Voir la Mer, IV

IV.

J’ouvre les yeux et soudain, je ne vois qu’une chose au loin. Un grand tapis bleu. Il y a des plaines, mais derrière, du bleu. Du bleu à perte de vue. Un petit bout de terre sortant de ce qui n’est sinon que du bleu, mais c’est tout. Du bleu, du bleu, que du bleu, sans bout quelconque. C’est vaste et infini… Comme la terre l’était la première fois que j’ai volé sur mon dragon. C’est une sensation tellement spéciale qu’on ne la vie qu’une fois dans sa vie. Mon dragon commence à perdre de l’altitude et déjà le bleu me semble encore plus infini qu’il ne l’est déjà. Est-ce ça l’Océan ? Déjà, le Lac sur lequel on était juste avant était la plus grande étendue d’eau que j’avais jamais vu, mais là, c’est à couper le souffle. On attérit tous sur la plage, et je ne trouve aucun mot pour décrire ce qu’il se passe dans mon cœur.

“Je n’arrive pas à croire que c’est ça l’océan.” déclare Kain

– Il y a tellement d’eau là, il n’y aura jamais de sècheresse, c’est pas possible !” ajoute Izei

– J’aime le bruit que ça fait, c’est régulier et apaisant.” dit Jason

– Mes yeux se perdent dans l’horizon… il n’y a véritablement rien derrière ?” demande Adelmire

– J’ai beau être déjà allé dans ce pays, c’est la première fois que je vois ça.” avoue Bly

– C’est comme un éternel tapis bleu…” je continue

– … “nous gratifie Levente en son silence éternel

Tout le monde est visiblement impressionné par ça. Je me retourne, et c’est une autre beauté qui plait à mes yeux, celle du soleil qui se couche sur l’horizon terrestre. Cet endroit est magnifique. Tellement que je souhaiterais y rester toute ma vie. Horizon de terre comme horizon de mer, jamais je n’ai vu une telle beauté sur Terre. Mais malgré tout, cette île au loin m’intrigue. Qu’est-ce que c’est ? Pourquoi est-elle là ? En tout cas, je pense que ce serait parfait comme endroit où s’installer, comme on sera entourés par l’eau.

“Bon, il va falloir s’installer pour demain.” déclare Adelmire “Vous m’aidez à sortir la Yourte ?

– Adelmire, il y a une île là-bas, tu crois pas qu’il serait mieux d’y aller ?” je demande

– Oh oui, bonne idée Aage !” m’appuye Kain “Tu n’arrête pas d’avoir des bonnes idées en ce moment, c’est génial !

– Mais il n’y a sûrement pas assez de place…” proteste Adelmire

– Mais si. Il y en a assez, Adelmire. Aage a des bonnes idées, alors ne lui fait pas perdre le flow ! C’est juste toi qui dois avoir peur d’être isolée…

– Oui mais c’est plus fort que moi, je ne peux m’en empêcher, Kain. Alors, tais-toi.

– Qui d’autre est d’accord avec Aage ?”

Plusieurs mains se lèvent à la demande de Kain. En vérité, toutes sauf celles d’Adelmire. Vaincue, elle déclare qu’il faut y aller rapidement si on ne veut pas voler dans la nuit, ce qui est dangereux. On remonte alors sur nos dragons et avons le droit à nouveau à une glorieuse vue de l’Océan.

On arrive vers la petite île aux bords du monde. Elle n’est pas très grande, mais l’est déjà plus que notre capitale. Il y a contre toute attente quelques bâtiments au nord de l’île, sûrement un petit village de pêcheurs, ainsi qu’une étrange construction en pierre en son cœur. On attérit sur le sud de l’île et on aide Adelmire à monter la Yourte.

C’est une courte construction en bois et en toile, mais assez grande. Il faut monter en premier lieu les treillis de bois arrangés de manière circilaire, en plantant les pieux qui sont taillés en bas du bout de bois dans la terre, puis on continue à décharger le bois accroché à Zeir pour pouvoir créer un toît aux lattes faisant comme les rayons du soleil, et laissant un petit trou circulaire au centre, qu’on fixe grâce à une pièce de bois taillée. Ensuite, on place les draps au-dessus de la charpente tandis que d’autres s’occupent de mettre un tapis par terre et de préparer nos couches. La nuit tombe lorsqu’on a terminé de monter la Yourte, et alors que certains vont chercher des bâtons dans le petit bosquet présent plus profondément dans l’île, on s’installe dans la yourte et commençons à discuter. Quand Kain, Levente et Jason reviennent avec plein de bois dans leurs mains, ils le déposent au centre de la construction, et Kain allume le feu.

“Ça me rappelle les fois quand on allait en expédition pour le Roi, quand Roynder n’était pas là encore.” déclare Kain

– Oui, ça me manque un peu ce genre d’expéditions.” ajoute Adelmire “Vous vous souvenez de la fois quand Aage venait d’arriver ? Il avait eu super peur avec les loups qui traînaient !

– Oui, je m’en souviens, j’avais eu super peur. Mais bon, quand même, des loups.

– Tu te souviens pourtant bien de Klamir, non ?” demande Kain

– Oui, mais, il avait l’air gentil. Et il était tout seul.

– D’ailleurs, Klamir commence à être vraiment vieux pour un Loup.” pointe Adelmire “Il ne doit pas mourir ? Je suis presque sûr que ça ne vit pas 8 ans adulte.

Kain lui adresse un regard noir et celle-là se confond en excuse. Mais ils ne savent pas que Klamir est le père de Kain. Ils l’ont toujours pris pour un simple loup domestiqué. Alors la discussion change de sujet, se centrant sur ce qu’on va faire demain. On prévoit d’aller se baigner, naturellement, mais aussi de faire le tour de l’île, éventuellement rencontrer les habitants. Et on va voir ce qu’est l’étrange construction au centre de l’île. En bref, on compte bien profiter de ce voyage. On ne parle pas longtemps avant qu’on aille s’endormir. On s’est réveillé tôt, on est fatigués, et pas question de gâcher la journée de demain.

***

“NON MAIS ARRÊTE, NOM DE LA TRINITÉ ! Tu vas tout casser ! Quand la Yourte tombera sur le feu et que tout brûlera tu ne te sentiras pas intelligent ! Maintenant, arrête de t’appuyer sur les parois… Non mais nom de tous nos dieux, TU VAS ARRÊTER, OUI ?

– Tu es celle qui fait le plus de dégâts, tu réveille tout le monde.

– C’EST PAS UNE RAISON POUR CONTINUER, IZEI !

– Bon, je me décolle.

– Ah. Enfin tu es raiso… MAIS ÇA VEUT PAS DIRE T’APPUYER SUR L’AUTRE CÔTÉ !

– Bah, tu m’as demandé de me décoller. Pas de jamais me recoll… AÏE !”

Izei sautille à travers la yourte, se tenant les fesses, et je vois Kain de l’autre côté de la pièce se tenant sur son coude avec un sourire collé à son visage. Le pyromancien se lève, et comme il s’étire, dit :

“Tu sais, Izei, il faut pas réveiller tôt ceux qui veulent le lever tard. C’est jamais une bonne idée.

– Mais comment ça, c’est ma faute, c’est Adelmire qui a hurlé !

– Et c’est de bonté de cœur qu’elle l’a fait.

– Bah oui, elle a le droit.

– T’es incorrigible, tu sais ?

– Bon, les gars, comme tout le monde de réveillé, j’ai besoin de quelqu’un de confiance pour monter la garde pendant que je vais chercher de l’eau.” déclare Adelmire

– J’y vais.” se propose immédiatement Kain “Dès que je me serai habillé.

– Fais-le rapidement. Je n’ai pas l’intention de laisser la Yourte à un fou ni à un muet.

– Hey !” proteste Izei “C’est de qui qu’on parle ?

– C’est qu’il s’est reconnu !” le nargue Kain alors qu’il s’habille “C’est bon, je suis prêt.”

Kain s’équipe de son épée alors que Adelmire s’en va du bâtiment, qu’il suit peu après. Je m’habille rapidement et vais au centre de la Yourte pour piquer un peu dans les vivres. Je prends un bout de Nalbaro et, prenant mon glaive, je vais dehors pour accompagner Kain dans sa garde.

Quand je sors, je suis accueilli par la vue du paysage magnifique qu’est l’Océan. L’herbe à mes pieds se transforme que peu après en sable, qui forme les berges de cette grande mer, sur lesquelles de grandes vagues s’écrasent. Leur balancement régulier est un bonheur pour les oreilles, et c’est un état semi-méditatif qui succède à cette sortie.

“Oh, tu es sorti Aage ?” m’interpelle Kain

– Oui, je me suis dit que ça serait bien de te tenir un peu compagnie.

– Merci.

– … Hier on a parlé de ton père. Tu ne t’es pas senti trop mal ?

– Non, c’est bon. J’ai juste pas aimé ce qu’a dit Adelmire, mais elle ne peut pas savoir.

– Tu sais, il va falloir un jour leur dire la vérité.

– Je sais, mais je ne veux pas là. Chaque chose en son temps. En ce moment, je suis plus inquiet à propos d’Adelmire. J’espère qu’elle ne prendra pas de l’eau de mer.

– Oh, elle doit savoir que ça ne se boit pas. En tout cas, j’espère.

– Oh, je pense qu’elle prendra l’eau de la rosée. Ça doit en plus ne pas manquer en humidité les environs !

– Eh, j’espère… Tiens, en parlant du loup, on en voit la queue. Elle arrive. Adelmire !” crie-t-il soudainement “Viens, on a soif !

– Oui, c’est lourd tu sais !” on entend Adelmire au loin “Aage, viens m’aider !

– J’arrive !”

Je viens vers elle et je lui prends la bassine des mains. Elle est lourde, je comprends pourquoi elle a eu des difficultés, mais avec ma magie, ça ne devrait pas être un problème. Je me redirige donc vers la yourte, afin d’y placer l’eau.

“Adelmire, t’as pris quelle eau ?” demande Kain alors qu’on arrive à côté de lui

– Je l’ai pris de la rosée, comme d’habitude. Et c’est bien, ici puisqu’il y a la mer à côté, c’est très humide.

– Ah, j’avais peur que tu avais pris de l’eau de mer !

– Tout le monde sait qu’il ne faut pas en boire, Kain. Même moi, tu sais ?

– C’est bon. Je m’inquiétais juste un peu.”

Je pose la bassine à côté de l’ouverture puis annonce à la cantonade dans la Yourte que l’eau est arrivé. On prépare ainsi les gobelets et tous prennent un verre d’eau. Lorsque tout le monde a mangé et s’est habillé, on sort tous de la Yourte pour aller vers la plage.

Voir la Mer, III

III.

On a volé pendant bien plusieurs heures, avec pour chacun comme seule compagnie leur dragon, quand enfin la pluie s’arrête pour laisser la place à un ciel nuageux. De longs champs entrecoupés de villages et de bois s’étendent à mes pieds. C’est vraiment beaucoup plus peuplé que chez nous !

“Ici Mofaro, ordre d’atterrissage de Adelmire. Plein est, grand bosquet le plus proche de nous, visuel supposé de la part de tous. Dans deux minutes environ, piqué en courbe parfaite. Raison, pause déjeuner, halte pour se reposer ainsi que les dragons. Stop.”

Mofaro est l’exact opposé de Adelmire. Ce dragon est malpoli et de détaille jamais sa pensée, il effectue toujours à la lettre les ordres. Jamais rien ne peut le détourner de son idéologie, et cette peste n’hésite jamais à insulter les autres, de son habituelle cynique manière. Je la déteste véritablement.

“Ici Lalyby, pour une protestation de la part de Bly. Il signale qu’il y a la capitale du pays pas loin à l’est, on devrait facilement y trouver de quoi manger ainsi que de quoi abreuver nous dragons sur les bords du lac. Je laisse aux directives de Adelmire décider de notre marche à suivre.”

Bly a décidé de résister à Mofaro ? Intéressant. Mais cette protestation ne risque pas d’être validée, connaissant le dragon, ou si elle l’est, ce serait véritablement impressionnant, ou bien Adelmire aura fait interférence.

“Très bien,” dit la voix de Mofaro “Adelmire accède à la demande et l’approuve. Mais Lalyby devra donner les instructions de vol, je ne connais pas cet endroit.”

Eh bien, impressionnant. Ce que je pensais être impossible s’est produit juste devant moi. Mofaro vient juste de changer d’avis. Mais je ne sous-estime pas l’interférence de Adelmire, évidente. On continue ainsi de voler plus loin comme le soleil atteint le zénith. S’étendent sous nos pieds des champs à perte de vue, et comme on arrive vers l’est, un large tapis urbain, à côté d’un fleuve et d’un grand lac. La ville qui s’étend est beaucoup plus grande que la capitale des dragonniers, bien plus tentaculaire, et s’étendent, en tant que conurbation sûrement, tout autour du lac et des fleuves qui en sortent. C’est la plus grande ville au monde, et elle n’usurpe pas son titre. Comme on descend vers une berge du lac non urbanisée, le bruit constant commence déjà à se faire entendre. On commence à voir les nuées de personnes agglutinées dans les rues des villes et des détails dans les toits des maisons, révélant des cheminées nombreuses par bâtiment.

On atterrit enfin dans ce coin plutôt calme des bords du lac, où on laisse les dragons. On ne peut pas les emmener dans la ville, ce serait véritablement problématique comme les personnes nous reconnaîtraient immédiatement comme des étranges. Sans eux, ce sera peut-être moins évident. Il fait chaud, beaucoup plus chaud que chez les dirigeants à la même heure, alors que pourtant le sol est humide. On va vers les murs de la cité et on les traverse, pour arriver dans la foule. On n’entend pas parler notre langue, et le bruit constant est envahissant. On suit la masse de gens déambulant dans la ville en essayant de rester groupés. Il fait plus chaud dans le cœur de la ville que dans l’extérieur, une chaleur plus qu’étouffante.

Sur les côtés, des bâtiments construits en terre cuite s’alignent, aux toits plats. Il y a des escaliers qui mènent au toîts où on entre dans des maisons, en côtoyant les cheminées de celles du bas. Sur le niveau final de chaque bâtiment un toit en tuiles de terre cuite orne ces maisons, mais sur les toits-terrasse se trouvent parfois quelques petits commerces, identifiables grâce à un auvent de toile et de bois. Bly nous affirme qu’il n’y a pas que ces enfers avec des bâtiments en toit-terrasse dans la ville, c’est parce qu’on est dans un quartier avec des minorités venant du nord.

On repasse encore un portail et c’est presque une ville différente qui s’offre à nous. Les rues pavées plus faciles à marcher dessus que les routes de terres précédentes forment la démarcation entre d’imposant bâtiments construits en terre cuite, chaume et bois, aux toits en tuiles canal orangées. Les routes deviennent tout de suite plus aléatoires et ainsi la foule se disperse dans les coins de la ville. Des écriteaux pendent des côtés des bâtiments, indiquant tel ou tel commerce, mais on les ignore comme on suit Bly, sûrement un fin connaisseur de la ville. Comme on continue à naviguer entre les rues étroites de la ville, on débouche soudain sur une assez grande place, surplombée par, sur une colline, un château. Tous les panneaux restent incompréhensibles mais Bly nous indique qu’on est dans la Place Royale, avec le château de l’empereur juste à côté. Il nous demande ensuite de rester sur la place comme il entre dans un commerce.

“Cette ville est magnifique !” s’écrie soudain Kain “Elle n’a rien à voir avec Kundaln ! Elle est beaucoup plus grande et dynamique !

– Moi je la trouve étouffante.” dit Adelmire “L’air est trop chaud et il y a trop de monde.

– Mais après toi tu viens des montagnes, alors je ne veux pas dire…

– Moi je trouve son ambiance assez spéciale, et variée.” ajoute Jason “On a ici une ville assez paisible, soyons honnêtes il y a tellement de rues que la foule est obligée de se diviser énormément, et une ville super-dynamique dans le quartier par lequel on est entré dans la ville. Je suis sûr qu’elle est tellement variée qu’il y a un endroit pour tous les goûts. Souvenez-vous de l’endroit où on a atterri !

– Oui il y avait des petites communautés, et ça ça me plaisait.” avoue Adelmire.

– C’est bon, j’ai notre déjeuner !” annonçe Bly comme il revient d’une boulangerie.

Il a dans ces mains un panier avec du pain, mais très étrange. D’abord, il était sculpté de façon fine et longue, ce qui est étrange, et de plus, le pain est d’une bizarre couleur jaune-orangée. Où sont mes boules de pain noir ? Quel est ce pays pour pouvoir rater de la nourriture aussi facile ? Je ne suis pas le seul à avoir un recul, un certain dégoût. Même Izei, pourtant celui qui va toujours être le premier à tester les trucs étranges a mis un pas en arrière.

“Ne vous inquiétez pas !” tente de nous rassurer Bly “C’est un pain différent mais je vous assure qu’il est bon ! C’est du Nalbaro, un pain traditionnel d’ici, et c’est très bon, en tout cas plus pratique que les Boules de Pain Noir pour la consommation.”

Comme pour illustrer ses propos, il arrache un bout de la Nalbaro et le mange, et exagère sa réaction positive. Il en arrache un autre et nous le tend. Mais c’est que ça sent bon ce truc ! Alors que je commence à lever mon bras, Izei s’en empare d’un bout et commence à le manger. Comme Bly nous tend d’autres morceaux, Izei s’improvise critique culinaire :

“Hmm, il y a un bon équilibre des textures. La croûte croustillante et lisse contraste avec la douceur de la mie. Le goût est moins salé que le Pain Noir mais gagne en richesse sur les autres goûts, notamment en umami. La cuisson de la pâte est très bonne et la forme de ce pain permet de plus facilement donner aux amateurs de croûte. J’aime.”

Izei a raison, ce pain est très bon. Il a beau être repoussant mais il sent bon, et son goût est encore mieux. Je préfère le Pain Noir, mais alors celui-ci devient immédiatement l’un de mes favoris. Et il est super pratique pour la consommation, avec sa forme longue à déchirer.

On déjeune donc en utilisant ces bons Nalbaro puis, avant qu’on ait le temps de se perdre dans la ville, on revient vers nos dragons, qui semblent avoir attiré l’attention de quelques personnes qui s’en sont rapproché.

“Ils avaient l’air sympathique, alors on a demandé à Lalyby de leur demander de venir.” raisonne soudain la voix de Zeir “Et on avait raison. Ils sont mignons à nous regarder avec leurs yeux de merlan frit !

– Bah au moins vous vous êtes occupés pendant notre absence, vous ne vous êtes pas ennuyés ! Ça s’est bien passé sinon ?

– Tout bien. Mais Grand Tszakraln ! Cette eau est super bonne pour se baigner et pour boire ! Elle est chaude, douce et bonne. Je l’adore ! Il faudrait construire une Dragonnerie ici !

– Si seulement c’était possible… Moi j’ai goûté à un type de pain succulent. Ça change du pain noir, ce Nalbaro que ça s’appelle, mais j’en remangerais bien un bout. Enfin, je crois qu’aucune boulangerie à la capitale en produit.

– Bah t’as qu’à en faire une nouvelle !

– Pff… Tu parles… Mais c’est comme la Dragonnerie ici, c’est pas possible.

– Tu crois pas que c’est ton réalisme trop poussé qui te force à croire qu’on ne peut pas ? Or tu oublies que techniquement, tout est possible. J’ai d’ailleurs eu une discussion sur ça avec L… Lalyby. Elle me disait que si on cherche à être trop réaliste, on oublie l’existence des bonnes options, et si on est trop idéaliste, on ne fait rien de sa vie.

– Oh, je ne la savais pas si philosophe. Tu me rappellera de parler avec elle ?

– Euh… Ou…oui. Bref. Tu montes sur moi ? Il va falloir y aller.”

Comme tout le monde, je monte sur mon dragon, laissant les spectateurs émerveillés pantois. Adelmire crie à tout le monde qu’on va bientôt démarrer, et comme les dragons se prépare, les spectateurs se reculent, je pense qu’ils ont été prévenus par l’un des dragons, et ainsi, comme Adelmire crie qu’on y va, tous les dragons redécollent. Ça doit être un spectacle magnifique d’en bas.

On voyage pendant longtemps au-dessus de ces terres étrangères. Les champs, les forêts, les pâturages et les villages défilent sous nos pieds. Bientôt, on arrivera à notre destination. Bientôt…

Voir la Mer, II

II.

Je me réveille. La pièce est calme, noire, mais j’ai mal au dos. J’ai pas l’impression de dormir sur mon matelas tout doux, mais plutôt sur quelque chose de rigide, et dans une position étrange. Aussi, la pièce n’est pas si calme, j’entends une peu bruyante respiration.

J’ouvre les yeux. Je commence à entrer dans le mouvement qu’accompagne la journée. Je me rappelle désormais, j’ai discuté jusque tard avec Jason, et j’ai dû m’endormir sur ma chaise. Devant, il doit il y avoir l’autre loir, et entre nous, une table avec toute la vaisselle posée dessus. Pourtant, elle n’est pas là. Les serveurs nous l’ont débarrassé pour nous ? Génial. Quelqu’un toque à la porte.

“Aage ! Il est l’heure de partir ! D’ailleurs, t’as vu Jason ? Il n’est pas dans sa chambre !”

C’est une voix féminine, sûrement celle de Adelmire. Mais… Si elle vient ici, ça veut dire qu’ils ont déjà déjeuné ? J’ai dormi combien de temps ?

“Déjà ?” j’improvise “Attends, je ne suis pas près ! Il faut que… je m’habille !

– Eh bah, t’es lent ma foi !

– Parfois j’ai bien envie de prendre mon temps, et aujourd’hui est l’un de ces jours.

– T’aurais pu le faire hier, ou demain, je ne sais pas, mais pas aujourd’hui !

– Si tu continues à me râler dessus, je ne vais pas pouvoir m’habiller.

– Hmpf… très bien…”

J’entends ses pas s’éloigner de ma chambre. C’est bon, le danger est écarté. Je secoue Jason, afin de le réveiller, et le voilà qui râle. Mais comme il émerge, il se rends compte qu’il ne s’est pas endormi ici. Lorsque j’estime qu’il est bien réveillé, je lui expose la situation :

“Alors, on n’a pas de temps à perdre. On a dormi trop longtemps, et donc on va mettre tout le monde en retard, alors on va faire comme si on était déjà réveillé. Tu vas me prendre l’une de mes tenues…

– Pas question ! Je vais prendre la mienne, je suis bien capable de passer sans me faire remarquer !

– Je te rappelle que tu es de l’autre côté de nos quartiers. Les chances que tu te fasses découvrir sont très élevées, surtout que Adelmire vient de passer ici.

– Oui mais quand même. J’ai qu’à leur dire que je suis venu chercher quelque chose chez toi.

– Et quoi alors ? J’ai rien chez moi qui pourrait faire l’affaire.

– Des chaussettes, banane. J’ai oublié tes chaussettes chez toi.

– Très bien, trèèès bien….

– Donc j’y vais. Allez, à dans peu de temps !

– Attends ! Et la nourriture ?

– Je suis expert à ça. Le nombre de fois que j’ai pris du rab dans la cantine de la dragonnerie, tu n’imagines même pas. Et je vais t’en donner.

– Bon, merci. Ne prends pas trop longtemps, Adelmire sera verte.

– T’inquiètes !”

Et Jason ouvrit la porte, une de mes paires de chaussettes à la main. Je vais m’habiller, même si mon ventre me réclame de la nourriture. Quand j’ai ma tenue de dragonnier enfilée, je vais vers Zeir, il va falloir profiter de ces courants favorables matinaux.

“Alors c’est bon, tu viens enfin ?

– Oui, oh, on a discuté tard avec Jason !

– Trop tard, je dirais même. Maintenant, Adelmire va savoir que tu peux être un gros menteur…

– Je t’interdis de dire quoi que ce soit à Mofaro !

– Et qu’est-ce qu’il se passerait si je le faisais ?

– Je ne te parlerais plus toute une journée.

– C’est pas comme si tu me le faisais parfois, sans aucune raison quelconque.

– Bah… alors une semaine !

– Me fait pas peur.

– Un mois !

– T’en serais incapable.

– Non mais, comment oses-tu me sous-estimer ?

– Et toi, comment oses-tu te surestimer ?

– J’en ai déjà marre… Ne dis rien à Mofaro, car sinon je vais te faire une punition que tu regretteras.

– Tu sais, je peux lire dans tes pensées, et je vois bien que tu ne sais pas quoi me faire.

– Que t’es énervant quand tu t’y mets…

– Bref, cela à part, je suis déjà sur la piste de décollage, vous avez intérêt à être rapides, sinon vous allez énerver tout le groupe.

– Oui, je fais ce que je peux. Par contre, pour Jason, je ne peux rien dire.

– Hmm… je pense qu’il sera rapide. Il est vraiment bon, quand il s’y met.

– Je présume.”

J’ouvre la porte et arrive sur la piste de décollage, petite cour sur la muraille protégeant la cour du bâtiment. Tous les dragons y étaient, rendant la place sur cette petite cour haute presque inexistante. Je me faufile à travers les dragons pour atteindre le mien, beau et grand dragon couleur de Pierre. Tous les dragonniers déjà présents sont sur leurs dragons, et comme je grimpe sur le mien, j’entends Kain à côté, sur son dragon petit par rapport au mien, qui m’interpelle :

“Aage ! On fait la grasse matinée ? Même moi j’ai été plus rapide !

– Oh, ne commence pas…

– Sinon, à propos de notre sujet d’hier matin, que penses-tu de la Lycanthrane ?

– Ah oui, la Lycanthrane ! C’est vrai ! Honnêtement, il faut que le Roi interdise sa circulation. T’as vu comme c’est rapide ?

– C’est pour ça que seul mon père a été transformé, sinon, ne t’inquiètes pas je ne serais pas là !

– Mais bon, je pense qu’il faudrait prendre un peu de Lynargie.

– Pourquoi ?

– Ça a des propriétés apaisantes sur la métamorphose. Après tout, pourquoi ta mère en prenait ?

– Oui, c’est vrai, ça lui permettait d’empêcher ses transformations convulsives, au cas où afin d’éviter qu’on la chasse. Même que mon père et elle avaient souvent des disputes sur la Lynargie, car il n’empêche que ce n’est pas gratuit. Elle se sentait bête à ne rien pouvoir révéler.

– D’ailleurs, je me demande, comment ça se fait que tu sais autant de choses sur ta mère ? Tu n’es pas un métamorphe, donc je ne vois pas pourquoi elle te l’a dit…

– Pas ici.

– Très bien. Sinon, j’ai découvert une nouvelle plante alors que j’étudiais les livres d’herbologie d’ici. Ils sont vraiment bien fournis.

– Ah oui ? C’est quoi ?

– Des Stonarines.

– Je connais les Baies Stonara mais pas les Stonarines. Tu peux m’en expliquer plus ?

– Bah en fait, Stonarine c’est l’ancien nom pour Stonara, mais je fais la différence parce qu’il est marqué sur le livre que, je cite…

– Tout le monde !” crie Adelmire “On va démarrer maintenant ! Jason est arrivé, donc ne perdons pas de temps avant que les vents d’ouest tombent ! Je suis la cheffe de file, donc il ne faut pas défaire la formation ! Démarrage !”

La voix puissante d’Adelmire est toujours aussi imposante lorsqu’elle démarre ses directives. Elle a toujours deux visages : celle de elle en tant que personne, empathique, et elle en tant que cheffe du groupe, directe. C’est elle la plus douée en vol, malgré le fait que son dragon soit de type terrestre. Elle a beau manquer la vitesse que j’ai et la souplesse qu’a Bly, elle est toujours particulièrement bonne à tenir un cap, à dévier si possible, et a un bon temps de réaction. Comme on dit, le dragon ne fait pas le dragonnier.

On s’envole un à un, comme il commence à pleuvoir. En plein mois d’eau, les journées sont courtes et pluvieuses, et ainsi il fait encore bien sombre. Je pense que Adelmire tenait à partir tôt surtout pour éviter de se faire repérer par d’autres dragonniers, et dans cette optique, la pluie est une bénédiction comme ainsi on est encore moins susceptible de se faire attraper. Maintenant donc, la question est celle de la vitesse : en combien de temps arriverons-nous à quitter les endroits quadrillés ?

Voir la Mer, I

I.

“Oh ! Que ça m’énerve de rester ici à ne rien faire !” râle Kain
– On n’y peut rien, Roynder est endormie… On ne peut pas la quitter comme ça !” répond Jason “Mais là il faut faire autre chose, je commence à m’ennuyer…
– Vous pensez qu’on peut faire une petite sortie de deux jours ?” je propose “Juste un petit voyage pour se changer les idées et on revient ?”

Tous me regardent d’un air étrange. Sauf Izei. Il est fasciné par ses mains, visiblement. Kain semble heureux, après tout, il est toujours content quand on est d’accord avec lui. Jason, lui, est bien moins content.

“Qu’est-ce que tu insinue, Aage, qu’on abandonne Roynder comme ça ? Sur un coup de tête ? Je suis, désolé, mais c’est pas comme ça que ça marche.
– T’as le pouvoir de voir dans les rêves, et je suis sûr que tu es déjà allé dans les rêves de Roynder, comme d’habitude.” lâche Kain “Alors, tu dois pouvoir savoir quand elle se réveillera, l’expert !
– Non, je ne le sais pas, justement, je ne suis pas très bon à ça. Alors, si tu veux, va à la capitale chercher un expert des rêves pour savoir quand ta bien-aimée va se réveiller !” réplique Jason sur un évident ton de moquerie
– Bon, les gars, calmez-vous !” s’interpose Adelmire “On va y aller et c’est tout.
– Moi je ne suis pas accord.” conteste Jason “On ne peut pas abandonner Roynder ainsi, surtout si elle se réveille comme ça, sans prévenir.”

La porte s’ouvre soudain. Apparaît un homme, relativement petit pour son âge, aux cheveux d’ébène bien tenus à la manière traditionnelle. Il est habillé d’une tunique renforcée, et son regard couleur d’améthyste contraste avec une peau bien blanche. C’est Eden, les frère d’Adelmire, qui rentre peut-être de ses travaux de campagne, d’organisation ou qu’il passe peut-être par là.

“Alors, de quoi parlez-vous ?
– D’aller lâchement abandonner notre amie en convalescence afin de tuer le temps.” répond Jason
– D’aller faire un petit voyage afin de se changer les idées.” rectifie Kain
– Je vois, il y a un désaccord. Vous ne faites pas un vote ? Comme ça, on verra ce que vous allez faire !
– C’est vrai, j’y ai même pas pensé !” approuve Adelmire “Mais tu ne viens pas avec nous ?
– Je verrai selon ce qu’il se passe.
– Très bien. Qui vote contre ?”

Jason lève la main, sûrement conscient qu’il est le seul. Adelmire demande pour qui est pour, et toute l’assemblée, sauf Eden, lève la main.

“Il y a donc une majorité écrasante favorable au projet de voyage pour deux jours, donc on y va.
– Génial ! Merci Aage pour cette idée !” est soulagé Kain.
– Je vois que vous vous fichez de Roynder donc.
– Jason. On ne se fiche pas de Roynder !” se justifie Adelmire “Il faut juste changer un peu ses horizons parfois. Et de toute façon, t’as le droit de rester ici !
– Non mais quand même. Si elle se réveille seule, on ne se sentira pas bête.
– Ce que tu peux être têtu quand tu t’y mets… T’as vraiment pas assez dormi. Bon, donc on part demain matin ?”

Tous acquiescent dans une bonne humeur. Jason, grognant, murmure un petit “D’accord”. C’est bien ! On y va ! On va pouvoir partir un peu !

“Mais maintenant, il faut choisir où…” je continue ma pensée à haute voix.
– Bonne question… Une proposition ?
– On pourrait voir la mer, à l’Est, on peut y aller à dos de dragon, mais ça prendrait un jour de… voyage.” propose Bly
– J’approuve.” dit Kain “Si on va devoir faire un voyage de trois jours, ça nous permettra de visiter un peu l’est, j’y suis jamais allé. Et je crois que personne n’y est allé.
– Si, moi” intervient Eden “, mais c’était il y a longtemps, avec Adelmire toute petite.
– Ne dis rien de plus !” coupe Adelmire
– De toute façon, je ne m’en souviens pas, alors…
– Bref, d’autres propositions ?
– Rester.
– Non, Jason, ça n’en fait pas partie. Donc la mer en absence de concurrent ?” tout le monde acquiesce, même Jason “Très bien, donc demain matin, on y va ! Et tôt, Bly dit que c’est loin, mais on peut profiter des courants matinaux pour aller plus vite.”

La sorte de réunion est terminée. Je me lève et va dans le couloir. Il commence à se faire tard, donc, il va falloir manger, et dormir. Je vais dans ma chambre et la regarde. Elle est tout aussi vide que d’habitude, depuis que j’ai hurlé sur Izei comme il a apporté plein de choses dans sa chambre et tout laissé. Le lit est au fond de ma pièce, adossée aux deux murs de pierre, avec en son extrémité une petite commode, sur laquelle quelques habits ont été placés. Il y a aussi une petite table à l’autre extrémité du fond de la pièce, avec une petite chaise. Sinon, le sol en rocaille lisse est laissé nu. Comme je m’allonge sur mon lit, quelqu’un frappe à ma porte. Je leur demande d’entrer à travers la porte et celle-ci révèle Jason. Il a une chaise avec lui. Avant que j’ai le temps de lui demander, il déclare :

“Je mange avec toi, ça ne te dérange pas ?
– Non, pas du tout.
– J’ai demandé aux serveurs de venir ici. En fait, c’est que j’ai besoin de te parler. T’as toujours le chic pour me calmer lorsque je m’emporte… quoique la technique à la Levente est plus simple. Et puis je dois te parler d’autres choses.
– Très bien, fait comme chez toi.”

Les serveurs frappent à la porte. Je leur demande d’entrer alors que j’aide Jason à déplacer ma petite table afin de lui laisser une petite place. Les serveurs demandent si on veut une table supplémentaire, mais je leur dis qu’on en a pas besoin. J’ai beau leur demander de ne pas s’inquiéter de nous, ils nous ramènent tout de même une table avant d’arriver avec notre repas. Lorsqu’enfin le silence s’installe, Jason prend la parole :

“Roynder est déjà endormie depuis une semaine, puis dès qu’elle se réveille, elle se rendort dans un semi-coma avec son dragon. Je me demande combien de temps elle restera ainsi… Je cherche à rentrer dans ses rêves, mais je n’y arrive pas… comme si quelqu’un d’autre s’y était déjà immiscé… Je me demande si elle va vraiment bien…
– Je ne savais pas qu’elle s’était réveillée, c’est au moins une bonne nouvelle. Par contre, ce que tu me dis à propos des rêves est véritablement inquiétant. Qui bien pourrait s’intéresser à Roynder ?
– J’ai peur de le savoir.
– Non, ne me dis pas…
– Si, je pense bien. Donc c’est pour ça qu’il ne faut pas la quitter. Elle est peut-être en danger.
– C’est inquiétant, mais il faut aussi savoir faire une balance entre elle et le reste du groupe. Et, au pire, on a Eden.
– Tu lui fais vraiment confiance toi ?
– Plus qu’au dirigeants. Et puis, ne vas pas me dire que tu n’en as pas marre de cet endroit, et d’une vie dans l’attente.
– Si, mais… on ne peut pas risquer quoi que ce soit.
– Tu sais, si véritablement cette personne s’immisce dans ses rêves, elle doit le faire depuis longtemps, et rien ne s’est passé.
– Et ainsi on aura peur pour elle que trop tard.
– Tss… Je vois que je ne pourrai pas te convaincre. Donc, je présume que tu vas rester ici.
– Non.
– Comment ça ?” je crie presque, choqué
– Non. Je viens avec vous.
– Oh… je vois, la perspective de voir des belles femmes en maillot de bain t’a…”

Jason lâche ses couverts et me donne un coup de poing, mais sans élan afin de ne pas me faire mal. Le message est clair, ‘faut pas que je parle de ça.

“Ne me fais pas paraître pour un pervers alors que je ne le suis pas ! T’as réellement que ça à penser… je suis sûr que c’est plutôt toi qui souhaites les voir.
– Que t’es méchant… Plus sérieusement, pourquoi veux-tu venir ?
– Je pense que je suis trop sous pression ici. Je m’épuise à essayer de rentrer dans les rêves de Roynder, à la fois par le temps que ça prend et la difficulté de l’opération, je me sens aussi oppressé par le bâtiment et le trop-plein d’honneur qu’on a avec ces serveurs.
– Je suis d’accord avec toi sur ce dernier point. Mais ça veut dire… que tu nous as toujours caché que tu étais claustrophobe ? Mais oui, ça corrobore avec le fait que t’as voulu la chambre la plus grande…
– Non, mais, hein, bon. Tais-toi. T’es là pour me calmer. Pas pour m’enfoncer. Je t’ai connu plus gentil.
– Oh… j’ai pas le droit de te taquiner ? Et ma mère a toujours dit que mon père est devenu bien plus taquin une fois qu’ils se sont mariés.
– Premièrement, ne parle pas de tes parents. Tu sais que c’est pas sympa. Deuxièmement, on n’est pas marié ! En tout cas, moi j’ai pas signé pour ça !
– Oh, c’était une image…”

Comme on attaque le dessert, on continue de parler pendant bien longtemps, jusqu’à que, fatigués, on s’endort sur nous sièges. C’est ainsi que le jour de notre voyage commence.

Démonstration Technique de l’Utilisation du Spasoïen dans un Texte

Démonstration Technique de l’Utilisation du Spasoïen dans un Texte

C’est enfin la finale confrontation. Nous nous approchons de Nadann et de son armée personnelle. J’ai peur de ce qui risque d’advenir. Il a un pouvoir gigantesque, et pourtant nous essayons de le battre.

“Roynder, si tu veux, laisse-moi faire.
– Pas question Saphir ! Je veux y arriver seule cette fois !
– Tu m’as déjà dit ça et ça s’est mal terminé.
– Oui… Mais c’est la bonne !
– Ha ! T’es pas possible ! Bah je t’aiderai.
– Non Saphir ! Oh… je vois que j’aurai pas le choix.
– Enfin tu comprends quelque chose !
– Oh, tais-toi pour de bon…”

Saphir est toujours là pour me narguer. C’est embêtant, mais c’est pour ça que je l’aime. Bly se bat furieusement contre un sbire de la Lame Noire. Je ne sais pas si je peux le faire confiance. Même si c’était Nadann qui le contrôlait, je ne peux pas le pardonner pour ce qu’il a fait… mais je ne peux pas non plus arrêter de compter sur lui. Il a beau maîtriser la magie du mal… et il nous l’a bien caché… mais je ne peux me dire qu’il est un ennemi, un sbire du mal.
Je me sens soudain en dehors de mon corps. Mon bras droit se met à se mouvoir comme mon jeu de jambes me fait pivoter, et mon épée assène un coup fatal à un adversaire auparavant derrière moi.

“Je t’avais dit que j’allais devoir faire le sale boulot ! Surveilles tes arrières ma petite !
– Oh, ne me traîte pas comme ça ! Et je suis perturbée, vois-tu, par les évènements récents !
– Il ne faut pas ! Reste concentrée !
– Bah c’est dur. Essaye.
– Lalyby est dans ce cas là, je te rappelle. Et elle bat avec cœur et amour. Je crois que tous tes coéquipiers sont tourmentés par ce qui s’est passé. Or, ils remettent leurs doutes à plus tard (NdA : Mensonge de Saphir ^^). Maintenant, fait de même.
– Mouais. Bah c’est dur.”

Je reprends contrôle de mon corps Respire… Je suis désormais prête au combat. Je reviens face au combat. Nadann devant. Avec sa face tordue. Quelle folle ais-je été de l’apprécier ! Ce fou préparait tout.

“À moins que ce soit sa partie saine qui te parlait afin de te préparer à l’inévitable confrontation.
– Qui es-tu, voix dans ma tête ?
– Lalyby. Je te communique à travers Saphir, elle m’a demandé de te parler… Je ne sais pas ce qu’elle veux que je dise, mais… je suis désolée pour Bly. Je ne pouvais rien faire, ni l’empêcher, et puis…
– Non, on parlera plus tard.
– … Tu as raison. Oxpedragan, dirais-je.”

La théorie de Lalyby me semble réaliste. Mais bon, est-ce que c’est moi qui veux croire ça ? Je ne sais pas. De la magie se forme au creux de ma main gauche. Désormais je peux l’utiliser. Désormais, je suis prête à me battre. Désormais, je suis prête à remplir cette prophétie faite il y a trente ans.
Désormais, je suis prête à laisser ma trace dans le futur.
Je fond sur un ennemi et le taillade. Sans aucun répit, je fond sur un autre, manipulant le vent pour m’accélérer. J’en transperce un tandis que j’en fait étouffer un autre. Ces hommes ne méritent pas de vivre. Ils sont alliés avec la Lame Noire. Je vais honorer le grand Ivxennil, Nékhekjan et Kellil en chassant le mal de leur tanière. La Montagne Noire sera pure de tout mal.
Les dragons s’envolent. Je ne sais pas pourquoi mais je le sais. Un grosse vibration. Ils sont derrière nous. Les dragons vont aussi se battre. Ils savent que c’est la fin. Que le roi reprendra ses esprits. Que les dragons seront en paix. Que les pays s’accorderont. Ils savent que c’est pour le bien. Cela fait maintenant un an que je suis partie de mon bercail, sans jamais avoir revu mes parents. Ou du moins ceux qui m’ont pris pour leur fille. Je sais tout, et enfin, le bien gagnera.
Je regarde à mes alentours. On avance bien. Les différents membres de l’équipe, ainsi que cet étrange personnage qu’on a rencontré au pied de la montagne sont en train d’avancer bien, on va tous vers Nadann. Une discussion semble se passer, mais elle n’est pas importante. Et, de plus, je ne comprends rien à ce qu’ils disent. Les dragons eux aussi essuient des attaques. Tellement sue Saphir ne me parle pas pour me narguer.
Un cri. C’est féminin, malgré le mot masculin. Qu’est-ce qui vient de se passer ? Je regarde Nadann. Il a changé de posture, il tend sa main et semble serrer l’air. Non… Ne me dites pas que…

“ADELMIRE !”

Ce cri de souffrance tellement puissant couvra tout le brouhaha du combat. Les combats se stoppèrent, pour la plupart. Comme si les anges venaient et répandaient le calme. Le silence lourd s’établit sur une situation déjà pesante. On entend quelqu’un pleurer. Je regarde à mes alentours. Je vois tout le monde captivé par une scène. Un homme, aux cheveux noirs et à la peau brune, à genoux devant une femme. C’est Bly. Et Adelmire. Je le sais. J’en suis persuadée.

” Adelmire ! … Adelmiire !! … Adelmire… Ce… Ery dejar…

ADELMIRE !

Segiro a oi… Adelmire…

– Bly, … … J’ai toujours adoré … … Comment tu prononce mon nom … … Que les Nals nous réunissent … … C’est bien ça qu’il faut dire ? … …
– Oui, c’est ça… Que les Nals nous réunissent … …

Dém…

CE !! Cenojedar ! Ujo ery…
Nadann ! S’ero qéjar ! Es sejoro anudaj !
– Oi ? W, dém aszin far’ ?”

Que, que, que, quoi ? Que disent-ils ? Quelle est cette langue étrange qui leur permettent de communiquer ? Je ne comprends rien, mais je ne peux que les écouter. Que se passe-t-il ?

“Bly ne parle pas ta langue, à l’origine, tu sais, Roynder.
– Lalyby ?
– Oui, c’est moi.
– Je ne savais pas ! Mais pourquoi ils parlent en cette langue ? Et pas en la mienne ?
– Il est plus à l’aise comme ça.
– Et qu’est-ce que c’est que cette langue de toute façon ? Et pourquoi ma langue n’est pas sa langue maternelle ?
– Tu ne sais pas qu’il y a des minorités culturelles dans ton pays ?
– C’est quoi ?
– Tu n’as jamais entendu parler de l’affaire Shkratadn ?
– Euh… Non…
– Mais ma parole ! Tu ne connais rien au monde ! C’est pas pour rien qu’on dit qu’au sud il n’y a qu’une bande de ploucs qui ne s’inquiètent que de leur nombril !
– Hey !
– Bon, j’y vais rapidement. Au nord, il y a une minorité ethnique qui a été récemment annexée par le roi. Bly et ce maître-espion en font partie. Il y a récemment eu des massacres de cette minorité. Bly en a été témoin, son père a été tué parce qu’il avait publiquement parlé de magie, ainsi qu’une part de la population.
– Mais c’est horrible !
– La population ne l’a pas su avant l’affaire Shkratadn. Ce dragonnier devait de même faire une purge, mais il a décidé de désobéir et de parler de l’injustice. Il fut exécuté.
– Je… je vois. Je n’avais aucune idée que se passaient de telles choses.
– Tu sais quoi ? Je vais te traduire ce qu’ils disent. C’est intéressant pour toi.
– Oh ! Merci beaucoup !
– Maintenant, laisse-la se concentrer, Roynder.” intervient soudain Saphir “Je ne veux pas que tu gâche la traduction express.
– Bonjour la confiance…
– Bien. ” intervient Lalyby “J’y vais :

« Nadann, pourquoi as-tu tué Adelmire ! Tu n’en avait pas besoin !
– Mais je ne l’ai pas tuée !
– Tu l’as laissée sans vie sur le sol, ça vaut pareil, monstre.
– Combien de fois as-tu dis ce mot ? Enrichit ton vocabulaire !
– Nul autre n’existe pour mieux te décrire, sale baie séchée » Je ne sais comment traduire cette expression en ta langue.
« Oh ! Les insultes montent ! Je vois bien…
– Arrêtons la discussions et commençons la dissection. Tu dois mourir. Maintenant !
– Tu sais que tu ne peux pas me vaincre. Je te suis supérieur. Sur tous les plans.
– Non. Je peux t’être supérieur. » Non, ne dit pas ça Bly ! Il ne faut pas ! « Si, Lalyby, je le ferai. Je dois le faire.
– Oh, fusionner avec les ténèbres, je vois ! » Non, Bly, il ne faut pas… « Tu sais très bien ce que ça coûte ?
– Oui, je le sais. » Bly ! Si je ne peux t’empêcher, fais-le au moins au dernier moment ! « Mais voyons voir d’abord ce que tu vaux, mon dragon veut qu’on soit fair-play.
– Bien, prépare-toi à goûter à la mort ! » ”

Une aura cyan se matérialisa soudain autour de lui. Cela forme comme des des flammes étherales qui jaillissent des côtés de Bly. Mon épée se met soudain à luer d’une couleur cyan. Comme j’observe ça, j’entends Nadann hurler à ses troupes de ranger les épées. Soudain, la voix de Lalyby :

“Je vous présente la spécialité de Bly, résonance métallique.
– Maintenant, charge durant la confusion !” hurle un autre dragon dans ma tête.

“Allez ! On va avoir la Lame Noire !” j’hurle, à la fois pour faire écho au dragon, et pour encourager les troupes. Il faut vaincre Nadann !

Arrêt entre Formulaires

Les longs couloirs blanc du bâtiment principal du CID étaient toujours actif. Souvent des personnes les traversaient pour aller de bureau en bureau, faire la navette avec les zones de stockage et pour rentrer et sortir de l’ensemble. Malgré cette constante activité, on ne trouvait jamais ce qu’on voulait au bon endroit. C’était l’état dans lequel était un Ifrajn furieux, accompagné par sa femme Perankj et le capitaine Algrim. Depuis des millénaires il vivait selon ses règles, avec aucun obstacle à ses commandements comme tout était automatisé, mais ici, tout marchait différemment, formulaire sur formulaire, personne absente sur bureau caché, ils devaient déjà avoir fait plusieurs fois le tour du bâtiment pour leur cause. De plus, elle était simple, valider l’utilisation de leur vaisseau dans les missions au lieu d’utiliser des vaisseaux du CID. Beaucoup de manœuvres étaient nécessaires pour l’opération, comme il fallait faire en sorte que le vaisseau soit aux normes du CID, évidemment différentes de celles d’Aardespel.

“J’en ai marre ! On ne peut pas nous laisser utiliser tranquillement notre vaisseau ? Non, il faut faire quinze fois le tour de bâtiment pour des vérifications inutiles. J’en ai vraiment marre !
– C’est bon, on a le droit à la même chanson depuis une heure. Tu sais que tu n’as pas de nerfs ?” lui rétorqua sa femme.
– On s’est donc ligué pour m’énerver ? Quelle joie !
– Même chez nous tu détestait l’administration, c’est normal que tu haïsse cet état des choses !
– Ah oui ? Vous détestiez l’administration chef ? J’ai été secrétaire avant d’être capitaine.
– C’était censé me remonter le moral ?
– J’entends des mots qui me sont étrangers, les nouveaux, là !”

Un homme s’approchait, parlant la langue commune du CID, langue nommée Anglais. On dit que c’était la langue internationale dans la planète d’origine des fondateurs de la structure. L’homme avait un teint brun et des yeux comme les cheveux noirs de jais. Il avait des yeux plus long que larges et une face ronde dont on voyait quelques premiers replis dus à l’âge. Pelrankj se défendit en un anglais approximatif :

“On a bien entre nous le droit de communiquer en notre langue !
– Mais oui, mais oui, je ne faisais que de vous taquiner là ! Mais quel est le problème ?
– Notre commandant est en train fe perdre la tête dans cet enfer administratif qu’il y a ici.” répondit Pelrankj
– Ah oui, c’est n’importe quoi, là ! Mais sinon, comment ça se passe vos premiers jours dans le CID, là ?
– Ça change, il faut dire qu’on a pendant longtemps fait la même chose, un mode de vie nomade, à piller les planètes lorsqu’on en avait besoin.
– Ah oui, les pirates de l’espace là ! C’est comme ça qu’on vous a retrouvé, on entendait souvent parler de ces personnes un peu partout dans les univers, là. J’aimerais connaître une de vos missions dans votre vaisseau, s’il vous plaît.
– Heum, chéri, tu penses à une de nos missions ? J’en vois aucune à raconter.
– Moi non plus.” renchérit Algrim
– Vous m’énervez, on ne peut pas me laisser tranquille ? Il y avait une fois, sur l’une de ces énièmes planète Gaïa. Il y en a tellement à travers le multivers !
– Ah, vous parlez de la Terre là, monsieur Ifrajn ? Je viens d’une de ces Terre, c’est vrai qu’on en rencontre souvent là !
– Si tel est le nom que vous donnez à cette planète, oui. Bref, on avait l’habitude de rentrer dans des conflits déjà existant lors de nos missions, mais là c’en était un gros avec une civilisation déjà bien avancée.
– Ah, je vois de laquelle tu parle ! Celle où on a pris les mines de cette Jupiter ? C’était drôle.
– Oui, en effet, mais prendre Jupiter n’était pas amusant.
– Oh… Quel éternel rabat-joie ! J’espère que entre tous ces univers il n’y a pas quelqu’un d’autre tout juste comme toi, les pauvres !”

Tout d’un coup, le sourire du Terrien s’effaça, et regarda les environs d’un regard inquiet. Algrim lui demanda ce qu’il se passait, mais il répondit, avec un bien plus fort accent qu’auparavant et en recouvrant son sourire :

“Non, non là ! Il ne se passe rien ! J’ai juste cru voir un Xénomorphe là ! Alors j’étais inquiet, je me demandais pourquoi il y en aurait un hors des laboratoires là ! C’est rien, c’est rien là !”

Déjà son accent reprennait une tournure normale, comme sa panique se diluait. Il faisait signe à ses interlocuteurs de continuer alors qu’il affichait un éternel grand sourire et qu’il hochait la tête.

“Bon, bref, cette fois-ci Gaïa était en pleine guerre civile pluriplanétaire.” reprit Ifrajn “Je ne sais pas exactement ce qu’il se passait alors, mais on s’est allié à des personnes basées sur Gaïa et on les a aidé dans leur cause. Contre des ressources, évidemment. C’était la première fois qu’on s’interposait dans la politique, et ça faisait un changement de se coordonner avec d’autres équipes.
– Leurs vaisseaux étaient arriérés, on allait trois fois plus vite qu’eux !” dit Algrim
– Ils étaient moins avancés que nous, c’est pas de leur faute !
– Ils utilisaient des IA, pourtant.
– Signe qu’ils étaient arriérés. Ils n’ont pas encore eu de guerre des Bots !
– Si tu le dis.
– T’es pas croyable, Algrim.
– Mais oui, oui, je m’en souviens là !” s’interposa le Terrien “Un ami de John m’avait parlé de ça ! Je ne sais pas s’il l’a vu mais apparemment ils étaient à Xi’an lorsque des pirates spaciaux futuristes avaient aidé les forces de nos ennemis. À cette époque j’étais à Guangzhou en train de faire ouvrir les écluses pour inonder une base ennemie, là.
– Oui, je me souviens avoir entendu parler d’une base militaire alors alliée qui avait été inondée.” se rappela Pelrankj “C’était donc Guangzhou la ville. Et vous qui l’aviez fait. Je vous assure que c’était une alliance opportuniste plutôt qu’une idéologique.
– Mais ne vous inquiétez pas, là !” reprit le Terrien “C’était il y a longtemps ! Et de toute façon je vous comprends, car faire ça est totalement logique là !
– D’ailleurs, par John vous souhaitez dire qui ?” demanda subitement Ifrajn
– Ben John Arwigan là ! Oh ! Je ne me suis pas présenté, c’est vrai. Je suis désolé, vous ne pouviez pas savoir là ! Bref, je m’appelle Tcheng Leiksoü, écrit Zoeng Likseoi, l’assistant personnel de John Arwigan. C’est pour ça que j’ai été étonné que vous ne sachiez pas de qui je parlais là, normalement on sait sans même se poser la question là.
– Oh, je comprends.
– D’ailleurs, j’ai appris que vous vous droguiez afin de devenir si vieux sans le paraître.
– Non, c’est de la Klemfarnankt, une lotion permettant de dupliquer les cellules plus rapidement.
– Mais oui, en effet, un type de drogue. Mais je croyais que ça avait un autre nom, là ?
– Ananécrophine ?” intercala Algrim
– Je crois que c’est ça, là. Bref, je présume que vous avez des choses à faire, moi aussi j’en ai. Donc je vous dis au revoir, là !
– Attendez !” l’interpella Ifrajn “Savez-vous où obtenir le formulaire de contrôle des composants ?
– Pour valider votre vaisseau ? Vous en avez pas besoin, le dernier ordre sur la standardisation des vaisseaux requiert non pas ce formulaire mais le formulaire pour contrôle technique D60, que vous trouvez normalement bureau 512, mais Monsier Lurai n’est pas là alors plutôt bureau 401, avec la coordinatrice technique Madame Rey là.
– Merci beaucoup, vous expliquez mieux que certains de vos collègues !
– C’est surtout que je m’y connais mieux, là. Au revoir !”

Likseoi partit en matchant rapidement, faisant demi-tour. Encore une fois, leur destination avait changé, dans cette horreur qu’était administration en période vacancières. Mais Ifrajn était plus relaxé, parler lui avait fait du bien. Désormais, il reprenait une certaine bonne humeur et dirigea sa troupe vers le quatrième étage.

—–

“Ne laissez personne venir ici, et surtout pas Arwigan, là. Je suis le seul autorisé à rentrer ici, sauf vous évidemment, alors je ne veux que personne ne découvre quoi que ce soit là. Le dossier De Edhelsar est beaucoup trop tangible pour que quiconque le découvre.”

Etude des Trois Grands Peuples et de leur Origine

Dignitaires Ma Suthuam, Feng Yaolu, Men Fusat, désignés par notre bien-aimé empereur Hu Langʒem en l’an 2197 après le premier empereur, fini en l’an 2201.

Etude des Trois Grands Peuples et de leur Origine.

Si vous allez n’importe où dans le pays civilisé, vous allez toujours entendre parler d’une même légende. Il y a toujours eu trois peuples, les hommes de l’Ouest, les hommes du Centre et les hommes de l’Est. Un jour, ils furent unifiés par le légendaire Empereur des Trois Couronnes et tous découvrirent la civilisation. Il fut mon travail et celui de mon équipe de démêler le vrai du faux et de donner les clefs pour nos fils afin qu’on puisse atteindre le but de notre existence. Je vais donc faire un point sur notre monde, que nos fils pourront utiliser afin de plus vite achever notre grand but.

Avant toute chose, la légende omet l’existence des tribus du nord et du sud, je vais donc de même les omettre ici comme ils n’ont aucune importance dans nos recherches.

Commençons par nous, Hommes de l’Ouest, habitants du pays du Xion. Nous couvrons une large portion de l’ouest du continent, formée de plaines, qui influent grandement sur notre mode de vie. En comparaison avec les autres peuples, nous avons une très large part de notre population toujours nomade, et même une extrêmement fine part urbaine. La seule ville à proprement parler que l’on a est notre capitale, Dengming, qui, en dehors de ses murs n’a que des plaines sans routes pavées, souvent occupées par des camps de familles habitant proche. La structure politique est totalement décentralisée de même. Dengming est incapable de projeter loin son influence du fait des pauvres infrastructures et fait alors confiance aux nombreux clans des hommes de l’Ouest. Si les environs directs de la capitale sont directement administrés par l’Empereur, on peut voir au loin la capitale sans être en son administration. Pour remédier au manque cruel de solidarisation dans le pays, de nombreux forts constellent le territoire Xionais, mais cela se révèle en vérité que peu utile à autre chose que de remédier à l’affreuse faiblesse militaire du pays. Occasionnellement le Spasoïa pillera le nord du pays, et l’Empereur n’essayera même pas de lever une armée, comme il sait que soit les clans les repousseront tous seuls, soit elles ne seront même pas arrivées que le pillage sera terminé. Cela est dû à plusieurs chose : la faiblesse de l’efficacité de nos infrastructures notamment, souvent inexistantes. Un jour, il fut annoncé au roi qu’un clan séparatiste du nord avait déclaré indépendance. Plus inquiétant qu’une simple attaque Spasoïenne, il rassembla des troupes dans les clans environnant, et alors qu’il commençait à marcher vers le nord, un cavalier arriva et lui signala que les autres clans avaient déjà réglé leur compte, voyant sûrement une occasion de gagner du pouvoir tout en étant gratifié par l’empereur. Pas dupe, il demanda tout de même au messager de les remercier, et de demander aux chefs des clans concernés de venir à la capitale chercher une récompense, mais de tout de même chercher à ne pas créer de disputes inutiles. Le deuxième point est la géographie du territoire Xionais. La majeure partie de ce pays se révèle être d’immenses plaines peu fertiles et dures à gouverner, et de plus le tout est occupé par de très puissants clans qui se rallieront plutôt sous la bannière Xionaise, l’Empire leur concédant beaucoup plus de pouvoir que ses voisins. Ce territoire inutilisable pour les autres pays ne sera jamais pris ni occupé, ainsi l’Empereur n’a pas à s’inquiéter de perdre du pouvoir par ces petites batailles.
Le Xion est la terre la plus avancée technologiquement, si on reste du côté de la Capitale. Nous sommes particulièrement fiers de nos Grandes Archives de Tcatmin, qui contiennent des écrits datant du tout début de l’écriture, que nous avons inventé. Si un jour un étranger lira cela, laissez-moi expliquer notre motivation. Nous avons des croyances différentes des autres pays civilisés. Nous croyons en l’Apocalypse qui se passera dans le futur. Nous devons y fuir, et donc faire mieux que nos prédécesseurs en accumulant tout le savoir qui nous permettra de nous échapper de l’Apocalypse, ce qui fait des Grandes Archives l’endroit le plus protégé de l’Empire, voire même des empires. À la base fait de bois, il fut reconstruit en pierre il y a quelques centaines d’années, et se voit régulièrement ajouter des extensions. Il y a peu, une autre grande archive fut construite dans un grand fort sur la mer de l’Ouest, Wanmit, et on copie les contenus des archives. L’ancien bâtiment en bois fut reconvertit en Université Magique, dans laquelle les rares personnes sensibles à la magie étudient et développent leurs pouvoirs, les documents, encore une fois, placés dans les archives. Il y a une grande part de personnes étrangères à l’Université, surtout des Tjokheriens, comme elle est la meilleure au monde, même s’il n’y a que peu de concurrence, et comme les Tjokheriens sensibles à la magie qui ne peuvent pas l’utiliser chez eux peuvent plus simplement accéder au Xion qu’au Spasoïa. Le Xion se révèle d’ailleurs très souvent être une terre d’accueil pour émigrants, ayant notamment eu un reflux de population lorsque la crise des clans avait affecté ses deux voisins, et cela s’explique par une très haute tendance à la diplomatie qu’aux armes. Si ça s’explique facilement par le fait que leur puissance militaire est pitoyable, les répercussions sont multiples. Après le fait déjà montré qu’ils sont devenus une terre d’accueil, ils ont aussi les meilleures relations avec les tribues du Nord et du Sud, et fait ainsi le lien entre elles et le monde civilisé, qui évite tout contact avec eux. Ils ont donc un monopole commercial sur leurs produits et en profitent pour bien taxer leurs marchandises, tellement en vérité que le pays pourrait fonctionner sans même imposer d’impôts à leurs habitants, mais ils en imposent évidemment. Comme l’Empereur sait qu’il n’aura sûrement aucune année tous les impôts qu’il est censé recevoir, ce monopole est vital, et donc s’il se met en froid avec un pays, le Xion risque de tomber en crise, comme il le fut il y a quelques décennies, comme l’ancienne dynastie Meng laissait la place à la nouvelle dynastie Hu. Les derniers empereurs Meng se mirent en froid avec les Tjokheriens puis avec les Spasoïens, et le dernier empereur commit un tabou avec les tribues du Nord. En véritable crise, la perception d’impôts fut renforcée et les clans se rebellèrent, causant une grande guerre civile, qui vit beaucoup de Xionais fuir vers les autres pays, ce qui nous créé une énorme diaspora grâce à laquelle on a facilement pu effectuer nos recherches. Ce fut le père de notre empereur actuel, Hu Yanglam, qui réunifia les clans et se couronna premier empereur Hu.

Les Hommes du Centre, nommés les Tjokheriens, sont ceux pour lesquels les études se sont révélées les plus étonnantes. Tous ont entendu parler de eux comme le pays où on vit en symbiose avec les dragons, où tout a un rapport avec les dragons, et qu’on en voyait de partout. Si nous nous attendions bien à apprendre que c’était une exagération, nous nous attendions pas à ce que cette description exagérée correspondait en vérité qu’à une partie du pays, qui représente même pas un tiers de la superficie. Cette culture d’étendant des environs de la Capitale jusqu’aux environs de Ulta Camañera, dont on m’informe alors que j’écris que toute sa région a été annexé par les Tjokheriens, forme la part la plus stéréotypique du Tjokheria, et contraste beaucoup avec le sud du pays, sauf tribues du sud, qui à certains endroits n’est même pas au courant de l’existence des dragons, même si cela est dû à l’isolation plus qu’autre chose, comme dans certains villages on nous regardait d’un regard curieux et lorsqu’on disait qu’on venait du Xion, ils nous demandaient ce que c’était. Cette culture du sud, qu’on suspecte avoir des origines Xionaises, se découvre être philosophiquement différente du nord. S’ils ont oublié l’imminence de l’Apocalypse, ils gardent les mêmes croyances comme quoi les dieux ne vont jamais nous écouter et que si on veut faire quelque chose, on y arrivera qu’avec nos propres moyens. Dans un contexte de réalsime contre idéalisme, les Tjokheriens du nord peuvent être considérés comme des enfants idéalistes tandis que les Tjokheriens du sud comme des adultes devenus réalistes.
Leur pays est de loin le plus petit. Il fait même pas la moitié du Xion, qui lui représente deux bons tiers du Spasoïa. Sous l’influence directe de ce dernier, la seule raison de l’existence à ce jour du pays Tjokherien est sa maîtrise des dragons, puissance armée qui effraie ses voisins, du fait de leur relative nouveauté, leur flexibilité et leur puissance. Eux-mêmes ne connaissent pas tout le potentiel des dragons, comme il y a eu, alors qu’on enquêtait, une crise du fait d’un homme corrompu par un dragon. Cette part de leur culture semblait se manifester dans des annuelles fêtes destinées aux dragons, évènements se passant dans la capitale, Kundaln, et dans la ville de Isfgamn. Durant ces fêtes, on voit des parades de dragonniers, on peut voir les oeufs de la reine de la Dragonnerie la plus proche, et parfois même des nouveaux dragonniers sont découverts ce jour-là. La nuit on peut voir une parade céleste et, dans certaines éditions dont la notre, comme cet évènement est aléatoire, des accouplements, un spectacle fantastique. Il y a toujours des conteurs Tjokheriens qui racontent les légendes traditionnelles et plus régionnales, leur maîtrise de l’oral est comme tous le disent un enchantement et on voit des dragons se promener dans les voies saturées, prévues larges pour l’occasion. C’est une expérience formidable. De même, deux mois après cette fête des dragons, on peut voir des parades de dragons dans le ciel. Cette explosion de couleurs en plein jour vient apparemment d’une année où la fête des Dragons avait été faite deux mois en retard, et est désormais resté comme tradition. Cela démontre parfaitement l’état d’esprit opportuniste des Tjokheriens qui se manifeste surtout en géopolitique. Ils sont récemment entrés dans ce qu’on peut appeler rétrospectivement un âge d’or, qui est toujours d’actualité. Peu après le début de la crise des clans en Spasoïa, dont je parlerai plus tard, le Tjokheria, toujours sous directe influence de son voisin gigantesque, fut frappé par les inquiétudes des clans qui avaient peur qu’un événement semblable se passe en Tjokheria. Les clans ont donc montré de plus en plus de signes de détachement du pouvoir central, et il y a même eu des clans qui refusaient d’obéir au roi, cela a donc encouragé celui-ci à effectuer des mêmes réformes, voire même plus dures que celles entreprises chez leur voisin. Les clans ont été définis comme hors-la-loi, remplacés par un système de provinces à l’image du nouveau Spasoïa, qui sont gouvernés par des personnes désignées tous les 10 ans par le roi lui-même. Si le roi avait bien dit que tout clan rendant son pouvoir à celui-ci ne serait pas anéanti, il s’attendait à ce que aucun clan obéisse. Et pourtant, quelle fut sa surprise de voire débarquer en son palais le chef d’un des plus grands clans de son pays, accompagné de chefs de certains des plus gros. Zvilekhekh, du clan Krunm, était le dirigeant d’une confrérie clanique mise en place peu après le début de la crise des clans en Spasoïa, chargée de discuter de la potentielle exportation de ce mouvement politique. Zvilekhekh, de nature progressiste, insistait sur comment les clans pouvaient se moderniser plutôt que comment contrer la crise en vue durant les débats internes. Cela a payé comme toute sa confrérie venait négocier le futur des clans après les réformes. Les débats ont duré deux jours, avec une ferme résistance des deux côtés. Laissez-moi citer le chef du clan lors du débat, enregistré dans leurs archives :
“Mon bon roi. Vous n’avez aucune raison de penser que nous souhaitons garder du pouvoir pour mieux nous rebeller, auquel cas, on aurait fait des demandes bien plus exigeantes. Car, voyez-vous, nous ne sommes pas ici que pour demander un rôle dans le futur. Nous ne sommes pas ici que pour offrir une assistance à vos puissances dans la guerre qui se profile. Nous ne sommes pas ici que pour débattre du futur d’une tradition millénaire. Nous sommes ici surtout pour garantir le futur d’un pays qui est le vôtre, pour garantir la sécurité que vous nous offrez, meilleure que n’importe quelle autre, pour garantir la continuité d’un mode de vie qui fait de nous un peuple. Par rapport à nos voisins du Spasoïa, nous avons eu la chance de voir le danger venir. Ainsi, nous avons pu discuter de la chose, entre clans. Voyez nos voisins, ils se sont embourbés dans un chaos total. La même chose pourrait se passer chez nous, si vous continuez à refuser sans considération nos propositions. Si vous continuez, notre pays ne deviendra pas mieux qu’une carcasse en plein soleil, en proie à tout oiseau de malheur passant aux environs. Imaginez ces visions d’horreur qu’on a eu en réfléchissant aux possibilités que ce chaos offrirait à d’autres peuples. Un pays définitivement fragmenté entre nord et sud, voir même en plus de morceaux, ou alors envahi par le Xion – imaginez l’horreur – ou, j’ai gardé le pire pour la fin, notre pays dominé par les tribues du Sud. La sauvagerie l’emportera définitivement sur la civilisation. Nous devons empêcher cela. Accédez à nos requêtes, vous aurez une grande confrérie de votre côté, et vous aurez un pays en paix, prêt à s’imposer comme une véritable puissance à ne pas sous-estimer.”
Ce magnifique discours ne convainc pas le roi, mais fit partie de ce qui lui fit flanchir. Il accéda finalement après deux jours de débats aux requêtes de cette confrérie de clans. Les clans n’auraient plus de pouvoir politique mais garderont leurs terres ou leurs bâtiments où ils feront leurs activités afin de créer de la richesse avec du commerce, souvent interne. Tout terre ou tout bâtiment non utilisé activement sera rendu à l’autorité régionale. S’il y a eu tout de même des clans qui, après ces négociations, ne souhaitaient pas abandonner de leur puissance, ils furent peu à se rebeller, et facilement écrasés par l’alliance des clans loyaux et de l’armée royale. Ce fut la fin de la crise des clans en Tjokheria, conflit toujours pas terminé chez leur voisin. Cet état d’anarchie dans lequel le Spasoïa est profita bien aux Tjokheriens qui, après avoir prit le contrôle du Fort Xionais de Yangwan, au bord de la mer, déclara la guerre à leur voisin. La bataille fut rapide, comme, en proie à l’anarchie, le grand empire ne pouvait pas se défendre dans des terres même pas en leur contrôle. Ce furent les clans locaux qui offrirent une résistance, quoique ils guerroyaient entre eux, et cela s’est mal fini, il y a peu, la paix a été déclarée contre la région du Qirajal. Nul ne sait ce que cela implique pour le moment.

Les hommes de l’Est finalement sont nommés les Spasoïens. À la tête du plus grand empire connu, s’étendant à travers les montagnes et les grandes et fertiles plaines de Tairoana, ce peuple est sans conteste le plus puissant au monde. Originaire des montagnes, ce peuple a longtemps été dépendante des baies Stonara, nourriture abondante dans ces terres arides, qui se retrouve dans beaucoup de leurs expressions. Après un temps inconnu, des clans ont commencé à descendre des montagnes, et notamment vers la très fertile plaine de Tairoana, où ils ont fait de agriculture, sûrement alors déjà pratiquée sur certaines hauteurs, avec un succès mitigé. Ils se sont rapidement multiplié, devenant aujourd’hui le pays le plus peuplé, et ils s’est créé avec le clan Tejuar une autorité forte qui est aujourd’hui devenu le Spasoïa qu’on connait. Le peuple des montagnes, le peuple traditionnel, est aujourd’hui souvent favorisé par l’empereur. Beaucoup d’argent est dépensé pour améliorer les infrastructures de cette partie de l’empire, souvent jalousé par les membres versés dans l’administration des terres du Galagar, au nord de Tairoana. C’est là-bas qu’on trouve une minorité ethnique très importante, nommés Galagariens. Descendants des tribues du Nord, on les suspecte avoir vécu avant la descente des montagnes des Spasoïens en Tairoana de plus, ce qui expliquerait les yeux ronds des Tairoanais actuels. Ce peuple croie en des choses bien différentes aux Spasoïens, qui ont sûrement influé leurs souverains. Ils pensent que la mort est une délivrance de la dureté de la vie, mais qu’on ne peut mourir en paix que si on a parcouru le monde entier, sinon on se réincarne pour entreprendre le même but. Leur mode de vie nomade à travers le grand désert de Galagar a à la fois influencé et été influencé par ces croyances. Chaque année, à la fin du mois de Renkuang, ils fêtent le légendaire Naarahal et sa famille, les seuls à avoir visité le monde entier, qu’on dit qu’ils nous regardent et nous sauve des dangers de l’environnement s’ils savent qu’on va voyager loin. Le nom de Naarahal semble lié au nom Spasoïen de Nal, au pluriel Narali en cette langue, qui se révèle être l’entitée principale des croyances Spasoïennnes. Les Nals sont considérés comme des sortes de serpents volant et spirituels qui sillonnent les montagnes ainsi que, pour les Nals Primaires surtout, contrôlent les éléments et gèrent la vie. Les Spasoïens croient qu’en mourant tout le monde devient un Nal, et peuvent veiller sur leur famille, mais cet objectif ne peut être accompli que si on effectue des rituels aux Nals de nos ancêtres. Sinon, les Nals de nos ancêtres nous dévorent lorsqu’on meurt. Ces croyances ressemblent beaucoup à celles des Galagariens, mais plus loin dans les terres, dans les Montagnes Sèches, on peut voir une autre conception de la spiritualité, où à la place des Nals Primordiaux on a de véritables dieux, figures éthérales. Aucun culte des ancêtres est rendu là-bas mais plutôt un culte aux Esprits de la Maison, appelés Kundalis, qui ont eux aussi une forme reptilienne.
Les montagnes Spasoïennnes sont divisées en deux parties géopolitiques. Au Nord, au niveau du désert de Galagar, on a les Montagnes Sèches. Ces terres arides sont formées par des montagnes de grès avec des vallées aux falaises droites, souvent constituées de plusieurs degrés. Au fond de ces ravins on voyait un ruisseau, et à ces bords plein de petits arbustes sans feuilles, seulement des aiguilles. Les degrés sont tapissés de ces mêmes arbustes et d’herbe, séparés par une aride terre beige comme tout l’environnement. Les habitants ont naturellement un regard très plissé, comme pour résister au soleil, ce qui est peut-être l’origine de la différence de nos paupières par rapport aux hommes du nord, comme le propose Tian Kunjit dans son papier de recherche sur les origines de l’humain. Ce paysage contraste énormément avec les Montagnes Fraîches, au sud du grand massif spasoïen. Après une graduelle évolution depuis les Montagnes Sèches, on voit un paysage brun et gris-jaune, entrecoupé du vert des arbres et de l’herbe poussant sur les degrés des falaises. Lorsqu’on atteint l’extrême sud de la chaîne, les côtés des montagnes s’adoucissent pour former une côte s’étalant sur les plaines en contrebas. De longues eaux cisaillent les roches pour former des passages nombreux vers les hauteurs. Si les montagnes fraîches sont bien plus humides que les montagnes sèches, il n’empèche que par rapport aux pays de Tairona et de Tjokheria en contrebas, frécquemment embrouillardées, les monts restent secs, et la culture des baies Stonara, implantées sur tout le massif montagneux, reste difficile. À l’est, le pays de Tairoana, très peuplé, a son axe principal tracé par un très large fleuve, formé depuis le grand lac de Ruaja par la convergence de plusieurs fleuves. C’est autour de ce lac qu’on trouve le plus de population. Entre champs à perte de vue et de nombreuses villes très peuplées, les berges de ce lac sont toutes marquées par la présence humaine, et ce paysage continue tout au long le la longue rivière. Les petits ruisseaux saisonniers qui sillonnent la plaine donnent eux aussi naissance à des champs et des villages. La terre y est en vérité basse et limoneuse, les plantes y poussent facilement. Le temps est généralement brumeux, ou pleuviotant, les rares jours ensoleillés étant souvent accompagnés d’un petit brouillard. Il n’est ainsi pas rare de voir la surface des plaines et des clairières refléter le soleil. Ce cœur économique de l’Empire est, du monde entier, l’endroit où on produit le plus de nourriture, ce qui fait des céréales sûrement le produit le plus exporté du Spasoïa. Il y a de même une très grande richesse autour du lac, ce qui fait des Spasoïens les plus grands demandeurs de produits de luxe.
Il est indéniable pour tous que la puissance militaire du Spasoïa est supérieure que n’importe quel autre pays. La richesse et la diversité de l’économie permet d’entretenir une armée puissante sur la grande population. L’Empereur se permet même de toujours partir en combat avec son armée professionnelle, en intégrant que rarement des conscrits, par contre rarement engagés. L’armée est déployée en temps de paix sur tout le territoire, et en temps de guerre, la volonté de fer de l’Empereur est assez pour garder le pays tout entier. Mais les clans ont toujours été une clef de voûte du système, jusqu’à la dévastatrice crise des clans. Cela commença il y a bientôt une dizaine d’années, et cela défigurera le pays à jamais, déjà qu’il est méconnaissable aujourd’hui. Cela prend ses racines il y a très longtemps, il y a une dizaine de générations, comme l’Empereur Proderilo IV allia ses filles avec différents clans des environs, pour ensuite tuer le chef du clan pour intégrer celui-ci à la couronne. Ce fut le début de l’assimilation clanique, et donc l’étendue du pouvoir direct de l’empereur. Avec les générations, plus de clans furent assimilés, et l’Empereur restraint de plus en plus les pouvoirs des clans de même, il y a de cela une dizaine de générations l’Empereur s’occupait avec son cabinet des grandes infrastructures, qui faisait que l’Empereur se concentra pour développer le bassin de la Capitale, dans le but d’asseoir son pouvoir dans ma région. Ce manège continua jusqu’à que l’Empereur Wjil décide d’annexer tous les clans, en les remplaçant par un système de provinces gouvernées par un Gouverneur désigné par le roi à vie, redésigné à la mort du précédent. Ceci fut fait, d’après les écrits que l’Empereur a eu la bienveillance de nous partager “comme je voyais la terre administrée par les clans contre celle administrée par mes ascendants, il y a de nombreuses inégalités, ainsi, je pense que l’administration impériale est plus efficace que l’administration clanique. Ainsi, je ne demande pas aux clans de se dissoudre, mais de me rendre les pouvoirs. Si vous le faites, vous serez retenu comme un clan clairvoyant.” Malheureusement pour l’empire, celui-ci s’effrita comme les clans se rebellèrent contre les réformes, plongeant le pays dans un véritable chaos, dans lequel il est toujours. En une petite dizaine d’années, l’Empereur n’a réussi à restaurer l’ordre que dans le pays de Tairoana.

Il est donc désormais temps pour moi d’énoncer nôtre théorie. Nous nous basons sur la théorie de l’humain de Tao Longdʒian, référence 1376, Département de la Religion et de l’Histoire Humaine. Il décrit dans son papier de recherche l’origine de l’humain, qu’il situe au nord, au-dessus même des Tribues du Nord. De même, il décrit comment les tribues du Nord se sont formées, et comment nos ancêtres directs, à nous Xionais, aux Spasoïens, aux Tjokheriens et aux Tribues du Sud, les Edariens, descendent des Macirens, ancêtres des Tribues du Nord de plus, et sont allés vers le sud, pour des raisons qui nous sont aujourd’hui inconnues. Nôtre théorie vient donc compléter en partie celle de ce grand chercheur et donner à nos fils une vue plus détaillée sur la mécanique de l’évolution. Je vais donc commencer à détailler nos observations.
Nous avons avec ce récapitulatif détaillé vu que les Tjokheriens sont un peuple en vérité mystérieux, composé de ses environs. On trouve énormément de similarités entre les religions Tjokheriennes et Spasoïennes, ainsi qu’entre les philosophies Sud-Tjokheriennes et Xionaises. Désormais, laissez-moi reprendre l’ancienne légende qui dit que ceux qui ont sûrement été les Edariens se sont divisés en trois peuples, gouvernés par un seul roi, avant de se séparer en trois entités, et dire que ce n’est rien de plus qu’une légende, qu’elle en aucun cas ne reflète la réalité. En effet, nos études nous amène à penser que seuls deux peuples ont émergé des Edariens qui sont devenus civilisés : Spasoïens et Xionais. Alors, que sont les Tjokheriens dans tout cela ? J’y arriverai bientôt.
La première preuve appuyant cette théorie est la morphologie. Comme Tuk Laoʒengtao prouva dans son document, référence 728, Département Alchimie, Biologie et Lois Naturelles, celle-ci et héréditaire, et les enfants durant la procréation copient des traits de leurs deux parents, à des pourcentages variables. Ce dignitaire a pris pour exemple l’enfant d’un Xionais et d’un membre des Tribues du Nord, qui avait des yeux à moitié ronds, une peau de bronze et des cheveux or faisant des boucles, parfait mélange entre les deux races. Maintenant, observons les Tjokheriens. Ils ont des yeux normaux, de couleur claire tels que les nôtres, des cheveux allant du noir à l’or, les Spasoïens ayant des noirs et bruns, de nature systématiquement lisse, comme nos hypothétiques ancêtres Edariens, et une taille petite par rapport à la notre, tel celle des Spasoïens. Ainsi, la morphologie déjà démontre que le peuple Tjokherien est un mélange entre les deux peuples qui l’entoure. De même, il est important de noter que sor la frontière ouest des Montagnes, les progéniture des Xionais et des Spasoïens ressemblent beaucoup aux Tjokheriens, quoique ils ont une peau plus foncée et des cheveux ayant un penchant ambre marqué.
La seconde preuve vient de la culture. Les Tjokheriens ont des croyances très similaire aux Spasoïens, ayant de nombreux Dieux régissant le cosmos, là où pour les Spasoïens, ils se sont transformés en Nals, comme le démontre Lao Cukham dans son document, référence 1258, Département de la Religion et de l’Histoire Humaine. Il y a de nombreux temples érigés dans tout le Tjokheria du Nord dédiés à divers dieux de leur mythologie, et on peut voir un paysage similaire en Spasoïa où chaque village a un temple dédié au Nal de la communauté, et dans les plus grandes villes apparaissent des temples aux Nals Primordiaux. De plus, la fête des dragons Tjokherienne se passe en même temps que le Comedoraño, fête qui célèbre Nal Doraño, nom très similaire au dieu Tjokheriens des cieux Tirnjomn, qui aurait appris au peuple Spasoïen comment devenir un Nal dans la mort. Par rapport à cela, plus au sud on voit les mêmes Dieux apparaître dans les croyances populaires, mais aucun culte ne leur est dédié. On ne se sert d’eux que d’une façon pour expliquer le monde, mais par contre on croit fermement que le monde est cyclique et que le dieu Rshkateshn, son nom étant étrangement similaire à Tshashen, dieu Xionais de la Lune, est celui qui détruira le monde afin de permettre aux dieux de le recréer, croyances très similaires à celles de notre peuple qui montre une similarité avec le peuple de l’Ouest.
Finalement, parlons des Tribues du Sud. Nous sommes allés les voir durant notre voyage, et ce qui nous a choqué dès qu’on les a vu est leur peau blanche comme la neige, de la même couleur que leurs cheveux pour certains, allant parfois pour les cheveux à la couleur de notre peau et d’un orange très clair. Ils ont une taille Haute et des yeux plissés tels les nôtres. Ils croient en l’Apocalypse, qu’ils disent que les dieux essayent d’empêcher, et donc ainsi ne peuvent pas écouter les humains, mais sont encouragés par leurs offrandes et leurs prières. Cette ressemblance entre nous Xionais et les Tribues du Sud nous permet ainsi de donner un nouveau schéma de l’évolution des Edariens.
D’après Tao Longdʒian, les Edariens seraient allés dans les montagnes et ensuite se seraient séparés en trois pour devenir les pays civilisés. Nous apportons une autre approche. Pendant la période les Edariens étaient dans les montagnes, une partie de la population est descendue vers les plaines Xionaises. Ce peuple, que je nomme les Dianiens, d’après le nom du créateur de la théorie de l’Humain, a évolué pour devenir les Xionais mais une parite des Dianiens est allé plus vers le sud où ils ont colonisé les terres glacées, devenant les Tribues du Sud. Les Dianiens vivaient sur le sud du Xion et au Tjokheria, jusqu’à que les Spasoïens, descendants des Edariens des montagnes, aillent eux aussi coloniser les plaines. Eux sont par contre allé plus vers l’Est, colonisant la plaine de Tairoana alors occupé par des Galagariens avec qui ils se mélangeant et du Tjokheria, se mélangeant avec la population locale de Xionais.

C’est ainsi ce nouveau dessin de l’humanité que nous proposons après l’étude des peuples qui composent notre monde. Il en ressort non pas un simple monde constitué de trois peuples, mais une mosaïque d’ethnies et de cultures, qui composent chacun des trois pays Civilisés, et les Grandes Tribues. Nous vivons dans un monde riche d’histoire que des figures seules donnent. Sauvons ce monde de l’Apocalypse, sachons nous échapper de notre destin.

À nos fils qui liront cela, Ma Suthuam, Feng Yaolu et Men Fusat.

Convergence des Motivations

Une porte s’ouvrit dans un silencieux mais lumineux bureau. La composition était simple, il n’y avait qu’une table de bouleau finement taillée, surmontée de piles de papier, encriers, plumes et livres, un canapé de douce soie venant des peuples du nord, colorée d’une rare teinture couleur du ciel, trouvée dans le sud extrême, et se trouvaient de même deux chaise d’érable, le dossier et le séant tissée de cette même soie teintée comme l’azure. Sur celle posée en face de la table était assis un homme. Ses cheveux d’une couleur finement orangée et ses pupilles de couleur de flamme situaient son origine facilement vers l’ouest. Tourné dos aux grandes fenêtres minérales perçant le roc, on votait ses riches habits, formés d’un grand tabard en soie bordaux brodée d’or avec une insigne brodée de cette même couleur, sûrement celle de sa famille, et d’une longue tunique bleu clair, elle aussi tissée de soie. L’homme leva la tête du livre qu’il lisait et dit au nouvel arrivant dans cette salle :

“Le Maître-Espion Spasoïen, je présume. Que me souhaitez-vous ?
– Je viens sous les ordres de notre bien-aimé Empereur Xadar le second. Il a entendu parler de vos mérites et souhaite que je vous contacte.
– Donc la Lame Noire fait appel à des étrangers désormais. Ha ! Quelle blague ! Il sait pourtant bien qu’on ne peux pas vous faire confiance !”

Agacé, le spasoïen se retint de lui parler des origines de son interlocuteur, tout autant étrangères. Il le laissa à son monologue.

“Oh ! Je vois. Il veut peut-être qu’on apprenne la Magie Noire ? Désolé mais je ne me salis pas les mains dans ce truc d’impurs. Je laisse aux bas-d’esprit les occupations de bas-d’esprit.
– N’osez plus jamais insulter la toute-puissance des Nals ! Quel droit avez-vous de toute façon de traîter les Non-Tokeriens comme des impurs, fils de Xionais ?
– Oh, ma pique a fait mouche. Et vous n’êtes même pas capable de prononcer Tjokherien correctement. Ah, amateur.
– Avant de vous moquer de moi, sachez parler ma langue.
– Ne voyez-vous donc pas que vous créez pour rien un conflit ? Preuve de votre infériorité.
– Fils des porcs.
– Je croyais être un fils de Xionais.”

Le Maître-Espion brûla de rage. Entre un raciste et un xénophile, les relations étaient toujours explosives. Mais il se calma, presque de façon magique pour l’homme de l’autre côté de la table, qui leva un sourcil d’étonnement. C’était l’un des premiers entraînements qu’il avait reçu, comme l’Espion a toujours été très colérique et violent. Canaliser sa rage, la faire exploser en combat. Sous un nouveau jour, il reprit la parole.

“Notre Empereur souhaite faire un marché avec vous. Vous faites en sorte que toutes les troupes Tokeriennes soient déplacés sur le front et nous vous supportons sous tous les plans.
– Oh, même s’il consistait à vous envahir ?
– Ça, jamais. Il savait que vous n’étiez qu’une bande de tordus.
– C’est qu’il revient à la chasse ! Je lui en parlerai. Toujours aussi énervés par la prise de la Qirajal ?
– Éternellement.
– Et si je vous disais… qu’on avait un qirajalais dans le viseur ? Il est en plus un déserteur pour les Tjokheriens.
– Et il est pro-indépendance ?
– Pas assez d’informations. C’est pas moi qui me mets les mains dans la magie…
– Des Nals. Très bien, dites-moi où il est, et il vous rejoint.
– Non. Après tout, il est du même genre que votre espèce, on peut bien s’en débrouiller tous seuls.
– Très bien, je n’ai plus rien à vous dire. Au revoir.”

À la limite de devenir totalement furieux, le Maître-Espion tourna les talons et alla en dehors de la salle. Alors qu’il allait fermer la porte, son interlocuteur se leva et lui dit :

“Pravxennil. Ou Ulta Camañera, graine de chien nostalgique.
– Merci, espèce de petite baie sèche.”



Très bien, je souhaite d’abord rappeler que cela en aucun cas doit être ajouter, même si cela serait intéressant ^^ Je souhaite simplement illustrer comment créer des motivations et comment celle que je t’avais partagé il y a quelques temps peut marcher en contexte réel.

Afin de créer des motivations intéressantes, la première étape est toujours de créer un problème. Dans ce cas là, j’ai défini qu’il y a une haine culturelle entre les Tjokheriens et les Spasoïens, et que la région du Qirajal qui appartenait au Spasoïa est devenue Tjokherienne (NdA : Les motivations créées à partir de problèmes déjà établis sont celles dont on est le plus fier).

Désormais on va pouvoir créer une motivation pour un personnage. La première question à se poser est si on veut créer un personnage à partir de cette motivation ou si on la rattache à un personnage déjà existant. La question est, si tu cherches la motivation du méchant par exemple, tu t’y prendras différemment si tu as déjà pensé à son histoire, par exemple.

Si tu as déjà créé un personnage, et que tu veux y rattacher une motivation, il faut que tu penses à comment cette motivation se rattache à lui. Si tu as un fermier devenu grand méchant, même s’il est Spasoïen, il se fichera de savoir si une partie du Spasoïa est rattachée à un autre. Il ne intéresse de base qu’à ce qu’il se passe à côté de lui, et donc cette raison ne peut pas être appliquée. Dans ce cas, retour à la case départ.

Si, par contre, tu créé un personnage de toutes pièces à partir d’une motivation, comme je l’ai fait ici, il faut se poser la question inverse : Quelles personnes vont réagir au problème ? Par exemple, j’ai choisi un Maître-Espion. Il fait partie intégrante des sphères de l’Empereur, et donc est au courant du fait que une province leur a été volé, et, de plus, agent de terrain, il voit les injustices que souffrent les Spasoïens au Royaume Tjokherien.

J’ai donc pu t’expliquer comment j’ai créé mon personnage d’après la motivation, et j’espère que tu en tireras des conseils pour faire tes motivations pour tes personnages. J’espère t’avoir aidé !

L’Incursion

Vous voilà, enfin ! Je commençais à me demander si vous n’étiez pas morts. Après tout, ç’aurait bien été possible…

– Nous vous avions bien dit de ne pas sous-estimer nos capacités. Si leurs défenses étaient plus que redoutables, ils doivent déjà avoir eu des problèmes avec des espions ennemis, nous étions de taille à les déjouer.

– Les documents ?

– Les voici, madame.

– Très bien. Bon travail. Maintenant, j’aimerais travailler…

– Nous allons vous laisser tranquille, alors.

– C’est pas ça que je voulais dire, idiot ! Laissez-moi finir. Je vous demande de me raconter comment vous avez fait, afin de voir quelles sont les défenses, et comment efficacement les contrer une prochaine fois.

– Je vous prie de m’excuser pour cet affront. Je vais donc vous expliquer ce qu’on a traversé. Nous nous sommes premièrement introduit dans le palais grâce à une fête qui a prit place peu de temps après notre arrivée sur les lieux. Il n’y avait aucune chance pour que nous réussissions à nous y introduire, tant la magie de protection anti-étrangers est puissante. Je crois avoir entendu que celle-ci était nommée la Forteresse de Cristal“, et que c’est une magie de très haut niveau. Passons les détails, cela créé une barrière invisible qu’on ne peut pas briser, sauf avec un très grand pouvoir peut-être, mais il y a des trous afin de laisser passer des personnes. Évidemment placés là où il y a la plus grande garde.

« Durant les festivités, on a pu s’infiltrer dans les parties le plus profondes du palais, là où il y avait les plus grandes sécurités. L’entrée était cachée dans un mur au fond du palais, et si mon ami n’avait pas déjoué l’illusion magique, on y serait probablement jamais allé. En bref, après un long escalier, nous sommes arrivés à la grande défense des documents. C’était une grande salle, vide en apparence, d’où partaient trois couloirs. J’allais m’y engager lorsque mon ami me barra la route, pointant le sol. Dur à remarquer, il y avait un énorme cercle magique sur le sol, s’étendant sur toute la salle. Je lui dit alors qu’on avait pas d’autres choix, ce à quoi il acquiesça d’un signe de la tête. On s’y engagea et alors soudain une sorte de brouillard se leva, alors qu’une voix retentit, disant :

« Fous, vous n’auriez jamais dû vous engager ici. Vous serez chassé pour l’éternité, pour avoir tenté de vous introduire ici. Vous auriez peut-être de la chance d’y réchapper si vous rebroussez chemin. Si vous y arrivez, cela est.

« Je resta silencieux, et après un moment pris pour m’assurer que la voix était partie, je fit signe à mon ami d’y aller. À peine avions-nous fait trente pieds que nous étions retournés à notre point de départ. Je réessaya d’avancer dans le brouillard, il se passa la même chose. Cette fois-ci, mon ami n’avait pas réessayé. Il avait comprit ce qu’il se passait. Il prit un certain temps à faire les cent pas, à réfléchir, tandis que je l’observais. Tout d’un coup, il me tapa sur l’épaule, et mima ce qu’il fallait faire pour passer dans cette salle. Je l’observais de façon stupide, mais je testa. Je n’avais alors par remarqué que le grand cercle magique était en vérité un sort de distorsion spatial. En fait, si on va tout droit, en vérité, on fait comme un cercle vers la gauche. Je ne sais pas si je suis très clair.

– Continue.

– Bien. En fait, ce que mon ami s’était dit, c’était qu’on pouvait essayer de jouer avec cette distorsion pour aller tout droit alors qu’on faisait des cercles. La solution était de tourner vers la droite, afin d’obtenir une trajectoire droite. On l’appliqua et on atteignit sans problème l’autre côté de la salle, et on atteignit les archives confidentielles. On choisissait quelque chose d’intéressant lorsqu’on se rendit compte de la véritable dangerosité du sort. Des personnes arrivaient. Sûrement, lorsque le sort était activé, on prévenait un haut membre de Rune Aspect afin qu’il puisse vérifier si aucun espion n’était venu. Je pris ce que j’avais dans les mains et ordonna mon ami d’activer le téléporteur afin de fuir. Comme il avait pour destination Khelira de la même planète, on ne nous suspectera pas immédiatement.

– Ton ami est muet ?

– En effet.

– Je vois. Vous avez fait un bon travail. Vous validez tous les points que je vous avait demandé. Je vais vous donner la récompense dans la journée.

– De toute façon, comment pouvions-nous ne pas nous appliquer avec une commande de telle importance ? Nous allons donc pas vous importuner plus longtemps.

– Quand vous ai-je demandé de partir ? Jamais, je crois. Je souhaite parler pendant que j’étudie ces documents de ma prochaine commande.

E-Excusez-moi pour mon imprudence.

– Hmm… Oh, je vois que vous avez le talent pour dénicher des perles rares ! Ce ne sont pas des documents anodins ! Bref. Hmm… Quoi !? Univers magique ? Qu’est-ce que c’est que cette bêtise ? Est-ce la vérité ? Hmm… I-Ils y sont entrés dans un ? Incroyable ! Non mais que sont ces personnes ! Je ne devrais pas dire ça tout fort, mais les informations qu’on a ici sont plus qu’incroyables. Zazkarian Achkirov ? S’il est encore vivant, il faudra que je le rencontre. Don, je voulais vous dire…

– Ici, le commandant Herbore, ceci n’est pas un exercice, je répète, ceci n’est pas un exercice.dit soudain une voix sortant comme de nulle part Chacun à son poste, un homme vient de s’emparer de documents confidentiels, je répète, chacun à son poste.

– Oh, je vois qu’on est attaqué. Bref, vous deux, avant qu’on y aille, je souhaiterais vous poser une question. Avez-vous déjà entendu parler de Nyv ?

Fondations

C’est une planète depuis longtemps abandonnée à la nature. La plaine, vaste, ne contenait que arbres, herbes et animaux sauvages. L’étoile était basse, et on voyait les étoiles briller dans le ciel turquoise, ainsi que les astres, tous proches de la planète, dans ce monde où la gravité à perdu de son sens. Autrefois il y avait là un village. Autrefois, une cité. Autrefois, désolation. La vie intelligente de cette planète avait disparue, tuée par ses propres frères,et la planète n’était ainsi plus torturée.
Mais, malgré cela, quelqu’un se tenait debout. Quelqu’un, seul, étranger à tout ce que cette planète a à offrir. Il venait d’un autre monde, laissant tout ce qu’il connaissait pour s’aventurer sur cette terre. Cette planète l’avait attiré, les beautés qu’elle a à offrir étant sans égal dans n’importe quel endroit qu’il avait visité. C’était là qu’il souhaitait créer son avenir, là qu’il souhaitait créer un avenir.
Un bruit. Un vaisseau était apparu dans le ciel depuis nulle part. Les petits animaux s’enfuyaient, ayant prit peur, mais ne réalisant pas que tous l’entendait. Une petite navette descendait, et atterrissait. Un homme en sortit, comme la navette repartit vers le vaisseau-mère. Il se plaça devant celui qui observait, puis parla.

“Nerkolda.
– Sakelmin.
– Pourquoi m’as-tu appelé ici ?
– J’ai pris ma décision.
– Déjà ? Alors tu abandonnes ton mari ? Que va-t-il faire ?
– Il va se marier à quelqu’un d’autre.
– Tu dis ça ainsi… ça ne te fais rien ?
– Nos cultures ont évolué de façon bien différente, ne prends pas ce que tu considère normal comme vrai universellement !”

L’homme détourna le regard. Souvent il le faisait dès que la nature opposée de leurs deux mondes était mise en valeur. Les deux personnages se ressemblaient. Malgré le fait qu’ils ne venaient pas du même monde, leurs espèces se ressemblaient, comme si un genre avait été destiné à prendre le contrôle des mondes. L’homme était dégoûté de la réticence de sa compagnonne à trouver la liberté, comme s’il était normal pour elle d’être asservie. Malgré cela, c’était elle qui avait le plus avancé les recherches dans l’utilisation de la magie pour voyager entre les dimensions, et elle était plus puissante en cette mesure que n’importe quel homme, qu’elle aurait le pouvoir d’envoyer dans le monde intersidéral. Cette femme aux caractéristiques inconnues de l’homme l’intriguait énormément depuis leur rencontre, alors que tous deux faisaient des voyages interdimensionnels.

“Tu sais, malgré cela, ton monde me fascine. Comment des femmes arrivent à vivre une vie prospère sans avoir besoin d’un homme pour les protéger. Mais aussi, surtout, c’est comment vous avez trouvé des façons de trouver des pouvoirs sans la magie. Des pouvoirs parfois supérieurs aux nôtres dans leur domaine. Vous êtes impressionnant, saches-le. J’ai justement décidé d’utiliser l’une de vos tant chéries découvertes, ou du moins la méthode avec laquelle vous avez pu en découvrir tant, afin de comprendre la nature de notre différence. J’ai cherché à apprendre en lisant les livres de chez toi, vos théories, ainsi qu’en expérimentant, comme vous le faites tant souvent, et j’ai trouvé la réponse à ma question. J’ai compris la nature de la magie, ce qu’elle est réellement.
– Qu’en est-il alors ?
– Imagine que tu es à l’entrée d’une caverne, et que tu allumes un feu. Le feu tout d’un coup s’éteint. Tu t’énerve et tu blâme la poussière ou la pluie de dehors. En vérité, le feu a traversé les dimensions pour arriver dans les mains d’un apprenti mage qui créé une petite flamme afin de s’entraîner.
– Tu veux donc dire que la magie est une simple distorsion interdimensionnelle ? Mais… à quoi te sert de savoir ça ?
– Je le suspectait depuis le début, mais maintenant que j’en ai la certitude, je peux finalement passer à l’acte.
– Qu’as-tu en tête ?
– T’ai-je raconté comment je suis née ?
– Jamais.
– Il est donc temps que je te le révèle. Je suis né au milieu d’une des guerres les plus meurtrières que mon monde avait jamais vu. J’avais la malchance d’habiter près du terrain de bataille. Un tir de flamme et tout fut fini… pour tout le monde. Un mage de l’armée ennemie avait raté son tir et c’était arrivé droit sur ma maison. Mais c’est à ce moment que mon pouvoir s’est révélé, je me suis téléporté dans une autre partie de mon monde. J’étais arrivé dans une famille riche qui m’adopta et m’éleva en compagnie des véritables enfants de la famille. Comme tu peux t’en douter, j’étais la cinquième roue du carrosse, et on ne souhaitait uniquement que je devienne adulte afin de me marier pour unir la famille avec quelque mineure organisation. Mais quand je devint adulte, la guerre recommença, et j’étais encore une fois prise dedans. Le nouveau pays dans lequel j’étais n’avait pas pris part dans la guerre dans laquelle j’étais née, mais seize ans après la fin de la guerre, les pays, dont le mien, étaient prêt à régler leurs différents dans le sang. J’étais encore aux premières loges. Mais je survécut, ainsi que seuls deux de mes beaux-frères. Tout était détruit, mais je devais me marier, alors je proposais que j’aille tout de même me marier afin qu’eux deux puissent avoir un toit et de la nourriture le temps de tout reconstruire. Je me mariais et commençait à étudier sérieusement ma magie. On avait dit que je n’avait aucune magie, comme la mienne était unique mais rare, mais je savais qu’elle m’avait sauvée ainsi que mes deux beaux-frères. En rétrospective, je dirais même que j’ai voyagé dans le temps dans un futur où l’attaque était terminée. C’est donc ainsi que je rencontra, comme la guerre finissait, d’autres personnes avec le même pouvoir que le mien. Ensemble, on forma un groupe, et après quelques années d’entraînement commun, je fis le premier voyage interdimensionnel, et atterris chez toi. Et encore là, je connus les horreurs de la guerre.
– Que veux-tu dire par là ?
– Ne sois pas stupide, je suis parfaitement sûr que va comprendre le lien.
– Non… tu ne vas pas essayer telle chose utopique ! De toute façon, c’est même théoriquement impossible !
– Détrompe-toi ! Comme je te l’ai expliqué, nous utilisateurs de magie créons des distorsions interdimensionnelles. Ainsi, il est théoriquement possible que si il existe quelqu’un d’une puissance extraordinaire, qui puisse faire fusionner deux mondes.
– Comment ça ! Fusionner des dimensions ! C’est de la folie !
– Saches qu’il y a, comme la magie, des endroits où la technologie ne peut rien faire de plus que la magie. Cela en fait partie.
– Et même si c’est possible, comment une telle personne peut théoriquement exister ! C’est tout bonnement impossible !
– Tu m’as déjà démontré plusieurs fois pourquoi c’est possible. Prenons un pourcentage extrêmement infime.
– Ce n’est pas de la statistique ! On parle de quelque chose de différent !
– Plus il y a d’environnements où une telle personne peut apparaître, plus il y a de chances que ça devienne réalité !
– Je te parle de choses physiquement possibles, et toi tu restes dans des rêves idéalistes !
– Nous n’avons pas vécu dans le même monde, et d’autres personnes dans d’autres dimensions peuvent en dire de même.
– Comment ça ?
– Ainsi, ce que tu peux prouver impossible ici est possible autre part.
– Tu le prouves comment ?
– Par cet univers. Regardes le ciel.”

Les planètes dans le ciel figuraient comme des témoins de l’étrangéité du monde. En un flash de lucidité, l’homme poussa un soupir de compréhension, mais pris ensuite un air plein de malice, comme s’il s’apprêtait à faire un mauvais coup.

“Je vois très bien. Mais quel est le diamètre de la planète ? Quelle est la masse ? Quel est la distance entre ici et l’étoile ? Quelle est la durée d’une journée ? Quel est le temps pour faire une circonférence ?
– Environ 14000 km, 6,2×1024 kg, 1,5×107 km, 37 heures, 317 jours.
– Co… Comment ça ? Elle… elle est plus grosse que ma planète, et plus proche… et plus massive… Normalement, ces planètes devraient s’écraser sur celle-ci !
– Mais ce n’est pas le cas. Tu veux savoir pourquoi ? La gravité est moins puissante.
– Je vois que tu as fait beaucoup d’études chez nous. Bien. Comment tu vas t’y prendre pour arriver à ton but ?
– Je vais créer une organisation multidimensionnelle basée ici, avec laquelle je vais mettre en place mon premier objectif. Je souhaite en premier lieu explorer des mondes afin de créer un contact permanent pour pouvoir surveiller l’apparition de cet homme. Si on tombe sur un monde de technologie, il faut lui donner la magie.
– N’est-ce pas égoïste de les empêcher dans la voie de la technologie ?
– Qui sait, peut-être que la maîtrise de la magie ne devra pas forcément être visible.
– T’as raison. Mais comment vas-tu faire ?
– Oh, c’est toujours la première chose à laquelle tu penses, comment ! On verra en temps voulu, on n’est pas pressé de toute façon, comme on a personne ici. Bref, ensuite, lorsqu’on aura trouvé cet élu, disons-le ainsi, on n’aura qu’à le recruter et enfin fusionner tous les univers. Un univers où on n’aura plus besoin du voyage interdimensionnel.
– Pourquoi ?
– Si on utilise le voyage interdimensionnel, c’est que nôtre univers n’est pas intéressant, n’est pas assez bien pour qu’il mérite toute notre attention. Ainsi, je veux éviter ça.
– … Tu n’aimes pas ton pouvoir ?
– … Qui sait ?
– Finalement, ton organisation s’appellera comment ?
– Rune Aspect.