sont divisées en deux parties géopolitiques. Au Nord, au niveau du désert de Galagar, on a les Montagnes Sèches. Ces terres arides sont formées par des montagnes de grès avec des vallées aux falaises droites, souvent constituées de plusieurs degrés. Au fond de ces ravins on voyait un ruisseau, et à ces bords plein de petits arbustes sans feuilles, seulement des aiguilles. Les degrés sont tapissés de ces mêmes arbustes et d’herbe, séparés par une aride terre beige comme tout l’environnement. Les habitants ont naturellement un regard très plissé, comme pour résister au soleil, ce qui est peut-être l’origine de la différence de nos paupières par rapport aux hommes du nord, comme le propose Tian Kunjit dans son papier de recherche sur les origines de l’humain. Ce paysage contraste énormément avec les Montagnes Fraîches, au sud du grand massif spasoïen. Après une graduelle évolution depuis les Montagnes Sèches, on voit un paysage brun et gris-jaune, entrecoupé du vert des arbres et de l’herbe poussant sur les degrés des falaises. Lorsqu’on atteint l’extrême sud de la chaîne, les côtés des montagnes s’adoucissent pour former une côte s’étalant sur les plaines en contrebas. De longues eaux cisaillent les roches pour former des passages nombreux vers les hauteurs. Si les montagnes fraîches sont bien plus humides que les montagnes sèches, il n’empèche que par rapport aux pays de Tairona et de Tjokheria en contrebas, frécquemment embrouillardées, les monts restent secs, et la culture des baies Stonara, implantées sur tout le massif montagneux, reste difficile. À l’est, le pays de Tairoana, très peuplé, a son axe principal tracé par un très large fleuve, formé depuis le grand lac de Ruaja par la convergence de plusieurs fleuves. C’est autour de ce lac qu’on trouve le plus de population. Entre champs à perte de vue et de nombreuses villes très peuplées, les berges de ce lac sont toutes marquées par la présence humaine, et ce paysage continue tout au long le la longue rivière. Les petits ruisseaux saisonniers qui sillonnent la plaine donnent eux aussi naissance à des champs et des villages. La terre y est en vérité basse et limoneuse, les plantes y poussent facilement. Le temps est généralement brumeux, ou pleuviotant, les rares jours ensoleillés étant souvent accompagnés d’un petit brouillard. Il n’est ainsi pas rare de voir la surface des plaines et des clairières refléter le soleil. Ce cœur économique de l’Empire est, du monde entier, l’endroit où on produit le plus de nourriture, ce qui fait des céréales sûrement le produit le plus exporté du Spasoïa. Il y a de même une très grande richesse autour du lac, ce qui fait des Spasoïens les plus grands demandeurs de produits de luxe.
Il est indéniable pour tous que la puissance militaire du Spasoïa est supérieure que n’importe quel autre pays. La richesse et la diversité de l’économie permet d’entretenir une armée puissante sur la grande population. L’Empereur se permet même de toujours partir en combat avec son armée professionnelle, en intégrant que rarement des conscrits, par contre rarement engagés. L’armée est déployée en temps de paix sur tout le territoire, et en temps de guerre, la volonté de fer de l’Empereur est assez pour garder le pays tout entier. Mais les clans ont toujours été une clef de voûte du système, jusqu’à la dévastatrice crise des clans. Cela commença il y a bientôt une dizaine d’années, et cela défigurera le pays à jamais, déjà qu’il est méconnaissable aujourd’hui. Cela prend ses racines il y a très longtemps, il y a une dizaine de générations, comme l’Empereur Proderilo IV allia ses filles avec différents clans des environs, pour ensuite tuer le chef du clan pour intégrer celui-ci à la couronne. Ce fut le début de l’assimilation clanique, et donc l’étendue du pouvoir direct de l’empereur. Avec les générations, plus de clans furent assimilés, et l’Empereur restraint de plus en plus les pouvoirs des clans de même, il y a de cela une dizaine de générations l’Empereur s’occupait avec son cabinet des grandes infrastructures, qui faisait que l’Empereur se concentra pour développer le bassin de la Capitale, dans le but d’asseoir son pouvoir dans ma région. Ce manège continua jusqu’à que l’Empereur Wjil décide d’annexer tous les clans, en les remplaçant par un système de provinces gouvernées par un Gouverneur désigné par le roi à vie, redésigné à la mort du précédent. Ceci fut fait, d’après les écrits que l’Empereur a eu la bienveillance de nous partager “comme je voyais la terre administrée par les clans contre celle administrée par mes ascendants, il y a de nombreuses inégalités, ainsi, je pense que l’administration impériale est plus efficace que l’administration clanique. Ainsi, je ne demande pas aux clans de se dissoudre, mais de me rendre les pouvoirs. Si vous le faites, vous serez retenu comme un clan clairvoyant.” Malheureusement pour l’empire, celui-ci s’effrita comme les clans se rebellèrent contre les réformes, plongeant le pays dans un véritable chaos, dans lequel il est toujours. En une petite dizaine d’années, l’Empereur n’a réussi à restaurer l’ordre que dans le pays de Tairoana.

Il est donc désormais temps pour moi d’énoncer nôtre théorie. Nous nous basons sur la théorie de l’humain de Tao Longdʒian, référence 1376, Département de la Religion et de l’Histoire Humaine. Il décrit dans son papier de recherche l’origine de l’humain, qu’il situe au nord, au-dessus même des Tribues du Nord. De même, il décrit comment les tribues du Nord se sont formées, et comment nos ancêtres directs, à nous Xionais, aux Spasoïens, aux Tjokheriens et aux Tribues du Sud, les Edariens, descendent des Macirens, ancêtres des Tribues du Nord de plus, et sont allés vers le sud, pour des raisons qui nous sont aujourd’hui inconnues. Nôtre théorie vient donc compléter en partie celle de ce grand chercheur et donner à nos fils une vue plus détaillée sur la mécanique de l’évolution. Je vais donc commencer à détailler nos observations.
Nous avons avec ce récapitulatif détaillé vu que les Tjokheriens sont un peuple en vérité mystérieux, composé de ses environs. On trouve énormément de similarités entre les religions Tjokheriennes et Spasoïennes, ainsi qu’entre les philosophies Sud-Tjokheriennes et Xionaises. Désormais, laissez-moi reprendre l’ancienne légende qui dit que ceux qui ont sûrement été les Edariens se sont divisés en trois peuples, gouvernés par un seul roi, avant de se séparer en trois entités, et dire que ce n’est rien de plus qu’une légende, qu’elle en aucun cas ne reflète la réalité. En effet, nos études nous amène à penser que seuls deux peuples ont émergé des Edariens qui sont devenus civilisés : Spasoïens et Xionais. Alors, que sont les Tjokheriens dans tout cela ? J’y arriverai bientôt.
La première preuve appuyant cette théorie est la morphologie. Comme Tuk Laoʒengtao prouva dans son document, référence 728, Département Alchimie, Biologie et Lois Naturelles, celle-ci et héréditaire, et les enfants durant la procréation copient des traits de leurs deux parents, à des pourcentages variables. Ce dignitaire a pris pour exemple l’enfant d’un Xionais et d’un membre des Tribues du Nord, qui avait des yeux à moitié ronds, une peau de bronze et des cheveux or faisant des boucles, parfait mélange entre les deux races. Maintenant, observons les Tjokheriens. Ils ont des yeux normaux, de couleur claire tels que les nôtres, des cheveux allant du noir à l’or, les Spasoïens ayant des noirs et bruns, de nature systématiquement lisse, comme nos hypothétiques ancêtres Edariens, et une taille petite par rapport à la notre, tel celle des Spasoïens. Ainsi, la morphologie déjà démontre que le peuple Tjokherien est un mélange entre les deux peuples qui l’entoure. De même, il est important de noter que sor la frontière ouest des Montagnes, les progéniture des Xionais et des Spasoïens ressemblent beaucoup aux Tjokheriens, quoique ils ont une peau plus foncée et des cheveux ayant un penchant ambre marqué.
La seconde preuve vient de la culture. Les Tjokheriens ont des croyances très similaire aux Spasoïens, ayant de nombreux Dieux régissant le cosmos, là où pour les Spasoïens, ils se sont transformés en Nals, comme le démontre Lao Cukham dans son document, référence 1258, Département de la Religion et de l’Histoire Humaine. Il y a de nombreux temples érigés dans tout le Tjokheria du Nord dédiés à divers dieux de leur mythologie, et on peut voir un paysage similaire en Spasoïa où chaque village a un temple dédié au Nal de la communauté, et dans les plus grandes villes apparaissent des temples aux Nals Primordiaux. De plus, la fête des dragons Tjokherienne se passe en même temps que le Comedoraño, fête qui célèbre Nal Doraño, nom très similaire au dieu Tjokheriens des cieux Tirnjomn, qui aurait appris au peuple Spasoïen comment devenir un Nal dans la mort. Par rapport à cela, plus au sud on voit les mêmes Dieux apparaître dans les croyances populaires, mais aucun culte ne leur est dédié. On ne se sert d’eux que d’une façon pour expliquer le monde, mais par contre on croit fermement que le monde est cyclique et que le dieu Rshkateshn, son nom étant étrangement similaire à Tshashen, dieu Xionais de la Lune, est celui qui détruira le monde afin de permettre aux dieux de le recréer, croyances très similaires à celles de notre peuple qui montre une similarité avec le peuple de l’Ouest.
Finalement, parlons des Tribues du Sud. Nous sommes allés les voir durant notre voyage, et ce qui nous a choqué dès qu’on les a vu est leur peau blanche comme la neige, de la même couleur que leurs cheveux pour certains, allant parfois pour les cheveux à la couleur de notre peau et d’un orange très clair. Ils ont une taille Haute et des yeux plissés tels les nôtres. Ils croient en l’Apocalypse, qu’ils disent que les dieux essayent d’empêcher, et donc ainsi ne peuvent pas écouter les humains, mais sont encouragés par leurs offrandes et leurs prières. Cette ressemblance entre nous Xionais et les Tribues du Sud nous permet ainsi de donner un nouveau schéma de l’évolution des Edariens.
D’après Tao Longdʒian, les Edariens seraient allés dans les montagnes et ensuite se seraient séparés en trois pour devenir les pays civilisés. Nous apportons une autre approche. Pendant la période les Edariens étaient dans les montagnes, une partie de la population est descendue vers les plaines Xionaises. Ce peuple, que je nomme les Dianiens, d’après le nom du créateur de la théorie de l’Humain, a évolué pour devenir les Xionais mais une parite des Dianiens est allé plus vers le sud où ils ont colonisé les terres glacées, devenant les Tribues du Sud. Les Dianiens vivaient sur le sud du Xion et au Tjokheria, jusqu’à que les Spasoïens, descendants des Edariens des montagnes, aillent eux aussi coloniser les plaines. Eux sont par contre allé plus vers l’Est, colonisant la plaine de Tairoana alors occupé par des Galagariens avec qui ils se mélangeant et du Tjokheria, se mélangeant avec la population locale de Xionais.

C’est ainsi ce nouveau dessin de l’humanité que nous proposons après l’étude des peuples qui composent notre monde. Il en ressort non pas un simple monde constitué de trois peuples, mais une mosaïque d’ethnies et de cultures, qui composent chacun des trois pays Civilisés, et les Grandes Tribues. Nous vivons dans un monde riche d’histoire que des figures seules donnent. Sauvons ce monde de l’Apocalypse, sachons nous échapper de notre destin.

À nos fils qui liront cela, Ma Suthuam, Feng Yaolu et Men Fusat.

L’Incursion

Vous voilà, enfin ! Je commençais à me demander si vous n’étiez pas morts. Après tout, ç’aurait bien été possible…

– Nous vous avions bien dit de ne pas sous-estimer nos capacités. Si leurs défenses étaient plus que redoutables, ils doivent déjà avoir eu des problèmes avec des espions ennemis, nous étions de taille à les déjouer.

– Les documents ?

– Les voici, madame.

– Très bien. Bon travail. Maintenant, j’aimerais travailler…

– Nous allons vous laisser tranquille, alors.

– C’est pas ça que je voulais dire, idiot ! Laissez-moi finir. Je vous demande de me raconter comment vous avez fait, afin de voir quelles sont les défenses, et comment efficacement les contrer une prochaine fois.

– Je vous prie de m’excuser pour cet affront. Je vais donc vous expliquer ce qu’on a traversé. Nous nous sommes premièrement introduit dans le palais grâce à une fête qui a prit place peu de temps après notre arrivée sur les lieux. Il n’y avait aucune chance pour que nous réussissions à nous y introduire, tant la magie de protection anti-étrangers est puissante. Je crois avoir entendu que celle-ci était nommée la Forteresse de Cristal“, et que c’est une magie de très haut niveau. Passons les détails, cela créé une barrière invisible qu’on ne peut pas briser, sauf avec un très grand pouvoir peut-être, mais il y a des trous afin de laisser passer des personnes. Évidemment placés là où il y a la plus grande garde.

« Durant les festivités, on a pu s’infiltrer dans les parties le plus profondes du palais, là où il y avait les plus grandes sécurités. L’entrée était cachée dans un mur au fond du palais, et si mon ami n’avait pas déjoué l’illusion magique, on y serait probablement jamais allé. En bref, après un long escalier, nous sommes arrivés à la grande défense des documents. C’était une grande salle, vide en apparence, d’où partaient trois couloirs. J’allais m’y engager lorsque mon ami me barra la route, pointant le sol. Dur à remarquer, il y avait un énorme cercle magique sur le sol, s’étendant sur toute la salle. Je lui dit alors qu’on avait pas d’autres choix, ce à quoi il acquiesça d’un signe de la tête. On s’y engagea et alors soudain une sorte de brouillard se leva, alors qu’une voix retentit, disant :

« Fous, vous n’auriez jamais dû vous engager ici. Vous serez chassé pour l’éternité, pour avoir tenté de vous introduire ici. Vous auriez peut-être de la chance d’y réchapper si vous rebroussez chemin. Si vous y arrivez, cela est.

« Je resta silencieux, et après un moment pris pour m’assurer que la voix était partie, je fit signe à mon ami d’y aller. À peine avions-nous fait trente pieds que nous étions retournés à notre point de départ. Je réessaya d’avancer dans le brouillard, il se passa la même chose. Cette fois-ci, mon ami n’avait pas réessayé. Il avait comprit ce qu’il se passait. Il prit un certain temps à faire les cent pas, à réfléchir, tandis que je l’observais. Tout d’un coup, il me tapa sur l’épaule, et mima ce qu’il fallait faire pour passer dans cette salle. Je l’observais de façon stupide, mais je testa. Je n’avais alors par remarqué que le grand cercle magique était en vérité un sort de distorsion spatial. En fait, si on va tout droit, en vérité, on fait comme un cercle vers la gauche. Je ne sais pas si je suis très clair.

– Continue.

– Bien. En fait, ce que mon ami s’était dit, c’était qu’on pouvait essayer de jouer avec cette distorsion pour aller tout droit alors qu’on faisait des cercles. La solution était de tourner vers la droite, afin d’obtenir une trajectoire droite. On l’appliqua et on atteignit sans problème l’autre côté de la salle, et on atteignit les archives confidentielles. On choisissait quelque chose d’intéressant lorsqu’on se rendit compte de la véritable dangerosité du sort. Des personnes arrivaient. Sûrement, lorsque le sort était activé, on prévenait un haut membre de Rune Aspect afin qu’il puisse vérifier si aucun espion n’était venu. Je pris ce que j’avais dans les mains et ordonna mon ami d’activer le téléporteur afin de fuir. Comme il avait pour destination Khelira de la même planète, on ne nous suspectera pas immédiatement.

– Ton ami est muet ?

– En effet.

– Je vois. Vous avez fait un bon travail. Vous validez tous les points que je vous avait demandé. Je vais vous donner la récompense dans la journée.

– De toute façon, comment pouvions-nous ne pas nous appliquer avec une commande de telle importance ? Nous allons donc pas vous importuner plus longtemps.

– Quand vous ai-je demandé de partir ? Jamais, je crois. Je souhaite parler pendant que j’étudie ces documents de ma prochaine commande.

E-Excusez-moi pour mon imprudence.

– Hmm… Oh, je vois que vous avez le talent pour dénicher des perles rares ! Ce ne sont pas des documents anodins ! Bref. Hmm… Quoi !? Univers magique ? Qu’est-ce que c’est que cette bêtise ? Est-ce la vérité ? Hmm… I-Ils y sont entrés dans un ? Incroyable ! Non mais que sont ces personnes ! Je ne devrais pas dire ça tout fort, mais les informations qu’on a ici sont plus qu’incroyables. Zazkarian Achkirov ? S’il est encore vivant, il faudra que je le rencontre. Don, je voulais vous dire…

– Ici, le commandant Herbore, ceci n’est pas un exercice, je répète, ceci n’est pas un exercice.dit soudain une voix sortant comme de nulle part Chacun à son poste, un homme vient de s’emparer de documents confidentiels, je répète, chacun à son poste.

– Oh, je vois qu’on est attaqué. Bref, vous deux, avant qu’on y aille, je souhaiterais vous poser une question. Avez-vous déjà entendu parler de Nyv ?

Fondations

C’est une planète depuis longtemps abandonnée à la nature. La plaine, vaste, ne contenait que arbres, herbes et animaux sauvages. L’étoile était basse, et on voyait les étoiles briller dans le ciel turquoise, ainsi que les astres, tous proches de la planète, dans ce monde où la gravité à perdu de son sens. Autrefois il y avait là un village. Autrefois, une cité. Autrefois, désolation. La vie intelligente de cette planète avait disparue, tuée par ses propres frères,et la planète n’était ainsi plus torturée.
Mais, malgré cela, quelqu’un se tenait debout. Quelqu’un, seul, étranger à tout ce que cette planète a à offrir. Il venait d’un autre monde, laissant tout ce qu’il connaissait pour s’aventurer sur cette terre. Cette planète l’avait attiré, les beautés qu’elle a à offrir étant sans égal dans n’importe quel endroit qu’il avait visité. C’était là qu’il souhaitait créer son avenir, là qu’il souhaitait créer un avenir.
Un bruit. Un vaisseau était apparu dans le ciel depuis nulle part. Les petits animaux s’enfuyaient, ayant prit peur, mais ne réalisant pas que tous l’entendait. Une petite navette descendait, et atterrissait. Un homme en sortit, comme la navette repartit vers le vaisseau-mère. Il se plaça devant celui qui observait, puis parla.

“Nerkolda.
– Sakelmin.
– Pourquoi m’as-tu appelé ici ?
– J’ai pris ma décision.
– Déjà ? Alors tu abandonnes ton mari ? Que va-t-il faire ?
– Il va se marier à quelqu’un d’autre.
– Tu dis ça ainsi… ça ne te fais rien ?
– Nos cultures ont évolué de façon bien différente, ne prends pas ce que tu considère normal comme vrai universellement !”

L’homme détourna le regard. Souvent il le faisait dès que la nature opposée de leurs deux mondes était mise en valeur. Les deux personnages se ressemblaient. Malgré le fait qu’ils ne venaient pas du même monde, leurs espèces se ressemblaient, comme si un genre avait été destiné à prendre le contrôle des mondes. L’homme était dégoûté de la réticence de sa compagnonne à trouver la liberté, comme s’il était normal pour elle d’être asservie. Malgré cela, c’était elle qui avait le plus avancé les recherches dans l’utilisation de la magie pour voyager entre les dimensions, et elle était plus puissante en cette mesure que n’importe quel homme, qu’elle aurait le pouvoir d’envoyer dans le monde intersidéral. Cette femme aux caractéristiques inconnues de l’homme l’intriguait énormément depuis leur rencontre, alors que tous deux faisaient des voyages interdimensionnels.

“Tu sais, malgré cela, ton monde me fascine. Comment des femmes arrivent à vivre une vie prospère sans avoir besoin d’un homme pour les protéger. Mais aussi, surtout, c’est comment vous avez trouvé des façons de trouver des pouvoirs sans la magie. Des pouvoirs parfois supérieurs aux nôtres dans leur domaine. Vous êtes impressionnant, saches-le. J’ai justement décidé d’utiliser l’une de vos tant chéries découvertes, ou du moins la méthode avec laquelle vous avez pu en découvrir tant, afin de comprendre la nature de notre différence. J’ai cherché à apprendre en lisant les livres de chez toi, vos théories, ainsi qu’en expérimentant, comme vous le faites tant souvent, et j’ai trouvé la réponse à ma question. J’ai compris la nature de la magie, ce qu’elle est réellement.
– Qu’en est-il alors ?
– Imagine que tu es à l’entrée d’une caverne, et que tu allumes un feu. Le feu tout d’un coup s’éteint. Tu t’énerve et tu blâme la poussière ou la pluie de dehors. En vérité, le feu a traversé les dimensions pour arriver dans les mains d’un apprenti mage qui créé une petite flamme afin de s’entraîner.
– Tu veux donc dire que la magie est une simple distorsion interdimensionnelle ? Mais… à quoi te sert de savoir ça ?
– Je le suspectait depuis le début, mais maintenant que j’en ai la certitude, je peux finalement passer à l’acte.
– Qu’as-tu en tête ?
– T’ai-je raconté comment je suis née ?
– Jamais.
– Il est donc temps que je te le révèle. Je suis né au milieu d’une des guerres les plus meurtrières que mon monde avait jamais vu. J’avais la malchance d’habiter près du terrain de bataille. Un tir de flamme et tout fut fini… pour tout le monde. Un mage de l’armée ennemie avait raté son tir et c’était arrivé droit sur ma maison. Mais c’est à ce moment que mon pouvoir s’est révélé, je me suis téléporté dans une autre partie de mon monde. J’étais arrivé dans une famille riche qui m’adopta et m’éleva en compagnie des véritables enfants de la famille. Comme tu peux t’en douter, j’étais la cinquième roue du carrosse, et on ne souhaitait uniquement que je devienne adulte afin de me marier pour unir la famille avec quelque mineure organisation. Mais quand je devint adulte, la guerre recommença, et j’étais encore une fois prise dedans. Le nouveau pays dans lequel j’étais n’avait pas pris part dans la guerre dans laquelle j’étais née, mais seize ans après la fin de la guerre, les pays, dont le mien, étaient prêt à régler leurs différents dans le sang. J’étais encore aux premières loges. Mais je survécut, ainsi que seuls deux de mes beaux-frères. Tout était détruit, mais je devais me marier, alors je proposais que j’aille tout de même me marier afin qu’eux deux puissent avoir un toit et de la nourriture le temps de tout reconstruire. Je me mariais et commençait à étudier sérieusement ma magie. On avait dit que je n’avait aucune magie, comme la mienne était unique mais rare, mais je savais qu’elle m’avait sauvée ainsi que mes deux beaux-frères. En rétrospective, je dirais même que j’ai voyagé dans le temps dans un futur où l’attaque était terminée. C’est donc ainsi que je rencontra, comme la guerre finissait, d’autres personnes avec le même pouvoir que le mien. Ensemble, on forma un groupe, et après quelques années d’entraînement commun, je fis le premier voyage interdimensionnel, et atterris chez toi. Et encore là, je connus les horreurs de la guerre.
– Que veux-tu dire par là ?
– Ne sois pas stupide, je suis parfaitement sûr que va comprendre le lien.
– Non… tu ne vas pas essayer telle chose utopique ! De toute façon, c’est même théoriquement impossible !
– Détrompe-toi ! Comme je te l’ai expliqué, nous utilisateurs de magie créons des distorsions interdimensionnelles. Ainsi, il est théoriquement possible que si il existe quelqu’un d’une puissance extraordinaire, qui puisse faire fusionner deux mondes.
– Comment ça ! Fusionner des dimensions ! C’est de la folie !
– Saches qu’il y a, comme la magie, des endroits où la technologie ne peut rien faire de plus que la magie. Cela en fait partie.
– Et même si c’est possible, comment une telle personne peut théoriquement exister ! C’est tout bonnement impossible !
– Tu m’as déjà démontré plusieurs fois pourquoi c’est possible. Prenons un pourcentage extrêmement infime.
– Ce n’est pas de la statistique ! On parle de quelque chose de différent !
– Plus il y a d’environnements où une telle personne peut apparaître, plus il y a de chances que ça devienne réalité !
– Je te parle de choses physiquement possibles, et toi tu restes dans des rêves idéalistes !
– Nous n’avons pas vécu dans le même monde, et d’autres personnes dans d’autres dimensions peuvent en dire de même.
– Comment ça ?
– Ainsi, ce que tu peux prouver impossible ici est possible autre part.
– Tu le prouves comment ?
– Par cet univers. Regardes le ciel.”

Les planètes dans le ciel figuraient comme des témoins de l’étrangéité du monde. En un flash de lucidité, l’homme poussa un soupir de compréhension, mais pris ensuite un air plein de malice, comme s’il s’apprêtait à faire un mauvais coup.

“Je vois très bien. Mais quel est le diamètre de la planète ? Quelle est la masse ? Quel est la distance entre ici et l’étoile ? Quelle est la durée d’une journée ? Quel est le temps pour faire une circonférence ?
– Environ 14000 km, 6,2×1024 kg, 1,5×107 km, 37 heures, 317 jours.
– Co… Comment ça ? Elle… elle est plus grosse que ma planète, et plus proche… et plus massive… Normalement, ces planètes devraient s’écraser sur celle-ci !
– Mais ce n’est pas le cas. Tu veux savoir pourquoi ? La gravité est moins puissante.
– Je vois que tu as fait beaucoup d’études chez nous. Bien. Comment tu vas t’y prendre pour arriver à ton but ?
– Je vais créer une organisation multidimensionnelle basée ici, avec laquelle je vais mettre en place mon premier objectif. Je souhaite en premier lieu explorer des mondes afin de créer un contact permanent pour pouvoir surveiller l’apparition de cet homme. Si on tombe sur un monde de technologie, il faut lui donner la magie.
– N’est-ce pas égoïste de les empêcher dans la voie de la technologie ?
– Qui sait, peut-être que la maîtrise de la magie ne devra pas forcément être visible.
– T’as raison. Mais comment vas-tu faire ?
– Oh, c’est toujours la première chose à laquelle tu penses, comment ! On verra en temps voulu, on n’est pas pressé de toute façon, comme on a personne ici. Bref, ensuite, lorsqu’on aura trouvé cet élu, disons-le ainsi, on n’aura qu’à le recruter et enfin fusionner tous les univers. Un univers où on n’aura plus besoin du voyage interdimensionnel.
– Pourquoi ?
– Si on utilise le voyage interdimensionnel, c’est que nôtre univers n’est pas intéressant, n’est pas assez bien pour qu’il mérite toute notre attention. Ainsi, je veux éviter ça.
– … Tu n’aimes pas ton pouvoir ?
– … Qui sait ?
– Finalement, ton organisation s’appellera comment ?
– Rune Aspect.

Noyade

La cité de Darfashkmar s’étendait sous les yeux du roi Ramanka VI. Située au nord du continent, en deux décennies elle est passée d’une capitale d’un pays au statut de capitale du pays le plus grand au monde. En vingt ans, la cité avait doublé de surface et quadruplé en nombre d’habitants. Le soleil était au Zénith, la cité s’étendait sous ses yeux, tout comme la nuée d’habitants sous ses pieds. Des hautes tours perçaient l’horizon et la cité était devenu un dédale dans lequel personne n’arrive à se retrouver, mais il était temps que cette horreur s’arrête. Tous les jours de nouvelles personnes venaient s’installer provenant des inépuisables masses des campagnes. Jamais la population n’avait autant augmenté, et cela était du à la prospérité du pays.

Depuis toujours, le continent avait été séparé, et régulièrement les pays se faisaient la guerre, pour rien d’important en plus, parfois pour de l’argent, parfois pour un minuscule territoire, parfois pour punir quelqu’un. Le pays que dirigeait Ramanka VI, le Royaume de Tachkamka, était un royaume relativement faible, mais côtier et surtout un véritable grenier, qui payait sa liberté. Comme son père, et tous les autres dirigeants auparavant, Ramanka VI jouait une position pacifique et faisait stagner son pays, pour son bien. Il ne pouvait rien faire, mais cette position centenaire changea lorsque, sept ans après son ascension au pouvoir, il recruta en tant que conseiller Saskamrand  de Parandranda, qui devint rapidement son Grand Conseiller.

Ce génie provenant de la petite noblesse du pays poussa le roi à sortir de la stagnation le pays et grâce à d’habiles manœuvres, tant militaires que civiles, il fit faire au pays un bond en avant dans tous les domaines. Il connaissait parfaitement tous les points forts de Tachkamka et jouait avec, établissant notamment un contrôle sur tout le commerce du nord, afin de créer des ressources, engager des pirates pour prendre contrôle des villes côtières ennemies, affaiblir un royaume ennemi afin d’en prendre contrôle, puis l’annexer, et au fur et à mesure attaquer tous les pays selon leurs faiblesses, comme créer une union de défense entre les pays les plus faibles, couper le commerce pour les pays côtiers et envahir les autres pays avec l’armée amassée au cours du temps.

En à peine une dizaine d’années, Ramanka VI annonçait que le Royaume de Tachkamka devait être renommé Empire de Omranlenka, ceci étant le nom du continent. Mais s’ils ont été héros de guerre, ils ont été amis du peuple. Saskamrand poussait le peuple à aller loin avec la magie, une puissance pendant longtemps considérée avec peu d’estime, et grâce à cela, l’Empire avait grandement amélioré le confort des habitants. De la Grande Poussée Agraire à la Réorganisation du Commerce, ils avaient réformé tous les aspects du quotidien pour le mieux, et ainsi le peuple avait une grande estime à leur égard. Même lorsque Saskamrand déclarait qu’il fallait explorer les mers afin de découvrir de nouvelles terres, les habitants leur avait montré leur soutien. Lorsqu’ils ont lancé cette expédition, la flotte du sud était revenue un mois après déclarant avoir trouvé de nouvelles terres.

C’est ainsi que débuta la colonisation, et la première cité fondée sur ces nouvelles terres comptait déjà une plusieurs centaines d’habitants, et ses premiers natifs, mais cela allait à l’encontre des populations natives, qui, aussi primitives qu’elles étaient, étaient mécontents de l’installation de ces étranges êtres, et protestaient comme elles le pouvaient, en vain. Cela provoqua des grands soulèvements de la part des colons, qui eurent l’initiative, au grand désastre du roi, d’effectuer un grand massacre. Le roi fit exécuter le chef de la colonie.

Et maintenant, il regardait ses sujets, amassés devant la place du château, prêts à écouter l’annonce que le roi devait faire. Il regarda encore une fois le soleil, placé à l’endroit propice pour avoir la bénédiction des dieux. Il appela la bénédiction de Kalamranta, le Soleil. Après cela, il parla :

“Peuple de Omranlenka, j’ai une annonce des plus importantes à vous faire. Un projet que moi, mon grand conseiller, toutes les personnes qui m’accompagnent ainsi que nombre d’entre vous travaillent dessus depuis deux ans. Un projet, qui s’est terminé il y a quelques jours seulement. Un projet, qui va plus que tout révolutionner nos vies. J’attendais ce moment précis pour vous l’annoncer, comme Kalamranta nous bénit de sa lumière. Nous allons… créer de nouvelles terres, créer un nouveau continent où on pourra habiter, un nouveau continent de part les flots, un nouveau continent qui nous permettra d’éviter que les drames de Lamreancha se reproduisent. Cela demandait une énergie magique incroyable, que nous n’apprenons à canaliser que depuis peu, mais nos meilleurs artisans ont su comment faire, et grâce à leur dure labeur, enfin nous avons un endroit où nous serons libres, libres de construire, libres de cultiver, libres d’élever, libres de vivre. Maintenant, dirigez-vous vers le port, afin de voir les terres sortir des eaux, je vous prie.”

Le roi se retourna comme le peuple criait de bonheur. Comme à son habitude, il se retourna et se pencha à la balustrade pour saluer son peuple, avant de s’en aller pour de vrai.Dès qu’il était à nouveau dans la salle du trône, il ordonna à l’artisan-chef d’activer la machine, comme il invitait Saskamrand à regarder avec lui le fruit du long travail qu’ils avaient fourni depuis leur tour de l’est, ce qu’il accepta volontiers.

Ils attendirent un bon moment avant qu’il se passe quelque chose. Tout d’un coup, ils entendirent un gros bruit. Une haute colonne d’énergie émanait d’un bâtiment près du port, comme on voyait au loin des terres émergées. Mais aussi, le roi eut une vision d’horreur. Une grande vague se formait puis frappa le port. Puis une autre plus grande. Et plus grande. Et plus encore. Finalement, une frappa de plein fouet tout le port, et d’après les cris, de nombreuses personnes mouraient. Puis, le sol trembla. Saskamrand souriait. Non, il rigolait. Tout d’un coup, le Roi Ramanka VI se leva et dit :

“Que se passe-t-il ? Pourquoi rigolez-vous ainsi devant le massacre de nos habitants !
– Oh, mon bon roi, sachez que ce qui devait arrivé se passe en ce moment !
– Comment ça ?
– Ne soyez pas idiot, votre Majesté. Vous avez présidé à de nombreux offices religieuses, vous vous y connaissez bien.
– Quoi ? Je ne comprends pas !
– Bien sur, que vous ne comprenez pas ! Après tout, quoi que je vous dise, vous me croyez. Sachez que Trichamkanda nous punit !
– Pourquoi donc le dieu de la magie viendrait nous punir ?
– Que vous pouvez ne rien comprendre parfois ! Nous utilisons extraordinairement beaucoup de magie ce qui est totalement interdit par Trichamkanda, qui punit toute notre civilisation d’avoir fait cela ! Nous partons sous les flots ! Beaucoup de religieux le savent, pourquoi croyez-vous qu’ils meurent depuis peu ?
– Comment ça ? Pourquoi ? Pourquoi voulez-vous nous détruire ?
– Ah, c’est donc ici qu’on voit toute votre naïveté dont vous faites preuve, votre majesté. Vous ne faites que attention à ce qu’un nouveau membre de votre entourage indirect porte un titre de noblesse pour l’accepter, ce qui est une grave erreur, dans n’importe quel contexte. Maintenant, puisqu’il ne vous reste que peu de temps à vivre, laissez-moi vous raconter pourquoi j’ai fait ça, ne m’interrompez pas, je vous prie. Moi, comme mon père, mon grand-père, et tous mes ancêtres et toute ma famille, avons une particularité que vous n’avez pas prise en compte, alors que n’importe quelle personne du village où j’étais serait capable de le dire. Vous souvenez-vous de toutes les fois où vous m’avez demandé de vous accompagner au temple de Kalamranta, et que jamais je ne pouvais ? Je vous disais que j’y allais pendant mes temps libres, c’est-à-dire pas en même temps que vous. En vérité, j’y suis jamais allé.
– Vous avez osé me mentir ? Vous méritez d’être exécuté !
– Vos menaces ne servent à rien, il est trop tard ! En vérité, c’est parce que nous croyons chez nous en Drandsas, mon nom est d’ailleurs tiré de lui.
– Vous croyez en le Démon ! Que vous ne trouviez aucun repos après la mort !
– Laissez-moi finir ce que je dis. Tous faisaient régulièrement des invocations à Drandsas,et quand ce fut l’heure pour moi de pratiquer ma première invocation alors que j’étais encore un enfant, je suis devenu adulte après. Je ne saurais personnellement vous dire si quelqu’un a déjà réussi à appeler le véritable Drandsas, comme en vérité, on rencontrait quelqu’un dans un autre monde, je ne sais pas lequel, duquel on devient lié pendant toute sa vie. Or, moi je me suis trouvé lié à quelqu’un de très spécial. Je ne connais pas son vrai nom, mais c’est lui qui m’a guidé vers le personnage que je suis aujourd’hui. Il fait partie d’un groupe qui se nomme Rune Aspect. Ou une guilde, je ne sais pas comment lequel. J’ai appris beaucoup de choses de lui, dans ma soif de connaissances, et c’est grâce à lui que l’empire d’aujourd’hui s’est formé. En vérité, son but est simple : que tout le monde puisse utiliser la magie, mais nous ne pouvions pas l’apprendre divisés, il fallait être unis. Lorsque enfin l’empire est né, j’ai travaillé avec lui, et vous évidemment, afin d’introduire la magie dans notre monde, afin que tous puissent l’utiliser, et ça a marché. Mais lorsque je me promenait chez les nouveaux savants en magie, j’en ai trouvé un, qui cherchait à voyager jusqu’au monde des dieux, donc effectivement voyager entre les dimensions. J’étais content de l’annoncer à mon Drandsas, mais lui fut affolé, en effet, ouvrir un portail entre les dimensions peut aspirer toute la magie d’un endroit à l’autre, il ne faut absolument pas en créer. Alors je lui ait dit que j’allais immédiatement le faire arrêter de travailler sur ce projet, mais Drandsas était fermement contre. Il disait que si quelqu’un avait eu l’idée, d’autres personnes l’auront si ce projet n’est pas mis au point. La seule façon de faire était d’éradiquer cette civilisation. Alors, j’ai travaillé longuement avec lui afin de trouver une façon de faire cela, et j’ai trouvé, c’est le projet qui va détruire toute notre civilisation. Lui comme moi aimions notre civilisation, mais il faut pour le bien collectif. Mais ne vous inquiétez pas, Drandsas vous donne un dernier espoir.”

Tout d’un coup, Saskamrand se mit à incanter un sort, et en sortit un sceau sur le sol du balcon sur lequel ils étaient. Le roi lui lança un regard interrogateur, auquel il répondit d’abord par un sourire, puis dit :

“Grâce à cela, si jamais quelqu’un vient ici, vous pourrez le posséder, et donner à tous vos habitants cette possibilité ensuite. Maintenant, je vous dis adieu. Sachez que je vous ai apprécié, et que si j’en avais eu l’occasion, je n’aurais pris de telles mesures. Adieu.”

Comme Ramanka tendait la mai vers son grand conseiller, celui-ci s’échappa au travers d’un portail. Il soupira. C’était les derniers temps de sa vie, comme celle de son pays. Le continent coulait sous l’eau qui semblait éternellement monter, tout comme les nouvelles terres à l’horizon. Il soupira, puis jura. Si ce sort marche, il referait vivre tout son peuple. Et ainsi il prit la dague que toujours il portait sur soi et se la planta dans le cœur. Premier et dernier roi de Ormanlenka unifié.

Rencontre du Troisième Type

“Bonjour à tous, mes amis ! Moi, Vincenzo Correlli, dis merci, merci, merci beaucoup à toutes les personnes qui m’ont fait confiance ! Je suis fier de devenir le premier président de notre planète, premier président d’Aardespel ! Ma tâche sera dure, à la sortie de cette longue guerre que nous avons enduré, où nous avons vu nos pères, mères, frères, sœurs, fils et filles mourir. Alors, je vous prie, au nom de notre planète, au nom de notre union, au nom d’Aardespel, de me soutenir face à la difficulté de ma tâche. Il est donc temps pour moi de prendre enfin place dans le palais, qu’un jour de grands dirigeants occupaient, puisse Loetta me guider et me prouver digne de mes ascendants spirituels. À bientôt, peuple d’Aardespel !”

Un homme était en train de regarder un ancien enregistrement. Comme le discours de ce vieux dirigeant se finissait sous les applaudissements et la joie du public, il joignit ses mains, baissa son buste, et murmura quelque chose.

“Encore en train de regarder des relique du passé, Ifrajn. T’es pas croyable. Tu sais pourtant bien que notre monde était destiné à la mort dès la formation de l’union d’Aardespel ?
– Oui, mais si je tuais mon ancêtre, celui qui a créé toute cette organisation ? Enkjolk, tu sais.
– Tu radotes.
– Eh, toi aussi quand tu t’y mets, Pelrankj !
– On ne va pas retomber dans cette discussion… Tu sais, ça fait une éternité qu’on cherche le bon univers où les choses se sont bien passées !
– Aardespel me manque.
– À moi aussi. Mais il faut te faire une raison, ton père a fait tout sauter, on s’est enfuis, sinon on mourait.
– Et mon frère ? Celui qui était dans la Mlakjemnant ?
– Dans un autre univers, on ne saura jamais lequel. De toute façon, tu ne reconnaîtras jamais son descendant. Il faut accepter ce vaisseau comme ta maison, depuis combien de temps je te le dis ?
– Trop longtemps.”

Pelrankj semblait embarrassée. Depuis quelque temps, son mari était beaucoup trop nostalgique. Il faisait des cauchemars, il en pleurait parfois, et elle n’arrivait jamais à le remettre sur pied. Ils avaient voyagé il y a peu dans leur univers, peu de temps avant la catastrophe finale. Ils ont vu la Mlakjemnant s’enfuir et Aardespel exploser, et même leur vaisseau commencer son long, long, long voyage. C’en était trop pour Ifajn, qui avait tenté de garder la tête froide toutes ces années. Désormais, Pelrankj assurait le rôle de capitaine lorsque son mari se retirait. L’équipage était inquiet pour Ifrajn, mais il ne le savait pas.

“Alerte rouge, alerte rouge.” dit soudain une voix dans le vaisseau “Un objet non identifié est apparu dans la direction : haut. La taille est : non mesurable : trop grand. Début de la communication avec le conducteur. Capitaine, donnez la marche à suivre.
– Continue d’avancer, Algrim ! Si l’objet veut nous donner un message, qu’il nous l’envoie.
– Très bien, capitaine.” répondit la voix du conducteur à travers l’interphone
– Capitaine, transmission d’un message binaire depuis : objet non identifié. Sauvegarde du message binaire sous le nom : b_22-4-5126_14-12-56.xr. Extraction du code sous format : texte. Affichage. Capitaine, est-ce que le message était un texte ? Dites oui pour confirmer, non pour infirmer.
– Non.
– Vous avez dit : Non. Est-ce bien cela ? Dites…
– Oui.
– Très bien. Extraction du code sous format : image. Affichage. Capitaine, est-ce que…”

Une série d’image était apparue. Un texte sûrement affiché de manière compréhensible par n’importe qui. Ifrajn lisait quelque chose comme : “Montez votre vaisseau vers le nôtre, nous allons nous rencontrer.” Il y avait ensuite un étrange symbole, puis une série de pixels incompréhensibles, suivis d’une image représentant un son.

“Capitaine, l’attente réglementaire de : 1 minute, a été dépassé. Sauvegarde de l’image sous le nom : i_22-4-5126_14-12-56.lk.
– Sampa ?” demanda tout d’un coup Ifrajn
– Quels sont vos ordres, Capitaine.
– Extrait le code binaire sous format son.
– Extraction du code binaire : b_22-4-5126_14-12-56.xr, sous format son. Diffusion.”

Il y avait une série de bruits étranges, puis soudain, tout un message en une langue inconnue. C’étaient des êtres intelligents. Il demanda alors à l’intelligence artificielle :

“Sampa, transmet au capitaine.
– Début de la transmission. Sauvegarde du document son sous le nom : s_22-4-5126_14-12-56.aa.
– Algrim, monte et va vers le vaisseau.
– Vous êtes sûr, capitaine ?
– Au pire, on active Sheera.
– Très bien, ne prenez pas cette peine.
– Le CID.” dit à lui-même le capitaine. “Je me demande bien ce que c’est…”

Saga de Ivxennil

À l’époque où le royaume n’existait pas, à l’époque où les dragons étaient maîtres.
Ils plongeaient dans une terreur éternelle les habitants du pays, détruisant leurs villages et leurs maisons.
Les dragons vivaient de leur chasse quotidienne de nourriture, prenant un éternel plaisir à tuer ces frêles constructeurs.
Un dragon se souleva contre cette injustice, de sa montagne que Tszakraln a créé au bout de la longue chaîne, haute comme n’importe quel autre mont de la grande rangée.
Ivxennil était son nom, ce grand dragon aux écailles noires et aux yeux bleus vouait un éternel respect pour la vie, protégeant un petit village au contrebas de son territoire.
Le maître de la montagne noire était le seul dragon à avoir invité certains de ses semblables à vivre sur son domaine.
Sa femelle était naturellement la première à l’avoir rejoint, comme le souhaite la tradition dragonne.
Elle se nommait Prakndra et était d’une couleur orange avec des yeux de la même couleur.
Intelligente, elle fut la seule dragonne à adhérer à la philosophie de Ivxennil, la comprenant et la prêchant.
Lors de leur accouplement, Ivxennil avait été en compétition avec un autre mâle, Lnugraj.
Le dragon vert était devenu le vassal du maître de la Montagne Noire et celui-ci lui somma de s’installer sur son domaine et de défendre les alentours du mont de tout danger, d’origine dragonne ou non, et de perpétuer à ses vassaux la même directive.
S’il n’adhérait pas à cette pensée, il la respecta et vécut sur les territoires de la Montagne Noire, protégeant le petit village nommé Pravxrennil.
Un jour, Lnugraj partit du domaine afin de trouver une femelle.
Ivxennil, n’ayant pas été averti de ses plans, plaignit l’infidélité de son vassal et pria Tszakraln de le punir.
Il n’en fut rien comme il revint le soir même, accompagné d’une femelle, Khidnanj, et de trois nouveaux résidents pour la commune de Ivxennil, Llnangr, Ulkdnatsz et Vshknda.
Il fut ainsi décidé que, périodiquement, les vassaux s’en aillent chercher une femelle pour peupler la Montagne Noire.
Les deux couples eurent de nombreux enfants, qui devinrent amis en se côtoyant, chose qui n’avait jamais été possible auparavant.
La ville de Pravxrennil augmenta pendant ce temps de taille comme des réfugiés de villes attaquées par les dragons venaient en cet endroit où ils en sont protégés.
Le roi, Lafltamn, pensant que les dragons de la montagne noire étaient juste plus malins que d’autres, envoyèrent des armées pour les détruire, et pour sauver les habitants en les évacuant.
Ivxennil, ayant entendu cette nouvelle, tua tous les soldats.
Mais un jour, il entendu parler d’une grande menace.
Jebrunjakha, grand guerrier reconnu dans toutes les contrées, partait en croisade contre tous les dragons afin qu’il n’en existe plus.
Il avait déjà tué une dizaine de leurs congénères et d’ici peu la Montagne Noire risquerait de devenir l’un des derniers bastions de la vie dragonne.
Les habitants du village, heureusement, avaient montré leur soutien à leurs protecteurs en leur promettant de résister au chasseur de dragons.
Mais ils n’étaient pas assez forts contre lui, Ivxennil le savait.
Il ne voulait pas que les habitants se fassent tuer, il fallait donc créer une résistance dragonne.
Ivxennil poussa un long cri impressionnant, d’une beauté auditive sans équivalent, qui ne peut être entendu que dans de très rares occasions.
Il appelait les dragons du domaine à la réunion afin de se préparer pour le combat.
Des jours, ils ont débattu, sans pouvoir trouver quelconque accord, mais le danger se faisait de plus en plus proche.
Ils n’avaient toujours pas trouvé de solution à leur problème que déjà les conséquences du génocide des dragons se faisait ressentir.
Un jour, une dragonne et cinq dragonnaux arrivèrent du sud.
Comme Lnugraj s’apprêtait à la chasser, elle dit :
“Frère Dragon, clémence je te prie !
Je viens de la montagne Qir’Tamshk, un chasseur de dragon humain nous a attaqué il y a peu et moi et cinq de mes enfants sont les seuls survivants.
Mon mâle a une fois chassé dans vos terres et, comme l’un d’entre vous l’a chassé, il a remarqué comment vous vous aidiez mutuellement.
Quand l’humain est venu nous défier, il était sûr de pouvoir le vaincre.
Il n’en fut rien.
Comme le chasseur massacrait mes enfants, mon mâle, mourant, s’est souvenu de cet endroit et m’a supplié de fuir avec les enfants qui restaient, jusqu’à qu’il pousse son dernier soupir.
J’ai du laisser quelques enfants afin de pouvoir partir.
Je vous en supplie, laissez-moi vivre ici jusqu’à que la menace se dissipe !
– Vous n’avez pas annoncé vôtre nom, je prends ça pour un gage de fidélité.
Je ne suis pas le maître de cet endroit, je fus son vassal, moi, Lnugraj, suzerain de Llnangr et de Ulkdnatsz, ancien suzerain de Vshknda.
Je conçois votre peine et vous porte clémence, mais n’en abusez pas, sinon feu et colère s’abattront sur vous et votre race.
Je vous emmène voir Ivxennil, fier chef de la Montagne Noire, mais portez-lui le plus grand respect.”
La femelle s’en alla voir le maître de la Montagne Noire, et le supplia de la laisser et ses enfants vivre dans ce domaine, mais quelle fut sa surprise en entendant son interlocuteur accepter rapidement.
“Je ne vois aucun déplaisir à vous accueillir dans mon territoire, j’en suis même heureux.
Vous m’avez même donné une idée quand à comment régler un problème qui nous tourmente depuis quelques jours, par rapport justement au barbare que vous avez fui.
Mais d’abord, je vous prie de révéler votre nom, ainsi que ceux de vos enfants.
– Non, je ne vous ferais pas telle offense !
Mes enfants se nomment Polvt, Kjamtszan, Ikhatnm, Trankr et Shnakm par contre.
– Nulle offense, révélez-moi votre nom, si je vous le demande, c’est que j’en ai pas peur.
Sinon, mon fils Nékhekian et les autres enfants de ma montagne seront sûrement heureux d’avoir de nouveaux compagnons.
– Bien, je me nomme Lkadn.
– Bienvenue alors, Lkadn, mais je vous prie de rester ici, après avoir libéré vos enfants, votre vécu nous sera d’une grande aide pour notre tâche qui est de nous préparer à l’arrivée de l’ennemi.
Bien, je pense qu’il faudrait, plutôt que de lancer une offensive ou de fuir comme on avait pensé, prendre une posture défensive et de rassembler tous les dragons ici, les humains nous le font comprendre, unis, on est plus puissants.”
Après maintes discussions, ils s’accordèrent finalement sur cette idée.
Llnangr et Ulkdnatsz furent chargés de répandre la nouvelle du désastre approchant et de convaincre les dragons de les rejoindre pour former un front commun.
Seul un couple accepta cette proposition, trop peu pour pouvoir avoir un quelconque effet.
Mais comme la Montagne Noire se protégeait, Jebrunjakha faisait de plus en plus de dégâts, et quelques rares réfugiés venaient voir Ivxennil.
Quand enfin le chasseur envoya une attaque sur les terres du nord proches de la Montagne Noire, les dragons des environs reconsidérèrent la proposition de l’ami des humains.
Des couples venaient, jusqu’à que la population adulte du domaine atteigne une quarantaine de dragons.
Ce fut quand Jebrunjakha attaqua le dernier bastion des dragons.
Un émissaire vint en Pravxrennil annoncer la nouvelle de l’arrivée proche du chasseur de dragons.
Immédiatement, l’un des habitants s’en alla dans la montagne noire pour prévenir leurs gardiens du danger approchant, et de leur confirmer leur support.
L’émissaire fut capturé et brûlé vif par les habitants, pour montrer leur colère.
Lorsque Jebrunjakha arriva avec son groupe de chasseurs devant la ville, les habitants avaient pris les armes et les attaquaient.
Mais une rébellion paysanne ne pouvait rien faire contre des escadrons bien défendus, et ce fut un massacre.
Dès que les dragons apprirent la nouvelle de l’arrivée de leur ennemi et de la rébellion paysanne, tout de suite ils s’envolèrent pour attaquer leurs ennemis.
Du sol, le décollage de tous ces grand dragon devait être un spectacle magnifique comme effrayant.
Les dragons, unis, pouvaient se débarrasser de Jebrunjakha.
Celui-ci, voyant la défaite sonner à cause de l’attaque combiner des humains et des dragons, ordonna la retraite des armées.
Croyant à la victoire, les habitants poussèrent un cri de joie, mais les dragons n’étaient pas dupes, le groupe de chasseur reviendra toujours tant que Jebrunjakha sera vivant, et s’il meurt, combien de temps faudra-t-il attendre avant qu’un autre prenne sa place ?
Ce fut place à la joie et à la festivité dans le village, et Ivxennil lui-même resta pour festoyer avec les habitants, mais il fut bien clair en disant que le répit serait de courte durée.
Il exposa certaines de ses craintes aux habitants, qui lui promirent de protéger les dragons quoi qu’il en coûte.
“Mes amis, ne vous inquiétez pas pour nous.
Je ne souhaite pas vous voir tués par cet abomination de chasseur de dragon et ses acolytes.
Nous sommes un grand nombre de dragons dans la Montagne Noire, vous l’avez remarqué, alors nous pouvons nous défendre contre les armées de Jebrunjakha.
Mais j’ai peur que, maintenant qu’il a évalué nos forces, il prépare un plan malicieux.”
Les craintes de Ivxennil étaient fondées, le lendemain, le village brûlait.
L’un des émissaires de Jebrunjakha vint dans le village aider à éteindre les flammes, tout en annonçant qu’il avait vu un dragon passer et démarrer l’incendie.
En voyant le spectacle du haut de la montagne, Ivxennil dit tout haut qu’ils avaient affaire à un ennemi déloyal, et vicieux.
Il s’approcha de son fils, Nékhekian, et lui dit :
“Mon fils, peut-être que d’ici peu je ne serais plus ici pour te parler.
Les dragons sont en danger d’extinction, nous avons affaire à un fanatique qui ne voit que les erreurs de nos congénères.
Mais prends garde à ne pas devenir comme lui, ne mets pas tous les humains dans le même sac, il y en a des bons et des mauvais, comme nous dragons.
Si nous perdons la bataille, je veux que tu fuie vers le nord.
Je ne connais aucun dragon dans le nord, les humains ne les connaissent pas non plus, alors ils ne te chasseront pas jusque là-bas.
Je veux que tu vives pour pouvoir perpétuer ce qui est juste, le respect de la vie.”
Ivxennil appela au rassemblement des dragons, et leur dit que la bataille finale approchait, que bientôt Jebrunjakha arriverait dans la Montagne Noire.
“Nous combattons pour un futur pour notre race !
Je rêve d’un monde où humains et dragons pourront cohabiter sans s’entretuer, et je sais que nous y arriverons.
Prakndra l’a vue, et je porte une foi totale en ce qu’elle dit.
Mais quoi qui se passe, nous devons donner toutes nos forces pour la bataille à venir, peut-être la dernière que nous devrons combattre.
Lorsque Tszakraln nous accueillera, elle saura qu’on aura fait quelque chose de juste.
Allez, mes compagnons, défendons notre peuple !”
La déclaration fut accueillie avec joie par les différents dragons, et ils se mirent tous en place pour le dernière bataille.
S’ils gagnaient, les dragons prouvaient que eux aussi savaient vaincre en s’unissant.
S’ils perdaient, Tszakraln les accueillera sous le signe du triomphe.
Rapidement, les hostilités vinrent, comme l’armée de Jebrunjakha avait profité de l’agitation pour passer au-delà de Prakndra.
La bataille fit rage, et chacun des dragons faisait de son mieux pour survivre, et donner un futur à leurs enfants.
Mais rapidement, les dragons perdaient des éléments.
Jebrunjakha le traître avait attaqué les enfants pendant l’agitation, et les égorgeaient, comme leur peau molle ne pouvait pas encore les défendre contre les armes blanches.
Les femelle, horrifiées, accoururent pour sauver leur portée, mais à ce moment-là, des balistes placées en arrière les tuaient facilement.
Ainsi, le nombre de dragons diminua fortement, jusqu’à qu’il ne reste plus que Ivxennil et Lnugraj.
Afin de se protéger, ils s’envolèrent haut dans les airs, et repensèrent leur plan.
Ils avaient perdus, mais les enfants s’enfuyaient, pour se faire massacrer.
Comme le dernier groupe tentait de s’enfuir, les deux dragons plongèrent pour les sauver.
Lnugraj fut le premier à tomber sous une catapulte, et Ivxennil, dans un acte héroïque, étendit ses ailes afin de couvrir les derniers enfants qui s’enfuyaient.
Une pluie de projectiles s’abattit sur lui.
Nul ne sait ce qu’il a tué, mais il a tenu bon plusieurs attaque, jusqu’à qu’il tombe, ne laissant que trois pauvres dragonnaux derrière, trop loin pour être tués.
“Nékhekian…
Je t’ai prédit notre mort à tous, j’espère que tu fait partie des trois derniers survivants.
Plus aucun dragon ne vit dans nos montagnes, c’est une victoire pour les humains, une défaite pour notre race.
Je t’en prie, ne cède pas à la colère, rappelle-toi mes enseignements, si tu fais la paix avec les hommes, ils t’aideront.
Ta nouvelle génération de dragons va sûrement faire de grandes choses, j’en suis sûr, si tu ne cède pas au mal.
Tszakraln va m’accueillir dans son royaume, mais le vrai travail est ici, dans le monde des morts, mais je regarderais ce que tu feras de ma montagne.
Adieu, mon fils, si tu n’es pas déjà mort.”
Le fier dragon poussa son dernier soupir, comme les humains festoyèrent.
Ivxennil est mort, emportant avec lui la fière lignée des dragons.
Ô, Ivxennil, ton sacrifice ne fut point vain.
Aujourd’hui, nous vivons dans un monde en paix, et cela grâce à toi.
Jamais assez nous pourrons te rendre assez de gratitude pour ton service qui t’as coûté ton futur.
Nous ne pouvons que nous souvenir de ton action, et nous le ferons pour l’éternité.

WoR 2 – Chapitre 1 : Galgaos

J’ouvre les yeux. Il y a un instant, je faisais un contrôle de mathématiques. Sur les statistiques. Je sais que j’ai tendance à m’endormir en classe, mais j’avais pourtant bien dormi cette nuit. Que c’est-il passé ? Je suis sur une plaine avec de l’herbe bien verte. Il y a quelques arbres plantés sur la plaine, et il y a quelques collines. J’étais sur une, visiblement, et au loin je voyais une rivière, d’un beau bleu turquoise comme le ciel, dégagé. Mais le soleil est étrange. Lui aussi semble avoir une teinte bleue. Suis-je sur une autre planète ? Suis-je mort ? La seconde question peut facilement être contredite. Il y a d’autres personnes allongées autour de moi, et si j’étais morte, cela aurait été très étrange. Mais pour la première, pourquoi serais-je sur une autre planète ? Et pourquoi de toute façon ? La magie n’existe pas, je le sais, mais ça s’y apparente tellement !

Je me lève. Je suis dans un endroit étrange, dans des conditions qui le sont d’autant plus, mais s’il y a quelque chose à ne pas faire, c’est de rester immobile. Il y a déjà d’autres personnes qui se sont rassemblées de l’autre côté de la colline, je les rejoins donc. On n’était qu’une vingtaine dans cette réunion, mais comme à notre habitude, c’était bruyant. Comme je m’invitais dans ce groupe, on me regardait. Je vois beaucoup de têtes inconnues, mais aussi connues. Il y a quelques élèves de ma seconde, et aussi d’autres secondes du Lycée, et aussi des personnes que je ne connaissais pas du tout, mais je pense que je vais faire connaissance avec eux assez rapidement.

“Léocadie ?” j’entends.

– Lola ?” je lui réponds, reconnaissant la voix de mon amie.

– Ah, je suis contente que tu sois là !

– Moi aussi, j’espère qu’on restera ensemble !”

Et on se fit la bise. Ayant vu les différentes personnes qui se trouvaient dans la réunion et allongées sur le sol autour de la colline, j’avais deviné que toute ma classe se trouvait ici. Mais si j’avais imaginé que ma première interaction serait avec Lola ! C’est une jeune femme d’origine franco-mongole à la face ronde et aux longs cheveux châtains, dégradant jusqu’au blond au long de son long tapis que sont ses cheveux, qu’elle s’amuse périodiquement à friser. Elle a les yeux bridés marron, témoin de son héritage génétique, et de même une petite taille. Elle est une très bonne dessinatrice, passant le plus clair de son temps à cette activité et son éveil aux différentes langues grâce au Mongol lui permet une meilleure appréhension de celles-ci, son intérêt révélé par son apprentissage avec moi notamment du chinois.

“Bon, je crois qu’on commence à être nombreux, alors je pense qu’il va falloir décider quelle est la marche à suivre.”

C’était Elio qui avait pris la parole. Il est dans ma classe, mais je ne pensais pas qu’il déciderait de prendre les rênes. Il faut dire qu’il est d’un naturel dynamique et extraverti mais aussi il a une certaine perspicacité que je ne pensais pas véridique. Le grand homme a les cheveux noirs toujours coupés relativement court avec une hauteur mise sur le haut. Il a une peau légèrement bronzée, mais celle-ci est cachée par ses habits d’un noir de jais. Il a les yeux de couleur marron, s’accordant bien avec ces dernier. Il est sportif, et dans le cas où on reste dans cette étrange terre, il sera sans nul doute une main d’œuvre utile. Un forme se rapprocha rapidement de lui depuis le bas de la colline. C’est Timothée, sans nul doute son meilleur ami. Il prends rapidement la parole, appuyant son allié afin de ne pas végéter.

“Oui, alors je propose tout de suite qu’on réveille tout le monde afin de bien pouvoir tout préparer, et ce à un rythme soutenu. D’ailleurs, il faut se présenter. Je m’appelle Timothée, je suis comme Elio à ma droite un élève de Seconde 5 au Lycée Nelson Mandela, à Nantes.”

Il y a quelques murmures, sûrement de personnes donnant de même leur identité, mais rien de conséquent. Je pense bien que les deux gars vont nous diriger, en tout cas, ils sont en bonne voie. J’obéis donc à leur ordre, en allant réveiller les personnes que j’avais aperçu autour de moi. Ils étaient heureusement tous français, et je gis différents profils. On voyait un grand roux avec une grande femme avec les cheveux noirs dans ses bras, un petit homme, la face dévorée par les boutons, un homme qui jouait à un jeu démodé sur son portable, où il y avait un cube qui mourait en boucle du fait de son inaction, un petit homme qui, après son réveil, m’a demandé quels films et jeux vidéos je connaissais, et dès que j’en disais un, c’était un mauvais, et enfin une femme au teint légèrement sombre qui chantait le générique originel de Dragon Ball. On voit ça tous les jours. Mais je vis aussi des têtes familières, avec notamment Apolline, Joan et même Faïza, heureusement venue avec son fauteuil roulant.

Il y a quelqu’un au loin. Je vais aller le réveiller. Lorsque j’arrive, Timothée fait de même. C’est un homme de taille moyenne, souvent soucieux de son look. Il a les cheveux de couleur châtain clair, souvent coupés court mais toujours stylisés avec soin, suivant les dernières modes. Il a tendance à se faire plus discret que son ami, du fait principalement de sa voix plus aiguë et de sa taille moins élevée mais cela en aucun cas ne l’empêche de devenir une bête de la soirée lorsqu’une fête est commencée, ce qui est véritablement un reflet de sa personnalité comme souvent il va être ouvert aux liens avec les autres et sait s’amuser, même si son côté relativement travailleur tempère ce trait de caractère. Il est capable de facilement parler en public avec une certaine aisance, même s’il reste à ces moments assez stressé, ce qui laisse prédire une rapide prise de contrôle du groupe.

“Tiens, salut Léocadie ! Ça va ?

– Oui, et toi ?

– Je vais très bien. J’aimerais savoir. Tu penses qu’on va rester ici longtemps ?

– J’aurais envie de dire non, mais je crois qu’on risque de rester ici. J’ai aucune idée de comment on est venu, alors partir me semble impossible.

– Mais comme notre arrivée était si étrange, pourquoi ce ne serait pas la même chose pour le retour ? Si ça se trouve, on va subitement se rendormir et on sera dans la salle de Maths pour finir le contrôle de stats ! Ou alors dans un endroit encore plus étrange que celui-ci.

– Tu marques un point, c’est vrai que cette étrangeté peut se refaire dans l’autre sens.

– Mais je crois qu’il vaut mieux que nous fassions comme si on n’allait jamais revenir. C’est plus prudent.

– J’allais le dire ! Arrête de me piquer mes répliques Tim !

– Héhé. D’ailleurs, tu penses qu’il faudrait qui pour nous gouverner ? Car on ne peut pas devenir des anarchistes.

– Euhm, je ne sais pas, pour tout dire. Mais je crois qu’une république serait le mieux, au moins on peut choisir qui.

– Mais, vois-tu, le problème est que nous ne sommes pas beaucoup. Rares seront ceux qui ne souhaiteront pas devenir président, et ainsi le vote ne sera pas représentatif de la population. De plus, imagine ce qu’on arriverait à faire avec le court temps qui nous est donné ! Peu de choses en vérité.

– Tu as peut-être raison. Mais le temps des mandats peut être allongé, avec par exemple sept, ou même dix ans de règne.

– Toi même as peut-être raison après tout. Bon allez, il faut revenir à la colline !”

Timothée s’en alla, moi le suivant. Il souhaite sûrement devenir le président, vu sa démarche. Mais que veut dire cette histoire de temps ? Je ne sais pas. En tout cas, tant qu’on nous aide à être stable, c’est parfait. J’arrive enfin sur la colline. Il y a beaucoup de personnes en vérité, au moins une centaine, mais c’est Elio et Timothée qui sortaient de la foule, créant une place au centre. S’ils risquent bien d’avoir des rôles prédominants dans la politique de ce qu’on va créer, il est sur qu’ils vont avoir une sacrée concurrence. Jeanne. C’est la plus importante déléguée de notre classe, et l’une des premières à avoir été désignée au vote, et elle est en vérité la seule qui prends sérieusement son rôle, le deuxième, Mahel, ne l’étant que par le titre. Elle est très bonne organisatrice, et qu’elle gagne ou qu’elle perde, elle trouvera forcément une place prédominante dans la politique. Son charisme complète son esprit travailleur, et elle ira souvent faire des travaux assidûment. Cette jeune femme aux longs cheveux sombres bouclés et aux yeux bleu pareils au ciel dégagé est sans doute l’une des plus sérieuses de la classe, mais aussi l’une des plus gentilles et va souvent près des autres, n’hésitant pas à utiliser à son plein escient tout le bon potentiel de la classe, que ce soit au niveau des individus avec notamment l’aide régulière de l’un de nos camarades, Stéphane, pour les cours de mathématiques, ou au niveau de la générosité de la classe avec une levée de fonds afin d’offrir un cadeau à Faïza, qui devait partir mais qui finalement restera avec nous. Si jamais Timothée part en campagne, elle sera sans aucun doute l’un de ses plus coriaces adversaires, qu’il n’hésitera pas à engager.

“Bien, si vous nous permettez, on va se présenter. Je m’appelle Elio, je suis élève de Seconde Cinq au Lycée Nelson Mandela, Nantes. À ma droite vous voyez Timothée, mon fidèle associé qui, comme à ma gauche Jeanne, ma déléguée, viennent de la même classe que moi. Je pense qu’il va être important pour nous de prendre une marche à suivre. Je rappelle que nous sommes arrivés ici de façon inconnue, et que nous ne savons pas si nous reverrons un jour nos proches.” Il fait une pause “Nous devons donc commencer à créer une vie commune et d’ensemble survivre sur cette terre que j’ai décidé d’appeler Galgaos.

– J’approuve ce nom,” continue Timothée “, donc maintenant que nous en avons fini avec les noms basiques, on peut se mettre au travail. Je propose premièrement d’aller chercher le plus de nourriture possible. Nous sommes dans un endroit étrange, donc on ne doit compter que sur nos instincts pour savoir ce qui est comestible. Aussi, je pense qu’il serait important de trouver des brindilles afin de faire du feu ce soir. Ensuite, nous allons devoir nous établir ici en créant une nouvelle ville, dont on décidera le nom plus tard.

– Je me permets de prendre la parole. Je pense qu’il va falloir se séparer en groupes. Le plus grand, comprenant les trois quarts de nous tous, devra aller chercher la nourriture. Évitez les fruits étranges, comme les petites baies sûrement empoisonnées, et je vous recommande de désigner un goûteur, enfin des goûteurs, qui tâchera de ne pas se mettre en danger en d’abord mangeant le fruit tout en ne l’avalant pas. S’il n’est pas déjà trop suspicieux au goût, avalez-le, et vous pourrez voir ce qui se passe. Bref, si je puis dire, que longue soit notre vie à Galgaos !

– Que longue soit notre vie à Galgaos !” réponds tout le monde.

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“Tu crois que c’était une bonne idée de les amener là ?

– L’Oracle l’a dit, il n’a jamais tort.

– Oui mais, je ne sais pas, toute leur vie sera détruite dans leur monde. Celle de leurs proches en tout cas.

– N’es-tu pas celui qui défend la thèse de de la superdivision des univers ?Nos actions n’ont eu de conséquences que dans un univers, et ses descendants.

– Oui, mais quand même. Mais après tout, pourquoi ? Ils vont avoir beaucoup plus de difficultés que nous, qui avions le Préparateur. Que vont-ils nous apporter de bien ?

– L’Oracle m’a dévoilé que le Ré risque de tomber, si on n’agit pas. Tu sais tout comme moi que si ça arrive, on n’aura plus jamais de vie à proprement parler, tout sera l’anarchie.

– Je vois. C’est donc définir un potentiel ennemi pour que le Ré reste avec assez de popularité par la peur des autres.

– C’est aussi simple que ça !

– Mais il faut quand même leur montrer les bases du monde, les aliments. Ils n’ont pas le Lexica Botania du Préparateur !

– Ah, c’est toi l’expert dans ce genre de trucs, moi je ne peux que lire l’Oracle !

– C’est déjà un gros travail que tu as !”

Saga de Ivxennil – Verse 1

 Nous sommes dans les anciens temps du Royaume, peu de temps après sa création. Les dragons sont une menace grande pour le peuple venant de gagner leur souveraineté après la destruction de l’empire Morrhennien. Mais tous ne sont pas des êtres sanguinaires, Ivxennil ne l’est pas par exemple. Ce dragon très respecté vit sur la Montagne Noire où il élève une nouvelle génération de dragons, en leur apprenant comment la vie est importante, et qu’il ne faut pas détruire pour s’amuser. Ivxennil croit en les générations futures pour créer des dragons amis des humains, avec qui il aurait tant aimé se lier. Mais il sait que cette génération de paix n’existera sûrement jamais. Trop de dragons croient à l’impuissance des humains, qu’ils ne peuvent pas les rivaliser.

Le ciel est nuageux ce matin. Il entend l’un de ses enfants l’appeler. C’est Nékhekjan, l’un de ses enfants. Il a des écailles noires comme celles de son père, cause du nom qui est donné à la Montagne, et ses yeux sont d’un orange profond comme sa mère. Son nom est Prakndra et elle est la seule qu’il a pu sortir de la folie des dragons. Lorsqu’il était en train de voler autour de sa tanière, Ivxennil a un jour aperçu une dragonne de couleur rouge attaquer un village aux contrebas qu’il avait protégé jusque-là. Les humains le vénérait comme un dieu comme il a à plusieurs reprises sauvé le village des dragons comme de la famine et des envahisseurs. Il s’envola donc rapidement et s’interposa entre la femelle et le village qui arrêtèrent de paniquer en voyant la figure noire s’approcher et s’occupèrent plutôt d’éteindre les feux.

 Comme il s’y attendait, la femelle se mit face à Ivxennil et le mit à l’épreuve de la battre en duel. Mais il lui demanda d’arrêter d’attaquer le village si elle ne voulait pas être tuée, comme il s’était déclaré leur protecteur. A son grand étonnement, la femelle annonça son nom en hurlant, Prakndra, et s’envola, stationnant au-dessus du village. Généralement, c’est ce qui est fait au début d’un accouplement, elle déclare publiquement qu’elle va s’accoupler et que tous les mâles aux alentours qui cherchent un compagnon doivent se battre pour s’accoupler avec elle. Poussé par son instinct, il s’envola mais se retrouva en conflit avec un autre mâle.

 Voyant qu’elle avait plusieurs prétendants, elle commença la traditionnelle course en partant rapidement dans les cieux. Ses deux prétendants la suivirent alors de près en tentant d’empêcher l’autre de faire de même. Du village, la course devait être impressionnante, on voyait trois filaments noir, orange et vert, qui se poursuivaient, et avec de temps en temps des éclats lumineux alors qu’il commençait à pleuvoir. Après une petite heure de combat, l’opposant de Ivxennil commençait à fatiguer et son rythme de vol commençait à se réduire. Ce dernier redoubla donc de puissance et parvint au niveau de Prakndra et ils commencèrent à s’accoupler. Comme la tradition le veut, l’opposant les suivit afin d’honorer le nouveau couple, et ensuite se rendre à son opposant à qui il doit être un éternel vassal, et s’il trouve une femelle, il devra par honneur s’installer dans les environs de ce dernier et les assister.

 Comme c’était la première tentative d’accouplement pour le dragon vert Lnugraj, comme pour Ivxennil d’ailleurs, alors il deviendrait son vassal, chose qui ne se serait pas passé s’il avait déjà tenté un accouplement : on ne peut être vassal que d’un dragon. A la fin de l’accouplement, le couple et leur nouveau vassal allèrent vers la Montagne Noire afin de faire l’honneur de Vassalité. Ainsi, Ivxennil posa sa patte sur le front de Lnugraj et le griffa, comme la tradition le veut, mais là où selon la tradition Ivxennil ne devait jamais parler à son vassal, il le fit dans sa grande sagesse et dit :

“Tu vois le village en contrebas ? Je le protège. Tu dois faire de même. Lorsque je serais absent et qu’un dragon s’approche du village, tu dois chasser le dragon. Dernière directive, tu dois t’installer ici sur la Montagne Noire.

– Bien, mais pourquoi me parlez-vous ? Vous savez que parler à son vassal, c’est se ramener à son niveau, celui d’un perdant…

– Les vrais gagnants sont ceux qui voient en leurs adversaires non pas des ennemis ou des moins-que-riens, mais de potentiels amis avec qui on peut faire régner la justice. Ma dernière directive que je vais te donner pour le moment est que quand tu aura des vassaux, tu devra leur parler et les inviter ici.

– J’obéirai à toutes vos directives. Maintenant, permettez-moi d’installer ma tanière.

– Allez-y.”

 Cette action de gentillesse était le propre de Ivxennil. Il a toujours tenté de faire comprendre aux dragons que ce genre d’actions est le propre des bonnes personnes, la conduite à respecter. Il a ensuite fait promettre à sa femelle qu’elle aussi protègerait le village si besoin. Aujourd’hui, elle a comprit le dogme de son mâle mais son vassal non, malgré le fait qu’il ait parfois protégé le village. Comme Lnugraj avait trouvé une femelle, nommé Khidnandj il a aussi rapporté quelques vassaux, trois nommés Llnangr, Ulkdnatsz et Vshkndna qui ont été accepté la même promesse que Ivxennil a fait à Lnugraj, faisant ainsi de la Montagne Noire la plus haute concentration de Dragons, avec sept adultes coexistant avec une petite vingtaine d’enfants des deux couples. Toutes ces personnes protégeaient désormais toute la zone aux alentours du village que Ivxennil protégeait, qui s’est renommé Pravxennil lorsqu’un des enfants du village a montré des signes de compréhension des dragons.

 La sécurité de ce village s’est fait connaître aux alentours et des personnes des alentours commençaient à migrer autour de la Montagne Noire et Pravxennil devint une ville importante, un sculpteur ayant même sculpté Ivxennil au centre de la place. Cette petite ville fut la première à annoncer que certains Dragons étaient des amis, mais le roi qui n’était pas d’accord envoya une petite armée aller symboliquement détruire la statue de Ivxennil, mais lorsqu’un des habitants de Pravxennil alla apporter la nouvelle aux dragons, et Ivxennil lui-même alla détruire l’armée. Mais comme grandissait la population de la Montagne Noire, grandissait la peur à l’extérieur voir parfois à l’intérieur que les dragons redeviennent fous et tuent tout le monde, et Ivxennil avait peur que cela cause une rébellion des humains

  Nékhekjan partait voir son ami Jdgramn, un des enfants de Lnugraj. Ivxennil ne se souvenait pas d’avoir eu une quelconque relation avec un autre dragonnau durant son enfance, il ne se souvenait même pas de ses parents. Il était en train de créer une chose encore jamais faite dans l’histoire des Dragons, il créait une civilisation. Chaque mois, l’uns des vassaux de Lnugraj partait chercher une femelle et c’était le moment du retour de Vshkndna, et tous guettaient son arrivée.

Lorsque les dragons virent au loin une forme blanche avec trois autres formes, rouge, violette et bleue, qu’ils surent qu’il s’était accouplé et avait ramené deux vassaux. Tous les enfants étaient excités de revoir Vshkndna et aussi de rencontrer les nouveaux arrivants. Lorsqu’ils arrivèrent, Vshkndna demanda à ses vassaux de se présenter au maître du lieu, Ivxennil, et de créer leur tanière, et lui et sa femelle de couleur violette s’en allèrent dans leur tanière. Les deux dragons rouge et bleu restèrent sur place en cherchant des yeux le dénommé Ivxennil. Lorsqu’il s’avança et déclara son nom, ils s’empressèrent d’aller leur parler.

“Bonjour maître des lieux Ivxennil.” commença le bleu “Je me nomme Glurhajl et je suis vassal de Vshkndna

– Bonjour maître des lieux Ivxennil. Je me nomme Etszaragn et je suis vassal de Vshkndna.

– Bonjour, futurs habitants. Je me nomme Ivxennil et j’étais suzerain de Lnugraj, ancien suzerain de Vshkndna. Je protège la zone aux alentours de cette montagne, tout habitant de la montagne noire doit en faire de même. Ainsi, je m’attends que vous portiez la même attention aux humains que tout le monde ici. Si vous êtes contraints de cela, vous avez aussi beaucoup de liberté et des avantages à vivre ici, vous pouvez par exemple parler avec les autres memebres de notre communauté. Je pense qu les dragons devraient vivre en harmonie avec le monde qui les entoure, au lieu de le détruire. Je ne vous demande pas de spécifiquement être d’accord avec cela, mais je vous demande de suivre les principe basiques, comme ceux par exemple de ne pas se battre et de ne pas détruire l’environnement aux alentours. Je ne vous demande pas non plus d’aider les humains ni de les apprécier, mais de les respecter comme une race qui a autant le droit de vivre que nous. Vous aurez en retour ma protection et celle de tous les autres dragons de cette montagne, que vous vous devez de protéger à tout prix. Je vous laisse désormais créer votre tanière.”

 Les deux dragons s’en allèrent donc. Ivxennil ne pouvait s’empêcher de se sentir heureux comme il voyait son entreprise grandir, mais il se sentait de même inquiet, comme les autres fois lorsqu’il a accueilli des dragons. Il ne savait pas comment ils réagiraient ni s’ils seraient fidèles, cela reste des inconnues. Il ne pouvait que faire confiance à l’avenir et à sa bonne étoile, si fait est qu’il en avait une. Il sentait l’aura de Prakndra se rapprocher de lui. Elle lui dit alors :

“Tu sais, tu es toujours inquiet lorsqu’il y a un nouvel arrivant. Mais ne t’inquiète pas, tu t’y prends bien pour expliquer ton but. Le fait est que j’ai compris où tu voulais en venir, moi qui suis la plus têtue des dragonnes dans le monde !

– Je m’inquiète surtout à propos des humains.

– Pourquoi donc ?

– Te souviens-tu du message que nous a transmis le jeune Tavkhannj ? Que quelqu’un chez les humains commençait à parler de croisade contre les dragons ?

– Les humains d’ici les en empêcheront.

– Les humains d’ici sont contrôlé par un pouvoir distant qui ne sait pas forcément que les dragons ne sont pas tous des monstres sanguinaires, un simple mot de celui-ci les contraindra à nous tuer.

– Les humains n’ont pas le même sens de loyauté que nous, tu me l’as déjà dit. Peut-être que ce défaut aura un avantage comme ils pourraient se rebeller contre l’autorité du roi.

– Le roi aura malgré tout un pouvoir armé plus élevé que les personnes de cette régions. Ils ne forment qu’une petite minorité de ce que j’ai compris, il suffit que le reste du pays soit ligué contre les dragons et alors nous n’auront aucune chance. Et tu as bien remarqué le scepticisme de certains habitants d’ici ? Ils commencent à avoir peur, et tu as bien entendu comme moi le conteur qui est venu nous raconter une histoire traditionnelle. L’humain avait eu peur des démons et les ont détruit. Il suffit qu’on passe pour des démons et on sera détruit.

– L’avenir est clair, j’ai eu une vision montrant des humains qui cohabitaient paisiblement avec les dragons, et qui s’entraidaient.

-Mais à quel coût… la quasi-disparition de notre peuple ?

– Cela n’arrivera jamais, nous restons très puissants par rapport aux humains.

– Il y a pourtant tellement d’armes contre nous, tellement de façon simple de nous éliminer auxquelles je pense.

– Souviens-toi que tu es un dragon, donc tu connaît tes faiblesse, et comment tu vaincrait un autre dragon, or tu n’as jamais été dans la peau d’un humain, donc tu ne connaîtra pas leur point de vue.

– Tu as sûrement raison, mais je suis inquiet.

– Tu avais sûrement d’autres inquiétudes auparavant toutes aussi importantes que celles d’aujourd’hui, pourtant tu es un dragon, donc ces scénarios ne se sont pas passés.

-Il serait pourtant tellement facile de les faire mal tourner…

– Comme tout. Pense au présent plutôt qu’à l’inconnu, tu profitera mieux de ta vie.

– Si tu le dis…”

  Ivxennil restait tout de même inquiet. Les hommes étaient en train de riposter contre ce que leur ont fait les dragons durant des siècles, et Prakndra souhaitait qu’il laisse la vie couler. Il se dit qu’elle n’avait finalement pas tort. Cela ne servait à rien de s’inquiéter pour quelque chose à quoi il ne peut rien. De plus, il avait d’autres choses à faire, il devait honorer le nouveau couple et aussi préparer le départ de Llnangr, il devait aller chercher une femelle maintenant que Vshkndna était revenu. Il sortit donc de sa tanière et s’attela à ces taches.